lundi 18 novembre 2019 01:23:15

Protection des forêts : Coordonner la riposte contre les incendies

2.921 éléments chargés de la première intervention

PUBLIE LE : 19-05-2016 | 0:00
D.R

À l’instar des autres pays de la Méditerranée, l’Algérie a un territoire très vulnérable aux feux de forêts. Ces derniers ont sensiblement augmenté pendant les dernières décennies, pour des raisons socioéconomiques et des changements climatiques qui sont à l’origine de la plupart des grands incendies (superficies supérieures à 100 hectares) qui représentent 3,2% des calamités en Algérie. Le pays doit affronter une intensité croissante du risque face auquel le dispositif de lutte doit être adéquat.
De ce fait, et comme à l’accoutumée et à l’approche de chaque été, la Commission nationale de protection des forêts (CNPF) prépare un plan pour limiter les incendies. Ce plan, selon le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Kamel Chadi, consiste à donner plus d’importance au rôle des populations riveraines aux forêts dans la lutte et la prévention contre les feux de forêts, tout en précisant que plus de 2.000 comités de riverains sont associés dans la lutte et la prévention en prévision de la campagne 2016 qui durera du 1er juin au 31 octobre.
Intervenant lors de cette réunion qui s’est tenue, hier, au siège du ministère, M. Chadi a souligné que, pour assurer un été sans «désastres», il faut que tous les efforts soient consentis que ce soit de la part des institutions ou de la population qui a aussi un rôle primordial à assumer.
Ainsi, l'aménagement et l'entretien de tranchées, l'entretien par la société Sonelgaz de sous-lignes de haute tension, l'entretien par la SNTF des voies ferrées traversant les massifs forestiers, l'ouverture de nouvelles pistes forestières… restent des points culminants de la prévention.

2.921 éléments chargés de la première intervention

À ce propos, M. Chadi a expliqué que la baisse des feux de forêts constatée en 2015 avait été le résultat de la coordination entre les efforts des différents intervenants et des riverains. «La moyenne de la superficie par incendie était passée de 19 hectares par foyer d'incendie en 2012 à 5,5 ha en 2015, tandis que la superficie parcourue par le feu a atteint 13.010 hectares en 2015 contre 39.069 ha en 2014» a affirmé le responsable.
Il a, entre autres, annoncé que pour améliorer le système de gestion des feux de forêts, l’Algérie va bénéficier de projets de coopération technique avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Union européenne. Le patrimoine forestier national est estimé à plus de quatre millions d’hectares, tandis qu'un projet est en cours pour y intégrer un million d’hectares de broussaille.
Le responsable a toutefois rappelé que 2012 était l’année d’une véritable catastrophe écologique qui a été provoquée par les 401 incendies qui ont ravagé près de 100.000 ha, les campagnes et les forêts de 37 wilayas qui s’avère aussi être une hécatombe pour la faune et le bouleversement de tout un écosystème. «La vigilance doit rester de mise puisque les changements climatiques viennent accentuer ce risque, ce qui nécessite l’amélioration des moyens de lutte et d’intervention rapide», a-t-il indiqué. Pour 2016, la Direction générale des forêts (DGF) compte mobiliser, à travers les 40 wilayas concernées, un dispositif d’intervention composé, notamment, de 411 postes de vigie chargés de la surveillance et d’alerte, avec un effectif de 1.025 éléments. S'y ajoutent 485 brigades mobiles avec un effectif de 2.921 éléments chargés de la première intervention, avec 301 camions-citernes pour les feux de forêt légers. Outre les moyens de la DGF, plusieurs autres secteurs sont impliqués dont celui des Travaux publics, avec 489 chantiers et un effectif de 5.532 ouvriers, ainsi que 818 chantiers relevant d'autres secteurs exerçant au niveau des massifs forestiers ou à proximité. La DGF a aussi recensé 2.455 points d’eau situés en forêt ou à proximité, qui serviront à approvisionner les camions-citernes des forestiers. Ces moyens seront appuyés par ceux de la Protection civile qui va mobiliser 15 colonnes mobiles ainsi que des hélicoptères pour détecter les feux de forêt.

Les citoyens appelés à être vigilants
 
Mais ce genre de tristes phénomènes n’est pas uniquement environnemental, puisqu’il revient aussi très cher aux agriculteurs et fermiers installés dans les régions incendiées. Ainsi, ces feux détruisent aussi les champs de céréales, des arbres fruitiers, anéantissant du même coup des tonnes de récoltes. C’est un constat qui a été relevé durant les années précédentes auquel il faut mettre tous les moyens pour éviter qu’il se reproduise. Des centaines d’hectares de blé et d’orge sur pied, de blé moissonné et des milliers d’hectares de fourrage qui ont été brûlés. Les apiculteurs, eux aussi, souffriront de ces ravages, des milliers de ruches localisées dans les massifs forestiers ont aussi disparu. La férocité des incendies qui ont ravagé le pays est fortement favorisée par les conditions climatiques et les températures élevées enregistrées, selon les explications des autorités, Protection civile et Direction des forêts.
Si tous ces incendies ont effectivement pour cause les grandes chaleurs, la canicule annoncée habituellement par les services météorologiques et qui devrait grandement contribuer à alourdir ce désastre, reste aussi l’implication des citoyens qui contribuent aussi au déclenchement de ces feux par des gestes «immatures». Ainsi, l'ensemble des représentants des institutions intervenant dans la lutte et la prévention des feux de forêt s’accorde à dire que l'implication des populations riveraines joue un rôle principal pour rendre le dispositif de prévention efficient. «Les riverains doivent comprendre tout l'intérêt de préserver les massifs boisés qu'ils côtoient et dont ils tirent souvent leur subsistance. De ce fait, et vu la persistance des conditions météorologiques dans notre pays, un appel est lancé à la population pour plus de vigilance et d’apporter une contribution sur le plan de la prévention et de l’intervention.» La vigilance citoyenne et le bénévolat pourront-ils, à eux seuls, préserver et sauver notre patrimoine forestier, car même si, afin de venir à bout de ces incendies, des «moyens considérables ont été engagés», reste qu’ils ne semblent pas être suffisants afin de mettre un terme à ces menaces.
Kafia Aït Allouache

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