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Production d’un antihypertenseur : Un revenu de 10 millions d’euros

Les laboratoires Biopharm et l’entreprise pharmaceutique allemande Boehringer Ingelheim ont procédé, hier, au niveau de l’usine de Biopharm, au lancement de la fabrication d’un important médicament destiné à lutter contre l’hypertension artérielle, il s’agit du «Micardis» qui n’est nullement un générique, mais produit à base de la molécule mère.

PUBLIE LE : 17-05-2016 | 0:00
D.R

Les laboratoires Biopharm et l’entreprise pharmaceutique allemande Boehringer Ingelheim ont procédé, hier, au niveau de l’usine de Biopharm, au lancement de la fabrication d’un important médicament destiné à lutter contre l’hypertension artérielle, il s’agit du «Micardis» qui n’est nullement un générique, mais produit à base de la molécule mère. De ce fait, Boehringer Ingelheim (BI) inaugure une nouvelle étape de sa présence sur le marché algérien, en décidant de transférer son savoir-faire au producteur algérien en lui accordant la licence de fabrication de son médicament antihypertenseur. BI collaborera avec Biopharm afin de transférer le savoir-faire et la technologie de la fabrication de Micardis grâce à des programmes de formation et des cours spécifiques à coup de plusieurs milliers d’euros. Ce nouveau partenariat qui permettra de produire des centaines de milliers de boîtes de ce médicament économisera annuellement à l’Algérie 10 millions d’euros, ce qui allégera, à l’occasion, la facture d’importation des médicaments. «En sus de ce partenariat, BI met tout en œuvre afin de transférer d’autres produits commercialisés de l’importation vers la production locale», a affirmé Karim El-Alaoui Mustapha, le directeur général de Boehringer Ingelheim de la région Turquie, Moyen-Orient, Afrique. «La production du traitement Micardis en Algérie respectera toutes les étapes de fabrication à la lettre, aura zéro risque pour la santé des citoyens et sera produit aux standards du laboratoire», a-t-il expliqué. Et d’ajouter que l’Algérie est un marché stratégique pour le laboratoire pharmaceutique allemand et que la priorité est de répondre aux besoins du marché algérien. À cet effet, «le géant mondial a choisi d’implanter son siège, pour le nord et l’ouest de l’Afrique, en Algérie». «L’Algérie a été sélectionné pour être le pôle régional pour toute la région nord-ouest Afrique francophone. Notre stratégie va dans le sens de la production locale de nos médicaments destinés à lutter contre les maladies chroniques. L’antihypertenseur en coopération avec Biopharm n’est que le début dans la volonté de fabriquer d’autres produits. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de Boehringer Ingelheim en Algérie», a déclaré Karim El-Alaoui. Aujourd’hui, le laboratoire germanique opère dans deux domaines thérapeutiques fonctionnels en Algérie, à savoir les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires, tout en prévoyant de lancer prochainement des produits pour Atrial filtration dans le cadre de la prévention des accidents auriculaires, cérébraux et le diabète. De son côté, le représentant du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le directeur général de la pharmacie et des équipements de santé au ministère, Hafed Hamou, soulignera que «l’industrie pharmaceutique en Algérie est jeune, mais évolue vite et dans le bon sens». Selon lui, la production locale couvre actuellement 45% du marché national alors que «la politique sanitaire prévoit d’atteindre la couverture de 70% du marché local en production nationale». Abdelouahed Kerrar, directeur général de Biopharm, lors de son intervention, a regretté de voir aujourd’hui certains médias et des citoyens qui ne font pas confiance au produit local et qui n’arrêtent pas de le sous-estimer. «L’Algérie a tourné la page, elle est devenue un pays producteur et la grande partie des pays voisins apprécient fortement les produits algériens qui font du bien à l’économie nationale à travers l’allégement de la facture d’importation des médicaments», a martelé le patron de Biopharm. Visiblement déçu des critiques à répétition sur les médicaments produits localement, Abdelouahed Kerrar précisera que «la production nationale n’a rien à envier à la production mondiale et, aujourd’hui, on a besoin de faire des économies et répondre aux besoins de la santé publique avant de songer à l’exportation». «En Algérie, notre volume d’affaires est en pleine croissance, 34% en 2015 contre 14% en 2014, et nous prévoyons de maintenir une tendance d’évolution», a déclaré M. Sofiane Achi, le directeur de la région Afrique du Nord et Afrique de l’Ouest, basée à Alger. «La disponibilité de ce médicament, localement fabriqué, nous ouvre de nouveaux horizons pour les autres produits de notre gamme contre les maladies chroniques», a-t-il rajouté. «Nous sommes satisfaits d’entrer en partenariat avec Boehringer Ingelheim pour la production locale de médicaments antihypertenseurs en Algérie.
Cette marque est largement utilisée en Algérie, et à travers cette coopération, nous allons la fabriquer dans notre usine et ne plus l’importer, ce qui est en accord avec l’objectif national d’encouragement de la production locale de médicaments», a déclaré M. Abdelouahed Kerrar. Le succès de cette coopération entre Boehringer Ingelheim et Biopharm est  également le fruit concret des encouragements qui sont mis en place de longue date par les autorités sanitaires algériennes en vue du développement de la production nationale de médicaments et de la réduction de la facture des importations. Il ouvre la voie à la fabrication d’autres produits destinés à lutter contre les pathologies lourdes, pour les besoins du marché algérien, comme pour ceux d’autres pays africains.  
Mohamed Mendaci

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