jeudi 23 janvier 2020 16:53:14

51 ans après le premier essai nucléaire français : Des victimes algériennes racontent leurs souffrances

Cinquante et un an après, les explosions et les essais nucléaires français continuent à faire des victimes dans le grand Sud algérien

PUBLIE LE : 17-02-2011 | 11:28
D.R

Cinquante et un an après, les explosions  et les essais nucléaires français continuent à faire des victimes dans le grand Sud algérien, parmi elles les populations juvéniles, qui souffrent de  deux problèmes : l'indifférence totale de l'ancienne puissance coloniale et  les conséquences de la radioactivité.          
Habitant une maison en toub, dans le Ksar "Taarabt", le ksar qui a le  plus souffert des répercussions de la radioactivité induite par ces explosions  et ces essais nucléaires (distant de 2 km de Reggane qui est située à 60 km  de Hamoudia, lieu du premier essai le 13 février 1960), la famille Abella constitue  un exemple vivant des effets néfastes de cette hécatombe appelée "Gerboise bleue". Les trois filles sourdes-muettes qui, visiblement, ne savent pas ce  qui leur arrive, ont manifesté de la joie à la visite de l'équipe de l'APS,  croyant que l'apparition de personnes étrangères changerait leur vie. Chez Zohra, 9 ans, la plus jeune, les conséquences sont non seulement  visibles mais choquantes. Un énorme angiome lui mange le visage. Il représente  des stigmates visibles d'une chirurgie réparatrice sur la mâchoire droite. Se bousculant pour la prise de photos, les deux plus jeunes ont exprimé,  par des gestes timides, leur souhait de fréquenter une école comme toutes les  filles de leur âge, devant le regard résignée de la plus grande qui sait que  ce que demande ces deux jeunes sœurs handicapées relèvent du domaine de l'impossible  à Reggane. "Le ksar Taarabt constitue un véritable laboratoire à ciel ouvert pour  connaître, avec exactitude, les répercussions des explosions et des essais nucléaires  sur les êtres humains", affirme Hamou Khelladi, lui-même père de deux filles  nées avec des malformations.          
Il garde jalousement le dosimètre de son père, mort d'un cancer en 1968  et qui a travaillé dans le centre militaire de Hamoudia.          
Ce dosimètre, qui sert à mesurer la radioactivité reçu par ce "cobaye"  humain, recruté comme man£uvre dans le centre militaire de Hamoudia, en 1959,  et qui ignorait son statut réel de "cobaye", est pour Hamou "la preuve concrète  de l'ignominie coloniale".          
Impuissant devant ce qui lui arrive, Hamou rejoint, dans son cri de  détresse, l'appel lancé par Bruno Barrillot, délégué auprès du gouvernement  autonome de Polynésie, chargé du suivi du dossier des victimes polynésiennes  des explosions et des essais nucléaires français, pour le nettoyage de la radioactivité  qui continue à sévir dans la région de Reggane.
Nous y reviendrons.

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