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Femmes rurales, héroïnes anonymes

À l’instar de leurs frères les moudjahidine, les femmes - c’est connu - ont joué un grand rôle durant la glorieuse Révolution de Novembre.

PUBLIE LE : 23-03-2016 | 23:00
D.R

À l’instar de leurs frères les moudjahidine, les femmes - c’est connu - ont joué un grand rôle durant la glorieuse Révolution de Novembre. Cependant, si les médias se sont longtemps focalisés sur la participation des nombreuses moudjahidate à la guerre de Libération comme fidayate, infirmières, agents de liaison, convoyeuses d’armes et de documents…, ils ont, en revanche, occulté, par mégarde, ces héroïnes anonymes, en l’occurrence les femmes rurales, ainsi que le rôle précieux qu’elles ont joué tout au long de la guerre de Libération, pour apporter aide et soutien aux moudjahidine et fidayine en difficulté.
Pour mettre en relief cet aspect occulté de l’histoire de la Révolution de Novembre, le Musée national du moudjahid a invité, lundi dernier, nombre de moudjahidine et de moudjahidate pour venir témoigner de la précieuse contribution de ces innombrables femmes à la guerre de Libération nationale, pour porter secours à leurs frères les moudjahidine et les fidayine, afin de leur permettre d’échapper aux griffes de la soldatesque coloniale, également. Pleinement engagées dans l’œuvre de Libération nationale, nos grands-mères, nos mères, nos sœurs se sont dépensées sans compter, souvent au prix de lourds sacrifices, en mettant en œuvre toutes sortes de ruses, combines et autres moyens pour sauver la vie des moudjahidine, des fidayine et des militants nationalistes recherchés par les forces coloniales.
Prenant la parole à cette occasion, la moudjahida Khadidja Belguembour, dite «Farida», est revenue sur l’engagement total des femmes rurales au service de la Révolution sacrée, au niveau de la Wilaya II historique, précisément dans une zone montagneuse d’El-Ancer (Jijel), les années 1957-1958, en rappelant les diverses tâches qu’elles accomplissent, souvent dans des conditions difficiles, pour assurer la restauration et l’hébergement des moudjahidine de passage. Sans parler de la mission permanente de guet des mouvements de l’ennemi colonial dans la région. La moudjahida a tenu à souligner les efforts consentis par les femmes rurales, leurs sacrifices pour transporter, moudre et entreposer le blé destiné à la fabrication du pain pour les maquisards. Idem pour la production de  l’huile d’olive et son stockage dans les jarres, a-t-elle ajouté avant de rappeler également les difficultés rencontrées parfois par les femmes dans la préparation du pain et des repas, qui sont ensuite transportés aux casemates pour être distribués aux moudjahidine.
En 1958, cette zone libérée de la Wilaya II historique est découverte, entraînant de lourdes représailles de l’ennemi, en mettant le feu à 58 maisons sans parler de la répression sauvage qui s’est abattue sur les habitants de la région. Quant à la moudjahida Safia Belmahdi, d’El-Madania, elle a évoqué l’organisation des femmes moudjahidate de son quartier et leur engagement au service de la Révolution de Novembre.
Dans ce contexte, elle a rappelé la précieuse contribution des femmes du quartier pour mettre à l’abri deux moudjahidine de passage, durant 7 jours, au niveau de la mosquée El-Atik, ex-siège de l’association Esseddikia, sur ordre du chef du groupe «Fida», Brahim Ferdi. La moudjahida a cité aussi les noms des chouhada Madani avec lesquels elle a travaillé, avant  de dire que les responsables locaux de la Révolution utilisaient souvent sa maison familiale et celles de ses proches comme refuges pour les moudjahidine. Elle a conclu ses propos en rendant hommage au grand écrivain, le chahid Mouloud Feraoun, en rappelant sa contribution à cacher, mettre à l’abri les moudjahidine à l’école Fatma-Ghazal (ex-Nador) qu’il dirigeait.  
Quant à la moudjahida Safia Kouaci, elle est revenue sur son parcours militant durant la Révolution de Novembre, en rappelant qu’en sa qualité de secrétaire de M’hamed Yazid, ministre de l’Information du GPRA, elle a participé à la frappe des documents de la délégation algérienne, présente aux Accords d’Évian en 1962, notamment. Militante de l’UGEMA, elle a rappelé les difficultés rencontrées en France pour promouvoir les droits des algériens à la liberté et l’indépendance, avant d’évoquer son voyage à Tunis, en 1958, pour rejoindre les rangs de la Révolution en compagnie des membres de la prestigieuse équipe de football et ceux de la troupe artistique du FLN.
Le moudjahid Hmida Azzouz, Nahia 2, Zone 2, Wilaya I historique, est intervenu pour souligner la précieuse contribution de la femme rurale en matière de guet et de surveillance des mouvements de l’ennemi, notamment avant et après l’organisation d’une action armée contre une caserne de l’ennemi près d’El-Kantara. Quant au moudjahid Akli Ahmed, qui a participé à la Révolution dans la zone d’Azazga, Yakouren et Akfadou, dans la Wilaya III historique, il a affirmé que les femmes rurales ont tout fait durant la lutte de Libération nationale, en précisant qu’elle s’est dépensée sans compter pour aider leurs frères moudjahidine en leur préparant à manger, soigner leurs blessures, laver leur linge, faire le guet et assurer leur garde dans les maisons et les casemates. Bref, elles ont joué un grand rôle durant la Révolution de Novembre.
Mourad A.
 

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