Journée mondiale de la météorologie : À l’écoute de la planète

L'Algérie célébrera, aujourd’hui, à l'instar des autres pays du monde, la Journée mondiale de la météorologie en misant sur le développement de ses moyens de recherche et d'observation pour augmenter ses capacités à même de faire face aux défis liés aux changements climatiques.
PUBLIE LE : 23-03-2016 | 0:00

L'Algérie célébrera, aujourd’hui, à l'instar des autres pays du monde, la Journée mondiale de la météorologie en misant sur le développement de ses moyens de recherche et d'observation pour augmenter ses capacités à même de faire face aux défis liés aux changements climatiques.

Pour la mise en œuvre et le renforcement des moyens d'observation du climat, il s'avère nécessaire de prendre des mesures à différents niveaux (local, régional et national) et ce, pour faire face aux risques liés à la variabilité et à l'évolution du climat, selon l'Office national de la météorologie (ONM).
Il s'agit, en particulier, de prendre en compte l'impact grandissant qu'exerce le climat sur la société d’une part et d’autre part son influence considérable sur la gestion des ressources naturelles  ; la mise en place des plans de prévention, en considérant  le contexte actuel du réchauffement climatique, relève la même source.
Ainsi, l'ONM s'est engagé à développer et renforcer ses moyens et capacités en la matière par l'acquisition notamment d'appareils et d'outils modernes. A cet effet, l'Office compte acquérir une dizaine de stations d'aide à la navigation aérienne au cours des années 2016 et 2017, pourrenforcer les moyens existants, explique son directeur général, Brahim Ihadadene.
L'ONM, qui dispose de plus de 200 postes climatologiques, nécessaires pour mesurer les paramètres du climat, mise également sur le réseau d'observation. A cet effet, une quarantaine de stations automatiques ont été installées en 2014 et 40 autres sont en cours d'acquisition.  
L'Office investit également dans le réseau d'observation et le réseau climatologique sera, à terme, renforcé par 400 stations ; outre l'augmentation de la capacité du supercalculateur acquis en 2014, ajoute le même responsable, mettant en avant le projet de réalisation de deux sièges qui seront implantés à l'ouest et au sud-ouest du pays.

2015, l’année la plus chaude jamais enregistrée  

Le plan de développement de l'ONM porte, en outre, sur la réhabilitation des stations  : 25 stations qui ont déjà été réhabilitées en 2014 et 25 autres le seront en 2016.
Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), l'année 2015 restera dans les annales en raison "des records de température qui ont été pulvérisés, de l'intensité des vagues de chaleur, du caractère exceptionnel des pluies, des ravages causés par la sécheresse et du profil inhabituel de l'activité cyclonique tropicale", relevant que les records "continuent de tomber depuis le début de l'année 2016". Dans sa déclaration concernant l'état du climat mondial en 2015, l'OMM présente des renseignements détaillés sur les températures records enregistrées à la surface du globe (terres émergées et océans confondus), le réchauffement de l'océan et l'élévation du niveau de la mer, qui n'ont manifesté aucun signe de fléchissement, le recul de la banquise et les phénomènes météorologiques extrêmes survenus dans le monde. La déclaration a été publiée à l'occasion de la Journée météorologique mondiale, placée cette année sous le thème "Plus chaud, plus sec, plus humide...regardons l'avenir en face". "L'avenir est à nos portes", a déclaré le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas. Selon lui, "le rythme inquiétant des changements climatiques dus aux émissions de gaz à effet de serre que nous observons à l'heure actuelle, est sans précédent depuis le début des relevés". De son coté, David Carlson, directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, a indiqué que "les températures étonnamment élevées enregistrées jusqu'à présent en 2016, ont provoqué des remous au sein de la communauté des climatologues". "Le message envoyé par notre planète aux dirigeants est fort : il faut signer l'Accord de Paris sur les changements climatiques, l'appliquer et réduire sans plus tarder les émissions de gaz à effet de serre, avant de dépasser le point de non-retour", a-t-il insisté. Il a mise en garde, à ce propos, sur le fait que "de nos jours, la Terre est déjà plus chaude d'un degré Celsius par rapport au début du 20e siècle".  "Nous sommes à mi-chemin du seuil critique des 2 °C. Les plans nationaux déjà adoptés pour lutter contre les changements climatiques ne permettront peut-être pas d'éviter une hausse de 3°C, mais nous pouvons empêcher que se réalisent les scénarios les plus pessimistes en prenant, de toute urgence, des mesures radicales pour réduire les émissions de dioxyde de carbone", a-t-il averti.

Organisation météorologique mondiale
Comprendre les nouveaux risques

 

La journée internationale de la météorologie commémore l'entrée en vigueur, le 23 mars1950, de la convention qu’a instituée l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Une  organisation qui a contribué au progrès rapide des sciences médico-climatiques, des technologies connexes et de la coopération internationale.
Cette évolution s'est vite traduite par la mise en place de systèmes opérationnels d' envergure mondiale, pour la protection des personnes et des biens, l'atténuation des effets des catastrophes naturelles ainsi que par la mise en œuvre de toute une série d'activités socio-économiques menées au profit d'un développement durable défini comme le développement qui satisfait les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de satisfaire les leurs.  Aujourd'hui, plus que jamais, on s'aperçoit que l'économie mondiale est de plus en plus sensible au temps et au climat.
Toutes les activités humaines sont soumises à l'influence du temps, du climat et de l'eau, et un nombre croissant de ces activités humaines dispose d'une marge de manœuvre de plus en plus réduite pour faire face aux risques.  
La concentration accrue de gaz à effet de serre dans l'atmosphère vient aujourd'hui poser de nouveaux problèmes, en plus de ceux traditionnellement connus : le changement climatique, l'appauvrissement de la couche d'ozone stratosphérique, la raréfaction des ressources en eau douce et la pollution croissante de l'atmosphère et des eaux. Parallèlement, l'aggravation des conséquences des phénomènes météorologiques et climatiques externes —notamment des cyclones tropicaux, des inondations, des sécheresses et des vagues de froid ou de chaleur— dans plusieurs parties du monde fait peser une menace considérable sur le développement durable.
Kamel Bouslama

Climatologie de l’Algérie : Importante variabilité

 L’Algérie est un pays aride à semi-aride et présente une très grande vulnérabilité climatique, avec l’augmentation des températures et la diminution des pluies dans notre région, ce qui peut entraîner des problèmes majeurs de ressources en eau, de sécheresse, de désertification et perte de la biodiversité.
Le climat de l'Algérie est essentiellement méditerranéen, c'est-à dire caractérisé par des étés chauds et secs et des hivers pluvieux. Mais sous ce qualificatif général, on est appelé à distinguer une grande diversité de climats régionaux, déterminés par la situation géographique et par l'orographie de l'Algérie. L’Algérie est bordée au Nord par la mer Méditerranée, relativement fraiche en été et relativement chaude en hiver, au Sud par le Sahara où la température est  en moyenne élevée, mais très variable dans le temps. Il en résulte pour les différentes parties de l’Algérie, soumise à ces deux influences, des écarts de température considérables, et essentiellement variables d’une saison à  une autre. Les importantes chaines de l’Atlas tellien et de l’Atlas saharien, qui traversent le pays d’Ouest en Est, contribuent, pour leur part, à différencier les climats en diminuant la température de l’air et en augmentant les précipitations, aux dépens des régions situées plus au Sud. Cette diversité de climats régionaux et locaux entraine la bigarrure de la carte agricole de l’Algérie.
Entre le jour et la nuit
Tout le littoral bénéficie d’un climat doux et régulier, résultat de l’influence modératrice de la mer. Les températures moyennes sont sensiblement les mêmes de l’Ouest à l’Est, et en un point donné, la température varie relativement peu entre le jour et la nuit. Elle ne descend que très rarement au-dessous de 0° et les gelées blanches y sont rares.
Aussi la culture des primeurs, constitue quant à elle, une des principales richesses de cette étroite bande côtière : les agrumes, moins sensibles au froid – ne serait-ce que grâce à la plus grande hauteur des arbres au-dessus du sol- s’accommodent du climat déjà plus rigoureux des plaines intérieures voisines de la mer, comme celles du Sig et de l’Habra, du Cheliff et de la Mitidja. Certes, parfois le Sirocco, vent du Sud brûlant et sec, souffle avec force sur le littoral. Le contraste n’en est que plus fort avec le temps habituellement humide, dû à la brise marine et qui rend pénible, en été, le séjour au bord de la mer. Nombreux, d’ailleurs, sont ceux qui, selon une expression triviale mais parlante, aiment mieux « rôtir dans l’intérieur du pays que cuire sur le littoral ».

Loin de la mer, de fortes amplitudes de température
A mesure qu’on s’éloigne de la mer, son effet régulateur s’atténue et à la faveur d’une moindre nébulosité et d’une plus grande sécheresse de l’air, le contraste de température, entre le jour et la nuit, augmente comme entre les différentes saisons. La température moyenne chute en même temps qu’augmente l’altitude, et les gelées hivernales sont fréquentes dans les régions élevées de l’Atlas et sur les Hautes-plaines ; des températures de -12° allant jusqu’à -15° y ont été enregistrées.
A noter aussi comme particularité du climat algérien, une fréquence des chutes de pluie intenses, qui pouvent occasionner d’importants dégâts. Ceux-ci sont généralement d’autant plus graves que le pays est moins boisé, par conséquent le ruissellement est plus fort.     
K. B.
 


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