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Archives Nationales, disparus et essais nucléaires, Zitouni : « La position de la France a évolué »

Inauguration prochaine de musées de chouhada à Jijel, Blida et Médéa

PUBLIE LE : 15-02-2016 | 23:00
D.R

Récupération des Archives liées à la guerre de Libération, le dossier des disparus et des essais nucléaires perpétrés par les forces coloniales… « l’Algérie ne compte pas rester longtemps sur la défensive ». Cette déclaration a été faite, hier, par le ministre des Moudjahidine, lors de son passage sur les ondes de la Chaîne 1 de la radio nationale. Dès le début, Tayeb Zitouni souligne que l’Algérie « a besoin de toute son archive », relevant l’importance de « l’Histoire et de la mémoire nationale » pour l’avenir des relations algéro-françaises. A ce sujet, il annonce que « l’Algérie a été destinataire d’archives provenant de 12 pays étrangers », indiquant que « même nos moudjahidine disposent de documents d’une valeur inestimable ». Pour aller de l’avant, les deux pays, rappelle le ministre, ont installé, depuis avril 2015, une commission bilatérale afin de traiter les trois dossiers sus-cités. Revenant sur sa dernière visite en France, la première pour un ministre des Moudjahidine, M. Zitouni la qualifie de « saut qualitatif qui nous permet de traiter en toute franchise nombre de sujets importants.»
A l’issue de cette visite, « on a noté que la position officielle de la France a bien évolué », citant à titre d’exemple les changements terminologiques enregistrés. « La France ne parle plus d’évènements d’Algérie, mais de guerre d’Algérie », explique le ministre. Interrogé sur l’attitude d’anciens responsables de l’Etat qui tentent de semer la zizanie à travers leurs déclarations qui portent atteinte à la Révolution, M. Zitouni affirme que « ce qui nous importe le plus, c’est l’écriture de notre Histoire.» Pour ce faire, « la matière existante en Algérie nous permet facilement de relever ce défi.» Et d’enchaîner : « Notre Histoire est tellement plus grande, qu’on ne s’intéresse pas à ces cas isolés.»
 Par ailleurs, Tayeb Zitouni a indiqué qu'une cellule a été installée au niveau de son département pour constituer le dossier d'indemnisation des victimes des essais nucléaires  effectués par la France dans le grand Sud algérien entre 1960 et 1966. Composée de spécialistes, de médecins et d'avocats, cette cellule a pour mission de contacter les parties concernées pour "établir le dossier et le déposer auprès de la commission mixte algéro-française mise en place à cet effet".
 Pour le ministre, il s'agit de crimes "odieux" et "impardonnables" d'autant plus que leurs effets nocifs continuent de se faire sentir et d'affecter non seulement l'environnement mais aussi la santé de la population.          
 Le ministre n’a pas omis de rappeler que des dossiers "épineux et complexes" liés aux archives, aux indemnisations pour les essais nucléaires et les disparus ont été évoqués lors de sa première visite officielle en France, se félicitant du fait qu’un "pas audacieux" a été entrepris dans ce sens.        
"L'Algérie ne renoncera jamais à ces dossiers et la relation algéro-française  n'atteindra pas le niveau d'excellence souhaité tant que subsistent des dossiers liés à la guerre de Libération et à la mémoire nationale", a-t-il spécifié.

Inauguration prochaine de musées de chouhada à Jijel, Blida et Médéa

Sur sa lancée, le premier responsable des Moudjahidine affirme que l’Algérie a atteint une « étape importante » quant à la reconnaissance par la France des crimes perpétrés à travers notre territoire. « Notre pays joue un rôle pionnier dans différents domaines », poursuit le ministre. Dans un autre contexte, il met en exergue le rôle que jouera la commission installée au niveau de son département pour améliorer l’enseignement de l’Histoire à travers différents cycle d’enseignement. Et précise que le dossier des essais nucléaires, considérés comme un crime contre l’humanité, sera intégré dans les programmes scolaires.
Abondant en termes d’écriture de l’histoire et de préservation de la mémoire nationale, l’invité de la radio relève le rôle des musées des moudjahidine. En termes de chiffres, il annonce qu’outre les 42 existants, d’autres musées seront prochainement inaugurés à Jijel, Blida et Médéa. Des modifications importantes ont été apportées aux horaires d’ouverture pour permettre au plus grand nombre de les visiter.
En termes de chiffres, le département des moudjahidine a identifié 1.212 centres de tortures, plus de 1.312 cimetières de chouhada, distribué 150 publications, remis à la télévision nationale 32 documentaires et réuni pas moins de 13.000 heures d’enregistrement de témoignages irrécusables.
Par ailleurs, le ministre indique que la relève est assurée, nos jeunes, à l’image de leurs aînés, portent la guerre de Libération dans leur cœur. « La génération de Novembre 1954 ne peut laisser le flambeau qu’à ses enfants ». Abordant la récente révision de la Constitution, M. Zitouni dira que les efforts se poursuivront pour la constitutionnalisation du haut conseil de la mémoire.
Fouad Irnatene

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