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Christophe Cupelin, réalisateur : « C’est un devoir de mémoire de rappeler le dévouement de Thomas Sankara »

Il a projeté Capitaine Thomas Sankara, à la faveur de la 6e édition du festival international du cinéma d’Alger dédiée au film engagé.

PUBLIE LE : 16-01-2016 | 0:00
D.R

Il a projeté Capitaine Thomas Sankara, à la faveur de la 6e édition du festival international du cinéma d’Alger dédiée au film engagé. Le réalisateur belge Christophe Cupelin revient, dans un entretien accordé à El Moudjahid, sur les raisons de son choix, celui de porter à l’écran, le parcours à la fois féerique et tragique du jeune révolutionnaire Thomas Sankara, président du Burkina Faso entre 1983 et 1987.
Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir la personnalité de Thomas Sankara pour ce film documentaire ?
Tout d’abord, j’ai réalisé ce film par devoir de mémoire à la personne, pour lutter contre l’oubli de ce président si charismatique et si dévoué à l’épanouissement de son peuple. Une tentative de le ressusciter, d’exhumer ses réalisations, et tout ce qu’il a fait au peuple burkinabé et à la conscience africaine, ainsi que toutes les nations de l’hémisphère Sud.
On imagine que c’était un travail d’archive de longue haleine pour rassembler de la matière qui date de 1987 dans un pays pas trop développé dans le domaine de l’audiovisuel…
Oui, je peux dire que j’ai galéré sur ce point. Il faut dire tout d’abord que pour élaborer un film documentaire, notamment lorsqu’il s’agit de la biographie d’un président, il faut au moins des centaines d’heures de matière filmée. Hélas j’ai pu rassembler seulement 8 heures et de mauvaise qualité de surcroît. J’ai fourni des efforts pour embellir les images, tout en m’appuyant sur les enregistrements sonores. J’avoue que les nombreuses interventions médiatiques de Thomas Sankara, notamment à la radio burkinabaise, m’ont énormément aidé à tracer les grandes lignes de ce documentaire.
Vous avez porté à l’écran, le côté positif du président Thomas Sankara. Peut-on dire qu’il est votre idole ?
En effet, c’est mon idole, j’en suis fan. J’ai vécu au Burkina Faso pendant la révolution, et pour le jeune que j’étais, les images m’ont bouleversé, et ça m’a marqué à vie. J’avoue que le mode de vie de Sankara est similaire un peu au mien ; il aime la guitare et le foot, et est engagé politiquement. Je commençais alors à filmer des thématiques politiques. C’est aussi le côté décalé de Sankara qui me plaisait beaucoup, il traitait des thématiques sérieuses avec une note d’humour et un espoir insondable. Sans oublier son grand dévouement et son engagement pour améliorer la vie des Burkinabés.
Vous avez projeté le film au FESPACO 2015. Comment pouvez-vous définir l’ambiance et le sentiment des Burkinabés de revoir Thomas Sankara sur les écrans ?
C’était juste fabuleux. Je veux dire d’abord que j’ai proposé le film en 2013, mais il a été refusé pour être accepté en 2015 sans même apporter la moindre modification. Le film a été projeté dans une salle en présence de 1.000 personnes, l’émotion était à son comble, il y avait des sentiments indescriptibles à la fois de joie et de larmes. Il faut dire aussi que c’était un jour historique pour ma carrière de cinéaste de pouvoir mettre à l’écran Sankara qui n’a pas été montré sur les chaînes de télévision burkinabaises depuis sa mort.
Entretien réalisé par
Kader Bentounès
 

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