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Bejaia : Une ville à l’histoire et à la civilisation millénaires

En évoquant Bejaia, Ennacéria, B’gayeth, les Hamadites ou Bougie, qui s’inspire des cires de bougies extraites durant la période des romains qui occupèrent durant plusieurs années cette ville, on ressent expressément que cette ville est la plus lumineuse de par sa position géographique, qui s’ouvre sur une grande baie éclairée donnant sur la méditerranée.

PUBLIE LE : 24-12-2015 | 0:00
D.R

En évoquant Bejaia, Ennacéria, B’gayeth, les Hamadites ou Bougie, qui s’inspire des cires de bougies extraites durant la période des romains qui occupèrent durant plusieurs années cette ville, on ressent expressément que cette ville est la plus lumineuse de par sa position géographique, qui s’ouvre sur une grande baie éclairée donnant sur la méditerranée. Bejaia est une ville d’art avec une riche période d’histoire. Elle a vécu des périodes de succession et différentes occupations.

Des savants, des historiens, des chercheurs, des professeurs de différentes matières, un colonialisme culturel qui s’est instauré plusieurs années durant, tout cela a marqué l’histoire de Bejaia. Ainsi,  l’unique idée qui nous vient à l’esprit et pour lui donner une grande signification à toutes ces étapes, c’est de parler de son histoire millénaire et de sa culture diversifiée qui font d’elle une véritable citadelle ouverte sur la mer méditerranée et coincée dans une beauté incommensurable qui englobe la chaîne de montagnes qui se marie avec la mer bleue et le soleil luisant qui l’illumine  comme une bougie. La nature a fait d’elle la plus belle ville de la méditerranée, mais Bejaia renferme une page d’histoire riche  gravée depuis des centaines d’années, voir de l’époque d’Ennacer El Hamadite, qui a fait d’elle une capitale de gloire et de bravoure face à tous les mouvements d’occupation qu’elle a connus. Bejaia renferme des vestiges naturels et des sites culturels de grande valeur qui témoignent à ce jour de sa longue histoire et civilisation. Située au cœur de la méditerranée, Bejaia,  fut connue sous l’appellation de Bougie, en référence aux petites chandelles de cire produites dans cette ville, à partir de laquelle les chiffres latins ont  été « exportés » en Europe. Grâce à son histoire millénaire incommensurable et sa position géographique privilégiée où s’est érigé le grand comptoir phénicien durant le dixième siècle, Bejaia est citée comme étant un port habité par les andalous commerçants et comme comptoir phénicien qui joue le rôle de pôle de commerce au-delà de la méditerranée. L’histoire témoigne encore de ces périodes d’occupation de la ville. En 1067, le prince hammadite En Nacer y fonda une nouvelle ville et la baptisa En Naciria. Elle devient ensuite la capitale du royaume hammadite après les conflits des almoravides et des Zirides. La ville a retrouvé ces constructions propre à sa valeur, des maisons en pierre taillée, des escaliers marbrés longent les bâtisses sur plusieurs mètres, joignant la plaine vers la haute ville. Des placettes furent conçues pour le rassemblement des populations qui contemplaient le grand port en pleine activité commerciale, des bateaux qui pénètrent jusqu’au pied de la ville à travers la porte Sarazine, qui, aujourd’hui, garde encore son entrée dans les colonnes du patrimoine culturel de la ville. Une période de construction  riche en architecture et en urbanisme. La ville s’est nettement développée avec des remparts, de somptueux palais, de beaux jardins et surtout des maisons conçues avec une architecture inestimable, en plus d’une multitude de lieux de culte et de savoir qui se sont répandus à travers Bejaia. La ville  s’est métamorphosée dans un environnement qui vous retient le souffle. C’est d’ailleurs le sentiment d’El Idrissi qui cita Bejaia comme la ville la plus prospère de l’Afrique du nord au XIIe siècle, mais en 1152, Bejaia a connu l’avènement des Almohades qui la transformaient en une province. La ville du savoir  enregistra dès lors  un rôle imminent par les séjours  des personnalités scientifiques et littéraires prestigieuses touchant tous les domaines. Le poète sicilien Ibn Hamadis, le mathématicien italien Leonardo Fibonacci, le philosophe catalan Raymond Lulle, l’historien Ibn Khaldoun, le métaphysicien andalou Ibn Arabi  ainsi que des personnalités religieuses  fortement reconnue a l’exemple de Sidi Boumediene et  Athaalibi ont séjournés à Bougie. Par ailleurs, Mahdi Ibn Toumert y déploya son activité réformatrice où il rencontra à Mellala, petit village aux alentours de Bejaia,  Abdel Moumene. En 1510, Bejaia tomba dans les mains  des Espagnols qui détruisirent plus de sa moitié. En 1555,  Salah Rais reprit Bejaia de la main des  Espagnols mais ne parvient pas à lui conférer la gloire d’antan. En 1833, les français prennent Bejaia qui la dotèrent  de nombreux équipements  dont, des boulevards, des villas, immeubles et casernes en  témoignent à ce jour de cette longue histoire sous différentes occupations. Mais Bejaia demeure toujours, une ville qui recèle d’énormes sites culturels et historiques   comme la Casbah  construite en 1154 par les Almohades  qui en font  une citadelle gouvernementale. Avec ses murs épais et élevés, la Casbah compte une seule porte d’entrée  et dotée d’une mosquée où Ibn Khaldoun venait donner des cours de jurisprudence religieuse a ses élèves et les transformations opérés par les Français sont encore visibles de nos jours. Un lieu de savoir ou d’éminents professeurs enseignaient les mathématiques et les sciences.  De même, Bab El Bahr plus connue sous Porte Sarazine  édifié sous le règne des Hammadites  au 11e siècle donnant jadis accès sur la mer où elle connut le débarquement des troupes françaises commandées par le général Trézel. Plus loin,  le Fort Sidi Abdelkader  qui domine l’espace entre le port et le cap Bouak, servait de garnison pour les Espagnols en 1510.  Ce grand monument s’est transformé de nos jours en un  lieu de pèlerinage où chaque mercredi des visiteurs, particulièrement des femmes, s’y  rendent pour se recueillir sur la tombe  du saint Sidi Abdelkader. Toujours haute et dominante, la haute ville avec ses vielles bâtisses  quartiers privilégiés des colons  compte encore des monuments, en voie de disparition et qui demandent a être préservé et réhabilité a l’exemple de Bab El Bounoud, Bâb El Fouka actuel, qui est considéré comme l’entrée principale de  la cité « En Naciria » constituée  de deux portes que les Bejaouis empruntent aujourd’hui pour accéder à la place Philippe et la mosquée Sidi Souffi ainsi que plus loin vers le Fort Bordj Moussa. Certes, Bejaia demeure une véritable  ville pleine d’histoire, d’art et de culture. Nommée, la perle de l’Afrique du Nord, elle a connu plusieurs civilisations qui se sont succédé a travers le temps et les âges. Aujourd’hui, elle compte plusieurs sites naturels et des monuments historiques qui sont répertoriés et hautement reconnus. La capitale des Hammadites qui fut de tout temps un lieu de pèlerinage et une ville du savoir présente une richesse culturelle inestimable et où une grande partie  de ses vestiges sont classés  patrimoine culturel. Avec ses 99 saints, Bejaia cité comme la petite mecque demeure jalousement accrochée à son histoire et à sa noblesse  supervisée par Yemma Gouraya qui offrait à ses visiteurs sa baraka lors de leurs multiples pèlerinages guidés sur ce haut mont de 630 m. Bejaia demeure une ville riche par un trésor culturel incommensurable, un trésor de monuments et de lieux historiques qui font l’objet d’une vaste opération de réhabilitation. Redonner à chaque monument sa valeur et garder jalousement ce patrimoine pour les générations futures.
Mustapha Laouer
                                                                         

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