AKBOU, Colloque : « Pourquoi le 1er Novembre 1954 »

Une dimension scientifique sera donné à cette commémoration symbolique, a travers des communications académiques posant la question du 1er Novembre qui reste cet authentique sursaut populaire, salvateur qui engendra une date, une révolution libértrice, essaimée a travers le monde, en symbolisant un flamboyant modèle de résistance pour les peuples opprimés.
PUBLIE LE : 01-11-2015 | 0:00

Organisé par l’association  « Med-action d’Akbou », le colloque intitulé « Pourquoi le 1er Novembre 1954 » a drainé une grande assistance de tout âge et différentes couches sociales. Des  moudjahidine, étudiants, chercheurs et historiens ont suivi avec une grande attention les trois interventions programmées. Ont pris part également à ce colloque, les historiens Gilbert Meynier, professeur à l’université de Nancy, ancien maître de conférence de l’université de Constantine, Gilles Manceron, journaliste et auteur, Tahar Khelfoune, auteur et enseignant à l’université Lumières de Lyon et Salima Oulebsir, journaliste et directrice de maison d’édition. Le président de l’association, Hocine Smaïli, a souligné à l’ouverture de ce colloque «  à travers cette manifestation, nous voulons apporter notre humble contribution à l’écriture de l’histoire : une entreprise éminemment délicate lorsqu’il s’agit surtout de la guerre d’Algérie avec, au demeurant, une révolution en majuscule. Une dimension scientifique sera donnée à cette commémoration symbolique, à travers des communications académiques  posant la question du 1er Novembre qui reste cet authentique sursaut populaire, salvateur qui engendra une date, une révolution libératrice, essaimée à travers le monde, en symbolisant un flamboyant modèle de résistance  pour les peuples opprimés ». Pour l’historien  Gilbert Meynier, qui axa son intervention sur les différentes étapes qui ont amenés a déclencher le 1er Novembre il citera : « Le déclenchement de la guerre d’indépendance du 1er Novembre 1954, est donc dû à plusieurs séries de facteurs à savoir la colonisation de l’Algérie par la France depuis la conquête. Cette conquête violente qui coûta de 1830 à 1871 au pays pas loin du tiers de sa population, soit près d’un million d’humains. Le dépérissement culturel engendrée par la colonisation à savoir le biens des habous qui servaient à doter les établissements d’enseignement furent confisqués par la France coloniale. La discrimination et le racisme où une loi de 1881 édicta le code de l’indigénat qui légalisa le régime bien établit de l’arbitraire, des condamnations, de l’exil forcé et des assignations à résidence sans jugements. « L’allumage de la mèche » fixé au 1er Novembre 1954 sanctionna l’échec d’un réformisme colonial, parfois entrevu, mais jamais advenu. Il n’y a pas eu vraiment, contrairement à ce qu’on a pu dire, occasions manquées pour la raison qu’il n’y a eu jamais, au fond, d’occasions tentées. Le 1er Novembre consacra l’échec du politique. En 1954 on change de registre ». De son côté, Gilles Manceron abordant la question du « FLN où la construction  d’un anticolonialisme moderne », il soulignera : « La  guerre d’indépendance de l’Algérie ne doit pas être séparée de l’histoire de ce qui l’a précédée, en particulier des nombreux mouvements de résistance à la colonisation de l’Algérie qui ont eut lieu  avant son déclenchement. Le FLN s’est donné des objectifs politiques avec une particularité, dès son premier manifeste de Novembre 1954. Tout au long de la guerre d’indépendance, il s’est doté des textes de références et de règles qui relèvent des mouvements politiques modernes. Il a opéré de fait une séparation avec le religieux qui n’existaient pas dans les résistances des chérifs, telle est, me semble-t-il, l’une des clés du succès de la lutte d’indépendance et c’est probablement aussi l’une des conditions du succès possible, du développement de l’Algérie au 21e siècle ». Le conseiller juridique Tahar Khelfoune a abordé quand a lui « la domanialisation de la propriété foncière en Algérie : la spoliation couverte de l’habit de la légalité ». Enfin, le moudjahid Rachid Adjaoud a longuement relaté les différentes étapes de la guerre de Libération de novembre 1954 jusqu’à l’indépendance du pays en 1962. Ce colloque a été très intéressant dans la mesure où un grand débat a été instauré entre les conférenciers et l’assistance.
Mustapha Laouer
 


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