mardi 21 novembre 2017 18:35:10

L’USMBA boycotte la finale de la coupe d’Afrique du Nord édition 1956 à la suite de l’appel du FLN : L’esprit de sacrifice

Une talentueuse formation qui dominait le championnat de l’époque, par la richesse de son effectif, le talent et les performances de ses individualités recrutées parfois à partir des rangs de la légion étrangère.

PUBLIE LE : 01-11-2015 | 0:00
D.R

Autour d’un duo de choc, en l’occurrence Larbi Ben Barek et Nehari Miloud, deux professionnels évoluant dans l’hexagone venus renforcer un groupe composé de jeunes, à l’image des Dey, Benyounès, Guella, Daouadji, Argoub, Djalti, Hamada, les frères Bendimred, Kebir et autres, l’USMBA, sous la présidence du Dr Hassani, avait mis le paquet, cette saison-là, pour tenir tête et concurrencer l’autre équipe de Bel-Abbès, celle des colons et l’ennemi de toujours, le SCBA.

Une talentueuse formation qui dominait le championnat de l’époque, par la richesse de son effectif, le talent et les performances de ses individualités recrutées parfois à partir des rangs de la légion étrangère. Une véritable dualité était livrée entre ces deux clubs dont les couleurs revêtaient une forte symbolique et évoquaient une rivalité constamment entretenue.
D’un côté, l’USMBA en vert et rouge, et, de l’autre, le SCBA en bleu et blanc, la motivation était systématique pour s’en passer en fait des conseils et consignes de l’entraîneur-joueur cheikh Larbi Ben Barek... Et cette saison 1955-1956 fut exceptionnelle pour les coéquipiers de Dey promu pour la première fois au poste de titulaire dans les bois en surmontant tous les obstacles et se permettant même d’éliminer de la course la redoutable équipe de Casablanca.
Des exploits ayant donné de l’espoir et de la confiance à ces milliers «d’indigènes» qui s’identifient dans cette glorieuse équipe musulmane assurément compétitive par la foi et l’engagement de ses joueurs habitant dans les cités populaires et évoluant dans la precarité. Des joueurs qui ne franchissaient  guère les frontières  du vieux quartier El-Graba, ce foyer du nationalisme et de résistance pour s’attabler à la place du Tahtaha et rester à l’écoute le plus souvent de ces vieux militants de la cause nationale. Une proximité qui les encourageait à maintenir une cadence, à fournir des efforts supplémentaires et à surpasser toutes les épreuves en dépit de la faiblesse, voire l’inexistence des moyens. Une forme de résistance était exprimée sans doute pour accompagner l’œuvre et l’action de l’OCFLN fortement implantée dans la cité et impliquer ces milliers de supporters attachés aux couleurs de  cette équipe qu’on avait créée en 1933 sous l’appellation de l’union sportive musulmane belabesienne dans la vieille mosquée. Ses principaux fondateurs Sellem Ali, Mami Abdeslem et Bendimred Belkacem, les premiers nationalistes également et Messalistes surtout, avaient à l’esprit de mobiliser les foules et de constituer une équipe à même de rivaliser avec celle des colons.
Après un début quelque peu tatillon, cette formation s’est forgée et aguerrie pour connaître des ascensions fulgurantes et rejoindre le palier du SCBA. Un vœu était exaucé en attendant de relever le défi celui de battre cette coriace équipe et de lui tenir tète à chaque confrontation. Les anciens se rappellent encore de ces derbys belabbesiens généralement marqués par des interpellations et des arrestations, ou encore un dispositif sécuritaire impressionnant.
Ils se souviennent  toujours de ces abonnés des cellules du commissariat central, tels hadj Omar Lakhmes ou Khaled dit Petit Poucet… L’année 1956, soit 23 ans après sa création, a été le couronnement d’un long parcours plus que sportif où s’entremêlaient le jeu, la compétition, la rage de vaincre et la révolte, surtout pour atteindre le summum : une finale de la coupe d’Afrique du Nord entre curieusement deux rivaux.
L’engouement était tel qu’une tension se percevait dans la cité amenant les forces coloniales à se déployer, à quadriller les quartiers et à observer une vigilance. Les protégés de Ben barek se sont bien préparés pour cette opposition, avec ce désir ardent d’arracher le trophée jusqu’à l’appel du FLN demandant aux dirigeants et joueurs de boycotter cette empoignade. Il fut entendu et exécuté incitant quelques jeunes de la catégorie des juniors à rejoindre le maquis, à l’image du talentueux Mustapha Amarouche, de Sebbar, de Zouaoui et autres, tous tombés au champ d’honneur. L’USMBA s’est de son côté retiré définitivement de la compétition pour reprendre au lendemain de l’indépendance sous la houlette curieusement du coach  Feu Boumezrag et le renfort de Bekhloufi Kaddour, c'est-à-dire l’entraîneur et le joueur de la glorieuse équipe du FLN avant une succession d’autre éléments tels que Rouaï Amar, Zouba Abdelhamid, Soukhane Abderrahmene et Amara Saïd…
Une belle revanche sur l’histoire.
A. Bellaha

Les survivants
Sept éléments survivent encore de cette équipe : Harrach Mohamed dit Guella, Hamada Mohamed dit Petit Abbès, Daouadji Ahmed, Kebir Abdallah, Menezla Ahmed, Ghazzali Kaddour et Benali Boumediene survivent de cette fameuse équipe finaliste de la coupe d’Afrique du Nord. Ils seront honorés, lors d’une réception offerte en leur honneur, à l’occasion de la célébration du 61e anniversaire du déclenchement de la Révolution. Un geste d’une forte symbolique pour manifester une reconnaissance et méditer sur l’esprit de sacrifice d’une génération…
A. B.

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