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Mascara : Une source inépuisable

Le musée du Moudjahid dédié à la glorieuse guerre de Libération nationale a été créé le 27 novembre 2006, suite à un protocole d’accord entre le ministère des Moudjahidine et le ministère des Finances.

PUBLIE LE : 01-11-2015 | 0:00
D.R

Le musée du Moudjahid dédié à la glorieuse guerre de Libération nationale a été créé le 27 novembre 2006, suite à un protocole d’accord entre le ministère des Moudjahidine et le ministère des Finances.

Cette structure, mise en activité en 2007 et inaugurée officiellement au mois de mai 2011, comprend un rez-de-chaussée et deux niveaux supérieurs où sont conservés des documents sur la Révolution du 1er Novembre, des photos de chouhada et de moudjahidine de la wilaya, et autres écrits historiques de cette période témoignant des hauts faits et batailles qui ont eu lieu dans la région de Béni Chougrane. Le musée accueille des visiteurs des établissements scolaires, de l’université, des CFPA, des jeunes de différents âges des centres culturels et des maisons de jeunes, soit au total plus de 3.095 au cours de l’année précédente, nous apprend Melle Khadidja Bouramla, la responsable du musée du Moudjahid qui comprend des salles d’archives et de conservation des manuscrits ayant trait à l’histoire de la Révolution dans la région. La grande salle de lecture, dans la bibliothèque du musée, située au premier étage, compte plus de 3.273 ouvrages et plus de 1.500 titres, des ouvrages édités par le ministère des Moudjahidine et le Centre national de s études et  de dans le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954, ainsi que des publications du ministère de la Culture et de l’université de Mascara, celle d’Oran et d’autres universités algériennes, plus de 2.695 lecteurs ont rendu visite à la bibliothèque du musée. Le musée possède une grande salle de conférences. Une grande fresque orne l’entrée sur laquelle sont sculptés et inscrits et  en lettres d’or, les noms de chouhada de la région, où l’on a dénombré plus de 6.600 martyrs. Les activités du musée sont multiples et diverses, pour revivifier un patrimoine culturel et historique.
«Situé au centre-ville, à quelques mètres du siège de la wilaya, le musée est bien géré et entretenu par une équipe jeune et dynamique. Tous les documents du patrimoine historique sont bien conservés et font la joie des étudiants,  professeurs et chercheurs avides de connaître l’histoire de la Révolution et de mouvements d’insurrection de la résistance populaire face aux colonisateurs de 1830 à 1962. Disposant  d’un son équipement en matériel informatique et audiovisuel afin d’archiver et d’informatiser tous les documents et photos en notre possession», insiste le responsable de l’établissement. Et de poursuivre : «Le musée pourvu de bureaux, de tables, de chaises et d’armoires pour le classement des archives dans de bonnes conditions de préservation.» La structure a aussi un système de climatisation et d’ameublement de la pièce réservée aux invités d’honneur.
Véritable acquis pour la population locale et des régions limitrophes, le musée fait l’objet d’une attention particulière du fait qu’il renferme en son sein une collection de photos de chouhada locaux et des régions environnantes. Des documents, des correspondances échangées entre les moudjahidine, des coupures de journaux, autant d’archives d’une valeur inestimable classées et gardées jalousement mis à la disposition d’universitaires et de chercheurs désireux écrire l’histoire du pays en général et celle de Mascara en particulier qui fut  le théâtre  de hauts faits d’armes. Citons, entre autres, l’attaque et la guerre des fermes, en septembre 1956, menée par des combattants de l’ALN, à leur tête le moudjahid si Abdelmalek. Une journée symbolique chargée d’histoire au cours de laquelle des moudjahidine de la zone 5, sous le commandement, firent irruption dans les fermes coloniales du douar Eddrawiche, à quelques encablures de la ville de Tighennif. Les moudjahidine soutenus par les habitants de la localité procèdent au sabotage, au saccage et à l’incendie de 14 fermes appartenant à des propriétaires terriens parmi les riches colons de la région. Un acte héroïque pour ébranler l’armée coloniale. Un témoin, Bessous Athmen, coiffeur de son état aujourd’hui, a raconté qu’il avait seize ans au moment du fait et il sortait lui et ses copains du cinéma Douniazed de la ville après avoir vu un film western, le Cavalier noir, où ils s’aperçurent «de grandes flammes visibles à des kilomètres à la ronde tant le brasier était si important». «Tous les habitants de la ville sortaient de chez eux, ainsi que les colons et les résidents français pris de panique après avoir été informés de cet incendie. Ils nous ont traités de tous les noms et nous pourchassaient à coups de pierres et de gourdins en guise de représailles et de vengeance devant l’indifférence des agents de police», a-t-il ajouté.
La veuve du moudjahid Benaoum Benzerga nous indique en outre que cet événement à été longuement commenté par la presse française coloniale de l’époque, notamment la presse écrite, tant le retentissement de cette offensive, qui a vu le saccage  et la destruction par le feu de 26 fermes de colons, ainsi que des pertes humaines parmi les occupants de ces fermes sur ce site murement choisi pour semer la peur et la panique parmi les colonisateurs spoliateurs des terres de citoyens de la région, ainsi que la bataille de Djebel Menaouar, pour ne citer que  ces hauts faits de l’histoire de la wilaya de Mascara  ville. «Nous avons le devoir de transmettre l’histoire de la Révolution aux générations futures», explique Mohamed, un moudjahid que nous avons rencontré sur les lieux. Et de poursuivre : «Si la quarantaine de moudjahidine toujours en vie n’ont plus, vu leur âge, les capacités pour se remémorer des événements auxquels ils ont participé ou en tant que témoins, le musée avec ses archives reste une source inépuisable  pour connaître l’histoire et l’itinéraire de ceux qui ont fait la Révolution.» Notre interlocuteur interpelle toutes les parties concernées afin d’accorder un peu plus d’attention au musée. Il lance aussi un appel aux familles de chouhada et aux moudjahidine pour alimenter le musée en archives et tout autre objet datant de la guerre de Libération qu’ils détiennent. Il invite enfin les autorités locales à s’impliquer davantage, en tant que responsables, en collaboration avec la coordination des moudjahidine dans les célébrations des fêtes nationales en leur accordant le cachet qu’elles méritent. Le futur musée de l’émir Abdelkader, d’un programme global de 6.000 m², est projeté sur un terrain de plus d’un hectare, situé au cœur de la ville de Mascara, entouré de projets de haute importance culturelle et historique. Artisan incontestable de l’histoire, l’émir Abdelkader, né à Mascara en 1808, a mené, pendant 17 ans, une résistance héroïque contre la conquête coloniale française et mis en place les bases de l’unité algérienne moderne.
A. Ghomchi

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