Musée du moudjahid de Sidi Bel Abbès : Pages d’une résistance revisitées…

Les moins jeunes se souviennent toujours de l’ordre établi prévalant au niveau de cette région envahie totalement et quadrillée régulièrement par les forces de la légion étrangère…
PUBLIE LE : 01-11-2015 | 0:00

Quelques équipements de transmission de l’époque du MALG, des armes et fusils de combattants et des effets vestimentaires criblés de balles de moudjahidine et moudjahidate sont exposés à l’entrée du musée fraîchement réceptionné sans compter des dizaines de portraits de martyrs de la région accrochés tout le long du hall et autres documents historiques et des archives mis à la disposition des chercheurs et historiens, des pages entières d’une résistance sont revisitées systématiquement au simple regard de ce décor évocateur d’une période d’oppression et d’injustice et révélateur d’une résistance dans toutes les formes pour renseigner le commun sur le prix payé par un peuple et les sacrifices consentis par la génération de novembre pour arracher l’indépendance du pays. 53 ans se sont écoulés déjà mais les blessures restent parfois fraîches et non encore cicatrisées au vu de leur profondeur.

Les moins jeunes se souviennent toujours de l’ordre établi prévalant au niveau de cette région envahie totalement et quadrillée régulièrement par les forces de la légion étrangère…
A l’approche de toute célébration historique, notamment celle du déclenchement de la revolution, cet établissement de la mémoire s’érige en une véritable ruche bourdonnante de par cet engouement manifesté par les collegiens, les lycéens et les universitaires avides de s’informer des fait et événements de ce combat livré contre l’occupant. «Je trouve que notre histoire n’est pas suffisamment enseignée ou expliquée d’une manière académique à cette génération montante pour saisir justement sa portée et relever la dimension de ses artisans…», s’exclame Mohsen de la faculté des sciences humaines tout en visitant les stands de ce musée dont le regard se fixe sur les portraits de ces martyrs tombés au champ d’honneur pour que vive l’Algérie. «Il est impératif aujourd’hui que l’université s’implique dans cette œuvre d’écriture âpres plus de 50 ans d’indépendance pour perpétuer le message de Novembre et l’idéal de ses fondateurs. En clair, lui inculquer les valeurs de cette Révolution grande par l’union et la solidarité du peuple et imposante par la foi et l’engagement de ses artisans… réplique son camarade Samir, plus pragmatique dans ses jugements âpres avoir passé en revue l’itinéraire de quelques héros de cette lutte animés uniquement par un idéal et guidés par leur amour pour la patrie.
Une simple et furtive rétrospective de cette résistance de cette région autrefois Zone cinq de la wilaya V, est indicatrice de cette adhésion populaire autour de ses dirigeants et de ses héros ou tout bonnement de ses combattants dans les maquis ou en milieu urbain en dépit de la forte présence de la légion étrangère à l’image du responsable de l’OCFLN, le chahid Boumelik Abdelkader exécuté suite à la sentence du tribunal militaire d’Oran dans sa première session en décembre 1956. Dans les zones rurales, la même dynamique de résistance était maintenue à travers les batailles menées et les embuscades tendues par Si Belahcen, Tahar Moustache, si Abdelkrim, si Lazhari, Si Khelladi et autres héros en prise avec la réalité d’un terrain et soutenus dans leurs actes de lutte pour mieux neutraliser l’ennemi et semer le doute dans ses rangs.
Aucune couche n’est restée en marge de cette résistance impliquant ainsi la femme pour renforcer un effectif et donner de la résonance à une révolution déclenchée effectivement au nom du peuple dans toutes ses composantes.
Les moins jeunes se souviennent encore des sœurs Tayeb Brahim, Affane Fatima, Adhim Fatiha, Mekkaoui Zoulikha, Soraya Bendimered, Chadia et autres, cette vague de jeunes filles en avance sur leur temps et si attachées à leur authenticité ayant opté pour le sacrifice.
Bref, un veritable patrimoine d’archives à explorer et à vulgariser pour la perpétuité de l’œuvre et la pérennité d’un serment prêté par nos glorieux martyrs, le serment de libérer le pays et de défendre par le sang la souveraineté de son peuple… Le musée qui porte le nom du chahin Boulin Abdelkader est devenu cette référence pour les investigations et les recherches de l’histoire de la Zone cinq, du parcours et de l’esprit d’organisation de ses responsables et la bravoure de ses combattants. Une convention a été signée récemment avec l’université Djilali Liabes pour une exploration du patrimoine historique, l’exploition des informations et l’élaboration d’un document de base permettant aux futures générations de s’imprégner du climat d’une époque pour mieux préserver les acquis de l’Algérie souveraine et indépendante.
A. Bellaha


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