mardi 17 octobre 2017 01:02:47

Musée et manufacture d’armes de l’Emir Abdelkader de Miliana : Les gardiens de la mémoire

Quand l’esprit de Novembre souffle…

PUBLIE LE : 01-11-2015 | 0:00
D.R

C’est pratiquement le cœur et la mémoire de la ville de Miliana, de l’Algérie, de son histoire, de sa résistance, du sacrifice de ses enfants à travers des générations jusqu’à celle de Novembre qui a allumé la mèche du détonateur de la glorieuse Révolution qui a fini par mettre fin à 132 années d’­­occupation coloniale. Dar El-Emir, une bâtisse de style mauresque qui a hébergé l’Emir Abdelkader lors de son passage dans cette ville, a été restaurée et sert désormais de musée. Un musée qui a fait l’objet d’une extension et qui offre pour le visiteur une plongée dans l’histoire de l’Algérie, depuis l’époque romaine jusqu’à l’indépendance à travers ses différentes salles d’exposition. Des pièces, des objets qui racontent l’histoire, des pièces numismatiques, aux armes, de l’étendard de l’Emir Abdelkader aux photographies des chouhadas, c’est toute l’histoire qui défile. Des objets inertes qui retrouvent leurs âmes quand vient le visiteur et quand le directeur du musée, Boualem Bouyahia les raconte avec force détails. Incontournable pour le visiteur, le musée l’est aussi pour les délégations officielles, pour les sorties éducatives scolaires et des étudiants. Gardien de la mémoire, le musée abrite également en sa médiathèque les rencontres littéraires ou historiques comme celle organisée en cette dernière semaine d’Octobre sur les crimes du colonialisme français durant la période 1945-1962. Deux conférences au programme, l’une donnée par un enseignant de l’université Djillali Bounâama de Khemis Miliana et l’autre par une étudiante qui en avait fait son sujet de mémoire, suivies par le témoignage de trois moudjahidines. En face, un parterre composé d’élèves-gendarmes, de jeunes scouts et des collégiens et lycéens. Une rencontre entre la génération de Novembre et celles d’aujourd’hui, une transmission et une consolidation de cette mémoire collective. En contrebas de la ville de Miliana, un autre musée, la fabrication d’armes de l’Emir Abdelkader. Une structur également restaurée et qui reproduit la vie et l’activité qui prévalait lors de l’arrivée de l’Emir Abdelkader et le choix de cet emplacement pour s’installer et usiner les armes nécessaires pour son combat contre l’envahisseur français. Son directeur veille à la conservation des différentes pièces d’époque, des objets matériels qui reproduisent cette richesse immatérielle de l’histoire de l’Algérie. « Notre rôle éducatif est complémentaire de l’école, c’est ce que nous essayons de donner aux jeunes écoliers qui viennent en visite». Nous veillons toujours à donner une âme au musée, en faire réellement un centre de rayonnement culturel, nous avons de ce fait élargi mes activités avec l’organisation de conférences et d’activités culturelles ».
A.M.A 

----------------------------------

Quand l’esprit de Novembre souffle…
Pas plus haut que trois pommes, Abdelghani élève en quatrième année primaire, contemplait des photographies de chouhadas exposées dans le hall d’entrée du Musée Emir Abdelkader de Miliana. Le Musée abritait une conférence historique sur les crimes du colonialisme français durant la période 1945-1962. Son air interrogatif nous pousse à nous en approcher. « Ce sont tous des chouhada ?» questionne-t-il « Oui mon enfant, toutes ces photos et tout ces portraits sont ceux de chouhada » à mon tour je l’interroge «que veut dire le terme chouhada, qu’ont-ils fait ». « Ils ont combattu la France parce qu’elle est rentrée de force dans notre pays, c’est mon grand-père Allah yararhmou qui était moudjahid qui m’en a parlé. Il me racontait à chaque fois ce que les moudjahidines et les chouhada ont fait pour libérer l’Algérie du colonialisme» et si par malheur on venait à coloniser de nouveau l’Algérie que feras-tu ? La réponse de l’enfant est catégorique «jamais je ne le permettrai, j’aime l’Algérie, c’est mon pays et je les combattrai comme mon grand père».  Les chouhadas peuvent désormais reposer en paix, le message transcrit en lettres de sang, le message transmis par Kassamen est arrivé aux générations d’aujourd’hui.
A.M.A.

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions