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Mustapha Bitam, directeur général du musée national du Moudjahid : « Une course contre la montre pour écrire l’histoire »

"Les témoignages des moudjahidine sont une référence historique dans la politique du musée, et pour lesquels nous accordons une grande importance"

PUBLIE LE : 01-11-2015 | 0:00
Ph. : NAcera I.

Le Musée national du moudjahid est devenu une destination privilégiée des hôtes d’Algérie. Peut-on dire qu’il s’inscrit dans les sites historiques et touristiques de la capitale ?
Chaque pays au monde possède ce qui symbolise sa personnalité et sa souveraineté. L’idée d’ériger ce sanctuaire en 1982 n’est pas apparue du néant, mais c’était pour immortaliser les sacrifices de nos martyrs et les ancrer dans la mémoire des Algériens et du monde entier. Pour cela, le Musée national du moudjahid reçoit les chefs d’État, les chefs de gouvernement et les différents hôtes d’Algérie faisant partie d’organisations internationales. Hélas, les Algériens ne donnent pas assez d’importance à notre histoire, unique en son genre, dans le monde entier. Les Algériens doivent prendre conscience de la dimension du sacrifice de leurs pères et de leurs aïeux. Certains historiens disent que nous avons perdu 7 millions de martyrs entre 1830 et 1962, d’autres parlent de 9 millions. C’est à nous, génération d’aujourd’hui, de préserver et de valoriser cette mémoire, héritage des générations futures.  

Quel est le nombre de visiteurs du musée, mais surtout quelle stratégie doit-il mettre en place afin d’accroître ces chiffres ?
 C’est le seul musée au monde arabe qui ouvre ses portes tous les jours, de 8h à 22h. Nous sommes arrivés à plus de 300.000 visiteurs par an et nous ne sommes pas convaincus de ce résultat. Nous devons travailler plus pour que les visiteurs affluent par millions. Nous sommes un pays de sacrifices, et les générations futures doivent impérativement connaître l’histoire de l’Algérie. Nous sommes en relation avec différents établissements d’éducation afin de préparer des programmes communs dans la perspective d’accueillir un plus grand nombre de visiteurs.

Quelles sont les activités du musée sur l’écriture de l’histoire et la préservation des témoignages des moudjahidine ?
 Les documents transcrits et les informations enregistrées constituent une énorme source d’écriture de l’histoire. Les témoignages des moudjahidine sont aussi une référence historique dans la politique du musée, et pour lesquels nous accordons une grande importance. Nous sommes dans une course contre la montre, d’ici 15 ans, je ne pense pas qu’il y aurait encore des moudjahidine en vie. Nous avons un studio où le moudjahid peut venir enregistrer et nous avons opté, récemment, pour des «témoignages collectifs», sous forme de rencontres et, chaque semaine, nous accueillons entre 15 à 20 moudjahidine pour enregistrer leur témoignage collectif. Nous risquons de perdre nos valeureux moudjahidine chaque jour, et cette idée permet d’ouvrir des débats et en même temps vérifier les informations narrées par les orateurs. La véracité et la clarté de l’information, c’est la tâche accomplie par des historiens et le musée a pour objectif de chercher et accueillir les moudjahidine pour témoigner. Dans presque chaque foyer algérien, il y a un moudjahid, une moudjahida, et des histoires glorieuses à transmettre, c’est le devoir de chaque citoyen d’écrire l’histoire, pas seulement celui des musées.
Entretien réalisé par K. B.
 

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