mardi 27 juin 2017 09:54:25

Musées du moudjahid : Lieux de mémoire et d'histoire

L’Algérie célèbre le 61e anniversaire du déclenchement de sa Révolution, l’une des plus grandes, les plus longues et les plus douloureuses du vingtième siècle.

PUBLIE LE : 01-11-2015 | 0:00
D.R

L’Algérie célèbre le 61e anniversaire du déclenchement de sa Révolution, l’une des plus grandes, les plus longues et les plus douloureuses du vingtième siècle. Porteuse de valeurs universelles comme la liberté, la dignité et la justice, elle s’affirme comme une référence majeure pour de nombreux peuples et nations qui étaient encore sous domination coloniale ou qui étaient assujettis à l’ordre ségrégationniste de l’apartheid et au paternalisme criminel et qui aspiraient à l’indépendance et à l’égalité.
Pour le Front de libération nationale, le déclencheur de ce vaste mouvement révolutionnaire, la question sémantique ou historique ne s’est pas posée hier et ne se pose ni aujourd’hui ni demain, parce que, dès le départ, synthétisant et canalisant les aspirations profondes de la majorité du peuple algérien, il proclame de manière solennelle que l’objectif est la «restauration de l’État algérien souverain, démocratique et social». Un tel objectif a été pleinement atteint après près de huit ans d’une guerre atroce, au cours de laquelle le peuple algérien a montré toute sa force, son énergie, son intelligence, sa foi et sa détermination pour la «liquidation du système colonial» et «la reconnaissance de la souveraineté algérienne, une et indivisible». Oui, une guerre totale et barbare au cours de laquelle l’ennemi a commis des destructions massives et des violations flagrantes des droits naturels et civiques les plus élémentaires du peuple algérien.
L’Algérie libre et souveraine a entrepris, depuis son indépendance, une reconstruction difficile en relevant plusieurs défis à la fois, dont la question mémorielle et historique, en encourageant l’écriture et en ouvrant des musées dédiés à la Révolution de Novembre. Bien entendu, le chemin est encore long, mais celui parcouru déjà n’en est que plus stimulant, si l’on évalue le nombre des écrits sur cette période majeure de notre histoire contemporaine.
La démarche d’instituer un musée national du Moudjahid, d’ouvrir des musées régionaux, de baptiser des stèles commémoratives et de reconvertir des lieux aussi tristement célèbres que  les pénitenciers de Serkadji ou d’El-Djorf en monuments historiques, et ce quelle que soit l’autorité publique sous laquelle ils seront placés, relève de ce souci d’entretenir la mémoire et de diffuser le plus largement possible la connaissance de l’histoire nationale.
Hauts lieux de la mémoire et de l’histoire, pages d’héroïsme et de bravoure, ces espaces muséographiques ou ces stèles commémoratives ont évidemment une fonction pédagogique, celle de montrer aux jeunes générations, les conditions dans lesquelles leurs parents et leurs grands-parents ont vécu et avec quelle détermination ils ont pu vaincre avec de bien faibles moyens, l’une des plus grandes puissances de la planète. Ces lieux, il convient de les enrichir constamment par la collecte des témoignages et d’archives personnelles, des documents photographiés, de les ouvrir largement aux jeunes et aux historiens, et de les animer de manière permanente, par l’organisation de rencontres, de colloques et d’expositions afin que la légende de Novembre et le message de la libération se transmettent de génération en génération et, sans faire la leçon à personne, dire et affirmer tout haut que l’Algérienne et l’Algérien sont fiers d’eux-mêmes et de leur histoire.    
    Cherif Jalil

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