Les sites de Béchar : Entre réhabilitation et restauration

La wilaya de Béchar et toute la vallée de la Saoura sont connues pour receler plusieurs sites archéologiques et historiques, dont la renommée a bien dépassé les frontières territoriales de la région, et ont bien été, pour cela, classés au Patrimoine national architectural, à l’exemple des ksour de Kénadsa, Taghit et Béni-Abbès, et au Patrimoine local architectural historique, comme ceux de Béni-Ounif, Mougheul et Kerzaz.
PUBLIE LE : 29-10-2015 | 0:00

La wilaya de Béchar et toute la vallée de la Saoura sont connues pour receler plusieurs sites archéologiques et historiques, dont la renommée a bien dépassé les frontières territoriales de la région, et ont bien été, pour cela, classés au Patrimoine national architectural, à l’exemple des ksour de Kénadsa, Taghit et Béni-Abbès, et au Patrimoine local architectural historique, comme ceux de Béni-Ounif, Mougheul et Kerzaz.
Témoins millénaires de l’habitat saharien, ces ksour reflètent d’abord l’art architectural des premiers habitants de la région, dans la construction de leurs habitations, avec des matériaux répondant aux spécificités géographiques, climatiques et sociales d’antan.
Partie intégrante du patrimoine matériel et immatériel de cette partie du pays, en tant que facteur de valorisation historique et culturelle, ces espaces contribuent amplement à un développement touristique intégré et durable. Entre sites et monuments, stations de gravures rupestres, vieux ksour, ces endroits  permettent entre autres de témoigner de la présence humaine à Béchar, depuis la Préhistoire. Entre Kerzaz et Béni-Abbès (au sud du chef-lieu de la wilaya), Marhouma recèle de prestigieux vestiges datant de plusieurs centaines de millions d’années, à ras le sol.  Le ksar de Kerzaz (330 km au sud de Béchar), réputé par la zaouïa du Saint Patron Sidi Ahmed Ben Moussa, a su s’imposer comme une ville sainte. Fondés il y a plus de 15 siècles, ces ksour demeurent un patrimoine matériel inestimable, auquel vient s’ajouter celui de Kénadsa, situé dans l’enceinte même de la zaouïa Ziania et qui n’aura malheureusement pas échappé à une importante détérioration, pour ne pas dire disparition, causée souvent par la nature mais parfois aussi par des actes volontaires. Une situation à laquelle n’auront également pas été épargnés les ksars de Taghit, Béni-Abbès et Béni-ounif, lors des intempéries et inondations d’octobre 2008,  qu’aura connues  la région.
Aujourd’hui, la wilaya de Béchar compte 129 ksars et sites archéologiques et historiques, méritant tous, au même titre, une attention particulière, pour leur sauvegarde. Actuellement, cette mission est bien plus l’œuvre d’associations locales, telle l’Association de Kénadsa pour la sauvegarde du patrimoine et des documents et dont le souci majeur n’a cessé d’être la restauration de son ksar.
A Béni-Abbès, c’est aussi l’Association Ouarourout qui s’attèle sans cesse à la préservation de son principal site archéologique : le ksar et sa palmeraie, qui ont, toutefois, énormément souffert; le premier, des intempéries et inondations, le second, d’un incendie qui en a ravagé une bonne partie. Entre réhabilitation et restauration de tous ces sites archéologiques, le débat demeure encore ouvert, en dépit de plusieurs opérations entreprises en ce sens : un débat mené par des spécialistes du domaine pour une préservation de ce genre d’habitations ancestrales, mais qui ne
répondent plus à une fonction sociale.
Les uns prônent une réhabilitation qui consisterait en fait à parvenir à redonner «vie» à ce site, et par conséquent, optent  pour une présence de la population dans ce ksar et un retour à des activités socio-économiques. Un choix d’autant plus délicat qu’il a été délaissé depuis très longtemps. D’autres optent par contre pour une restauration de ces sites par le biais d’une étude appropriée, permettant de remettre ce patrimoine ancestral à son état initial, en intégrant des matériaux de construction de l’époque.
Entre ces deux visions, les avis diffèrent, et entre-temps, ce riche patrimoine matériel risque de disparaître  à jamais, effaçant par là même un pan de l’histoire de la région. Il est donc impératif, et quelle que soit l’option adoptée, que cette opération soit entreprise dans un but de véritable promotion du tourisme et de préservation et sauvegarde du patrimoine.
Ramdane Bezza


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