mercredi 23 mai 2012 08:24:05

Un évènement de grande portée sur le plan international

A l’initiative de l’Association Machaâl Chahid, en coordination avec El Moudjahid, commémoration du 54e anniversaire du déclenchement de la grève des huit jours

PUBLIE LE : 28-01-2011 | 20:24
Ph. Louiza

l La grève des 8 jours déclenchée par le peuple algérien  le 28 janvier 1957 en réponse à l'appel du Front de libération nationale, a doté ce dernier, en tant que négociateur unique avec les autorités coloniales  sur l'indépendance de l'Algérie, d'une force supplémentaire, a affirmé jeudi dernier à Alger le moudjahed Yacef Saadi. S'exprimant au forum du quotidien El Moudjahid, Yacef Saadi a indiqué  que l'appel à la grève suivi par le peuple algérien tout entier, a prouvé à  l'opinion internationale l'adhésion du peuple à la démarche du Front de  libération et sa détermination à poursuivre sa révolution jusqu'au recouvrement  de son indépendance.            
L'objectif de la grève était essentiellement "politique" tendant  à faire entendre la voix du peuple algérien à l'opinion internationale à la  veille de la tenue de l'assemblée générale des Nations unies et l'examen  de la question algérienne, a-t-il rappelé.             
Les membres du Comité de coordination et d'exécution (CCE) étaient chargés de la préparation et de l'exécution de cette grève, a-t-il ajouté, indiquant avoir rencontré fin décembre 1956 Larbi Ben M'hidi à la Casbah (Alger) qui l'a informé de la décision du CCE de déclencher une grève de 8 jours à compter  de la date d'ouverture de la session de l'Assemblée générale de l'ONU.            
"Abane Ramdane a fourni des justifications objectives pour nous convaincre  des retombées positives d'une telle action. Il a été soutenu par Saad Dahlab  et Benyoucef Benkhedda. Krim Belkacem a, quant à lui,  insisté sur l'importance  d'en définir la durée", a-t-il dit.             
Bien que cette grève ait été soigneusement préparée et Ben M'hidi ait fourni les fonds, "pour garantir l'approvisionnement de la population d'Alger  sans attirer l'attention de l'armée coloniale, a-t-il poursuivi, des dizaines  de femmes appartenant au monde artistique ont été chargées d'aller de maison  en maison pour informer les différentes catégories du peuple de la décision  de grève.             
Le moudjahed Yacef Saadi a, à cette occasion, précisé que les forces  coloniales ont tué, a travers tout le pays, un grand nombre d'Algériens durant  cette grève et arrêté et torturé des milliers d'autres.              
Pour Yacef Saadi, la grève a été "un succès à l'intérieur et à l'extérieur  du pays".
APS


A l’initiative de l’Association Machaâl Chahid en coordination avec El Moudjahid a organisé une rencontre-débat qui a vu l’intervention du colonel Yacef Sadi, le héros de la Bataille d’Alger. C’est en présence de lycéens (Frantz Fanon et Emir Abdelkader), de Moudjahidine, de représentants du mouvement associatif et des médias que le moudjahed Yacef Saadi est venu commémorer le 54e anniversaire du déclenchement de la grève historique des huit jours qui devait rappeler par son intensité et la mobilisation qu’elle a provoquée, les revendications à la liberté et à l’indépendance du peuple algérien. L’orateur a rappelé le caractère historique de cet évènement capital que fut la grève des huit jours. Il a affirmé rendre un hommage appuyé à tous les héros (ce ne sont pas seulement des martyrs dit-il) qui sont tombés au champ d’honneur pour que vive l’Algérie.
S’adressant aux lycéennes et lycéens venus l’écouter, le moudjahed, les exhorta à s’inspirer du sacrifice de leurs aînés, en contribuant au développement du pays. Le colonel Yacef Saadi analysant les causes qui ont présidé au déclenchement de la grève des huit jours, rappela l’énorme arsenal de répression mis en place par l’armée d’occupation et les innombrables victimes algériennes, les centres de tortures, les arrestations, la justice expéditive, étaient le lot quotidien des populations, ce qui contribue à accélérer la lutte. La grève des huit jours décidées par les hautes sphères de la Révolution, le CCE devait être le point de cristallisation. Le déclenchement devait coïncider avec l’introduction du dossier algérien dans le débat à l’Assemblée générale des Nations unies. Le 28 janvier, fut le jour “J” alors même que la réunion de l’Assemblée générale n’avait pas eu lieu encore. Mais il était urgent pour la lutte de frapper un grand coup pour mobiliser autour de la cause algérienne, l’opinion publique internationale.
Le FLN allait déclencher ainsi la grève en utilisant la politique, en opposition à l’administration coloniale qui privilégiait la politique par la guerre fait remarquer le colonel Yacef Saadi. L’Administration coloniale recherchait l’effondrement du FLN. Elle cherchait aussi à briser le moral de la population et lui donner une âme de vaincu devait noter également l’orateur.
C’est la période où les sinistres Sections administratives spécialisées, furent très actives. La grève des huit jours n’annonça pas l’effondrement du FLN, mais contribua à faire la démonstration de la représentativité du FLN et attester de l’audience de la délégation extérieure auprès des institutions internationales. Pour parer aux conséquences de cette grève qui fut préparée avec la plus grande minutie, le corps expéditionnaire français voulait élargir les prérogatives des unités parachutistes et aller plus encore dans la repression. Le colonel Yacef Saadi note que la paternité de cette grève revient à Abane Ramdane. Elle a été décidée par le CCE, instance exécutive. C’est Larbi Ben M’hidi, selon l’orateur,  qui pris les contacts nécessaires en vue de préparer l’évènement. Larbi Ben M’hidi a assuré le contact avec Yacef Saadi, selon le descriptif donné par ce dernier lors de la rencontre d’hier au centre de presse d’El Moudjahid.
Ben M’hidi devait souligner à l’adresse de Yacef Saadi que Saâd Dahlab et Benkhedda rejoignaient Abane Ramdane pour sa proposition sur le déclenchement de la grève. Krim Belkacem n’était pas chaud quant à la durée de la grève note Yacef Saadi, mais finit par rejoindre les partisans de la grève. La préparation confiée à Yacef Saadi fut minutieusement menée note l’orateur. Après mûre réflexion et débats, il fut décidé de cibler les grands centres urbains, et notamment Alger pour tout l’écho qui pouvait résulter du déclenchement de cette grève. Alger remplissait c’est vrai toutes les conditions relève Yacef Saadi et notamment la Casbah et les grands quartiers populaires de la ville.
La Casbah à elle seule regroupait une population de 80 000 habitants sur 2 km2 de superficie. Décision prise du déclenchement de cette grève, on ne pouvait faire marche arrière, d’autant que l’ennemi se faisait plus que menaçant le sinistre Massu envisageait même en cas de tenue d’une grève, d’affamer la population algérienne, relève Yacef Saadi. 10 millions de francs de l’époque furent remis par Ben M’hidi à Yacef Saadi pour assurer l’intendance, constituer des stocks, la somme n’était pas suffisante mais on fit avec, relève l’orateur. C’est ainsi que des stocks de denrées alimentaires furent constitués et entreposés dans des lieux tenus secrets pour ne pas ameuter les éventuels indics financés par l’administration coloniale pour la renseigner. Yacef Saadi mobilisa ses troupes dont Ali la Pointe, des artistes et femmes de théâtre pour se rendre dans les maisons et distribuer des bons aux habitants pour acquérir des denrées.
La grève a eu lieu, elle durera comme cela a été fixé par ceux qui l’auront déclenché, huit jours pour savoir si notre première journée de grève serait largement suivie, il suffisait d’écouter la casbah note alors Yacef Saadi. La grève eut bien lieu, ponctuée par une répression féroce du corps expéditionnaire français. Les buts tracés pas l’ennemi ne furent pas atteints note l’orateur, ce qui l’entraîna à renforcer le dispositif répressif.
T. M. A.

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