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Centre de presse d’El Moudjahid, Mme Cristina Amaral, coordinatrice résidente de l’Onu en Algérie : « Le parcours de l’organisation est jalonné de succès, mais aussi de défaites »

La coordinatrice résidente de l’Onu en Algérie était hier l’invitée du Forum d’El Moudjahid. L’occasion, pour Mme Cristina Amaral, de défendre le bilan de l’organisation onusienne, à l’occasion de son 70e anniversaire célébré le 24 octobre.

PUBLIE LE : 24-10-2015 | 23:00
D.R

La coordinatrice résidente de l’Onu en Algérie était hier l’invitée du Forum d’El Moudjahid. L’occasion, pour Mme Cristina Amaral,  
de défendre le bilan de l’organisation onusienne, à l’occasion de son 70e anniversaire célébré le 24 octobre.

Ainsi, selon l’invitée du Forum, «le monde, depuis la création de l’Onu, se porte beaucoup mieux». Les indicateurs de cette amélioration ne manquent pas, selon elle. Un plus grand accès à l’éducation, moins de faim dans le monde, et ce même si, aujourd’hui, 800 millions de personnes continuent à en souffrir ; les réponses aux épidémies sont plus efficaces, l’égalité du genre est devenue une réalité dans beaucoup de pays, le combat contre les violences faites aux enfants et aux femmes est une lutte quotidienne, la conscience sur le climat est plus présente, maintien de la paix dans les zones en conflit, grâce aux120.000 Casques blues... Elle cite aussi les 17 Objectifs de développement durable fixés par l’Onu et approuvés par tous les pays. Des réalisations qui font dire à Mme Cristina Amaral, que le  parcours du système onusien tout au long de ces 70 années a été «couronné de  beaucoup de succès». Elle tient également à souligner que «les Nations unies ont produit beaucoup d’idées qui sont encore aujourd’hui une référence». Elle en voudra pour preuves, l’idée du développement durable,  celle du développement humain  et  beaucoup d’autres tout aussi  importantes. L’Onu est aussi un «élément de facilitateur du dialogue mondial». Mais, reconnaît néanmoins la coordinatrice résidente de l’Onu, ce parcours est également jalonné de  «défaites». «On ne peut pas dire que tout est bien», a-elle admis. Toutefois, dans le souci certainement d’atténuer ce constat, elle ne manque pas d’ajouter qu’«essentiellement, les Nations unies sont le forum mondial où les 193 pays membres ont tous la même voix et ont la possibilité, ensemble, de s’accorder sur les progrès à faire». Avant de préciser que «les Nations unies ne sont que le résultat qualitatif de cette interaction entre les pays membres». Il n’en reste pas moins que pour le commun des mortels,  et ce même si Mme Amaral s’en défend, l’Onu est, aujourd’hui, dans l’incapacité d’être à la hauteur des espoirs placés en elle au moment de sa création, notamment en ce qui concerne la mise à terme aux conflits dont certains perdurent depuis des décennies. Ainsi, si l’invitée du Forum reconnaît que «sur les conflits de long terme, cela n’a pas donné les résultats escompté», il n’en reste pas moins vrai à rappeler que «la responsabilité pour la paix et le dialogue est partagée avec les États membres». Reste aussi que de son point de vue, cela ne saurait être une raison pour remettre en cause l’existence même de l’organisation. «On a  aujourd’hui un instrument qui s’il n’existait pas, il devrait être inventé», a-t-elle affirmé, en référence à l’Assemblée générale de l’Onu. «L’AG, avec une montée en puissance des pays du Sud,  n’est plus celle de 1945», a-t-elle affirmé.  Et de poursuivre : «Aujourd’hui, la voix des pays du Sud, des pays en développement, des pays  les plus pauvres est beaucoup plus forte et se fait entendre. L’AG a vraiment un autre visage.» En fait, laisse-t-elle entendre, sans pour autant le dire, l’incapacité de l’Onu est due à son mode de  fonctionnement  actuel. «Le Conseil de sécurité, dans sa forme et sa structure actuelles, qui correspondaient à une géographie politique de l’après-guerre, n’est plus adapté au monde d’aujourd’hui», a-t-elle ainsi déclaré. Elle souligne toutefois qu’«il y a beaucoup d’encouragements pour qu’il y ait des réformes dans ce sens». Reste aussi que ces réformes revendiquées par la majorité des pays membres tardent à se faire. La raison est indépendante de la volonté du Secrétariat de l’Onu, car elles «ne peuvent être imposées, mais doivent être adoptées par les pays membres», indique la conférencière. Toutefois, a tenu à clarifier la conférencière, «il faut faire une distinction entre le Conseil de sécurité et les structures de l’Onu, dont son secrétariat général». Par ailleurs, elle refuse de se prononcer sur les positions des membres du Conseil. «Les actions des États membres n’engagent pas l’Onu», s’est-elle contentée de répondre, tout en rappelant que «l’action de l’Onu est basée sur la diplomatie préventive».  Reste aussi que cet aspect du fonctionnement qui fait que l’Onu est  l’«otage» de son Conseil de sécurité  n’est pas le seul responsable de ce que certains qualifient comme une «incapacité» de l’Onu à assumer pleinement ses responsabilités. Ainsi, sa dépendance financière vis-à-vis des bailleurs de fonds fait que l’organisation n’a pas les moyens face à tous les besoins humanitaires.  

Appel pour des fonds au profit des réfugiés sahraouis
Dans le cas des réfugiés sahraouis,  Mme Amaral dit que «les Nations unies sont très préoccupées par le manque d’aides  humanitaires  à  hauteur des besoins». D’où l’appel lancé par la voix de la coordinatrice résidente en Algérie aux bailleurs de fonds pour d’autres contributions que celle de l’Algérie qui contribue beaucoup, mais ne peut pas être la seul, car la situation peut devenir très grave suite, notamment, aux dernières intempéries. Il ne faut pas que le rapport soit lettre morte, les populations sont dépendantes à 100% des aides internationales.  La crise économique que connaissent nombre de pays risque toutefois de constituer un empêchement à la réalisation de cet appel, et ce même si «les Nations unies n’ont jamais baissé la voix».   
Nadia Kerraz

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Développement durable
L’Algérie a mené une politique volontariste
«L’Algérie a réussi à relever les défis post-indépendance», a estimé hier la coordinatrice résidente de l’Onu, lors de son passage au Forum d’El Moudjahid. «La collaboration entre l’Algérie et les Nations unie a permis d’enregistrer des avancées notables dans le domaine de la construction d’un système social. Ces efforts ont permis l’amélioration des structures de santé, l’éradication de certaines maladies, par le bais de campagnes de vaccination dans  lesquelles l’Onu  a beaucoup contribué. Aujourd’hui, en Algérie, il y a des problématiques qui ne sont plus de l’époque. Nous enregistrons un développement du diabète,  de maladies cardio-vasculaires qui reflètent un changement complet dans les conditions et dans le bien-être», a-t-elle encore indiqué.  
Elle note aussi «les efforts énormes, dans le sens d’appuyer une politique volontariste inscrite dans la constitution de l’égalité des genres et de l’appuyer sur des points très concrets comme la lutte contre les violences faites aux femmes, l’appui à l’insertion économique des femmes et l’appui aux femmes parlementaires». «Je note avec beaucoup d’orgueil ce partenariat avec le parlement algérien et aussi avec le ministère de l’Intérieur, pour l’appui aux élues locales dans lequel nous avons pu soutenir les efforts des femmes parlementaires pour avoir une voix dans la politique et que pour avoir une représentation dans laquelle l’Algérie est exemplaire pour être en 26e rang mondial qui est le résultat d’une politique volontariste des quotas». Selon  elle, «ce sont des acquis algériens pour lesquels les Nations unie ont contribué».  
S’agissant de la campagne nationale de lutte contre les violences faites aux enfants, elle salue «les efforts des autorités algériennes». Mais, pour elle, «il y a aussi un fort engagement de  la société civile qui permettra à la mentalité des citoyens d’évoluer».  
N. K.

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Règlement des conflits dans les pays du voisinage :
« L’Algérie a joué un rôle leader »
À la question de connaître son appréciation du rôle joué par l’Algérie dans le règlement des conflits et la recherche d’une solution, la coordinatrice résidente de l’ONU en Algérie a indiqué que «l’Algérie a collaboré très étroitement» avec les représentants spéciaux du Secrétaire général de l’Onu. Dans le cas du Mali, il sera rappelé par la conférencière «le rôle de leader joué par l’Algérie pour réunir toutes les parties et faire que l’accord d’Alger voie le jour». Selon elle, «c’est un effort de la diplomatie active qui complète les efforts de l’Onu».  Cependant, a-t-elle ajouté, «il y a un autre pas à faire, il faut la construction économique pour que les dividendes de la paix aient un impact concret». Pour ce qui est de la Libye, elle indique que dans ce cas, également, «l’Algérie a appuyé très étroitement les efforts du représentant de l’Onu  et toutes les négociations, dont une partie du dialogue a eu lieu à Alger». Reste cependant que Mme Amaral estime que «ce sont des processus complexes». Mais l’essentiel est de continuer à soutenir l’effort de paix en Libye. Elle dit espérer de «bonnes nouvelles et du succès dans ce processus». Pour ce qui est du Moyen-Orient, la diplomate rappelle que «l’Algérie est dans son rôle de diplomatie active, qu’elle a toujours prôné le principe de non-ingérence,  que les conflits se règlent à l’intérieur du pays et à la force des acteurs nationaux». Il sera aussi souligné que «l’Algérie a toujours mis ses moyens pour promouvoir ces processus de paix».

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Palestine : le SG cherche un consensus
Sur la question de la Palestine, la coordinatrice résidente de l’Onu a indiqué que le SG de l’Onu «appelle les uns et les autres à leurs responsabilités, et il œuvre pour trouver un consensus et à la création de deux États». Elle ajoute qu’«il condamne énergétiquement toutes les violences», et que «les efforts ne reflètent pas ce qui se fait derrière le rideau».  
N. K.

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Sahara Occidental :
« le représentant du SG de l’Onu ne ménage aucun effort » 
En ce qui concerne la question du Sahara occidental, la conférencière indique que c’est une question de décolonisation  qui est «toujours ouverte». Elle souligne aussi que le représentant personnel du SG de l’Onu «a toujours pu compter sur l’appui de l’Algérie pour ses efforts». Elle ajoute que «c’est un dialogue qui continue, et nous espérons qu’un jour il y aura une solution politique mutuellement accordée par les parties».  Mme Amaral ne manque pas toutefois de souligner que «ce n’est pas une tâche facile, mais je ne dirai pas que l’Onu reste les bras croisés». «Le représentant du SG de l’Onu ne ménage aucun effort pour dialoguer avec les parties et essayer de trouver des points qui puissent faire avancer ce dialogue et trouver une solution politique». À une question sur la non- prise en charge de l’aspect droit de l’homme par la minurso, elle répond : «Le mandat n’est pas défini arbitrairement, et il est de la responsabilité des États membres.» À une question relative à la non-application des résolutions qui  restent lettre morte, la conférencière dit que «ce ne sont pas toutes les résolutions qui sont restées lettre morte, beaucoup ont été appliquées et ont eu du succès». Elle estime aussi que «les résolutions sont un moyen de pression, mais pour que ce moyen soit efficace, il faut que le collectif ait aussi des instruments pour faire valoir cette pression», car, a-t-elle rappelé,  «sans les résolutions, il n’y aurait pas de cadre légal et juridique pour faire avancer le processus de paix».
N. K.

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