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4e symposium international sur la Cybercriminalité : La sécurité informatique, une priorité

165 affaires liées à la cybercriminalité traitées par la DGSN en 2015

PUBLIE LE : 04-10-2015 | 23:00
D.R

Placés sous le thème «souveraineté des données, problématiques et enjeux nationaux», les travaux de la quatrième édition du symposium international sur la cybercriminalité en Algérie, organisée par World Trade Center Algiers, se sont ouverts hier matin à l’hôtel El-Aurrasi.

Plusieurs experts nationaux et internationaux ont répondu présents à cette rencontre aves la participation de nombreux chefs d’entreprises et institutions nationales, notamment la DGSN dont un représentant a exposé la politique mise en place pour la lutte de la criminalité via la toile. Il a été question d’un débat en commun des défis et des enjeux de la lutte contre la cybercriminalité et de l’importance de la cyber-sécurité dans l’environnement économique et institutionnel. Les spécialistes ont à cet effet abordé des thématiques nouvelles, allant dans le sens du développement des nouvelles technologies et d’internet, des impératifs de mise à niveau et de  l’importance de la sécurité informatique.  
Ces experts se sont proposés d’informer, de sensibiliser les institutions de l’état et les entreprises sur l’importance de sécuriser leurs systèmes d’information, compte tenu de l’évolution des nouvelles technologiques et de l’importance de la prise en considération des menaces cybernautiques. «Possédons-nous le contrôle sur nos données ? En quoi les fraudes sur la toile peuvent-elles toucher à la souveraineté nationale ?», se demande le Professeur Solange, directrice de Swiss Cybersécurity Advisory de l’Université de Lausanne. L’experte a développé la problématique de la cybercriminalité aujourd’hui entre enjeux et défis pour l’Algérie. «La sécurité des données mise sur la toile est relative, toutes les informations qu’on met sur internet ne nous appartiennent plus, elles sont toutes piratables et les solutions et logistiques de sécurité nous viennent d’ailleurs, des USA plus précisément, donc non maitrisables, nos données sont alors sur un nuage , ailleurs et partout», explique le Pr Ghernaouti  qui précise que les risques sur la souveraineté de l’Etat se place justement dans ce non-contrôle des systèmes de sécurité. «On donne tout dans un monde de défiance, et l’approche de la cyber sécurité reste relative et vulnérable. est-ce que la souveraineté nationale reste possible  dans ce monde de piratage et de fraude ? Le seul levier de défense aujourd’hui reste le contrôle et la maîtrise», conclue l’experte venue de Suisse. Le représentant de la DGSN, Commandant Lahmer, du centre de prévention de lutte contre la cybercriminalité, nous indique que cette structure a traité en 2015 près de 165 affaires liées à la cybercriminalité. il s’agit notamment de diffamations, d’insultes, de chantage faits au victimes, d’extorsion de fonds. On est donc loin de la piraterie des comptes postaux et bancaires. Le commandant a, par ailleurs, exposé les enjeux de ce commerce en Algérie, son développement, ses différentes formes, les techniques de fraudes les plus utilisées et les difficultés rencontrées par les enquêteurs sur ce genre de fraude. L’intervenant a tenu à préciser que les ventes et achats qui explosent actuellement sur le net sont des transactions classiques et traditionnelles qui n’ont rien à voir avec le commerce électronique à dimension internationale. L’avocate Maître Hind Benmiloud a, quant à elle, appelé à l’impératif de mettre en place des textes de loi quant à la protection de notre vie privée, nos données personnelles dans l’environnement numérique «La nature ayant horreur du vide tout est permis sur la toile en l’absence de textes et de loi, ce qui est interdit devient possible», dira-t-elle.
Cette édition a permis d’exposer une approche pragmatique du rôle de la cyber sécurité, mettant en exergue les responsabilités à prendre en considération ainsi que les multiples techniques et outils à adopter comme mesures de
protection.
Farida Larbi

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165 affaires liées à la cybercriminalité traitées par la DGSN en 2015
La cybercriminalité est l’ensemble des actions commises dans l’espace virtuel dans le but d’escroquer ou de commettre un délit quelconque. Avec la démocratisation d’Internet et de l’accès à l’informatique, ces pratiques ont pris une envergure démesurée de par le monde. Selon une étude menée par Gemalto, un spécialiste de la sécurité informatique, plus d’un milliard vingt trois millions de données ont été volées durant l’année 2014 dans le monde ! La moitié des infractions commises dans l’espace virtuel concernent des vols d’identité... En Algérie, dans plusieurs domaines, la situation de la cybercriminalité est paradoxale. Les experts  qualifient  le risque de cyberattaque en Algérie de «minime». Ils expliquent que l’absence de services électroniques comme le e-commerce, l’e-santé ou l’e-administration avait paradoxalement protégé le citoyen algérien de la cybercriminalité. Un constat partagé par la Gendarmerie nationale qui indique que 60% des affaires de cybercriminalité sont liées aux insultes, menaces et autres atteintes à la vie privée via Internet, avec 165 affaires traitées en 2015. Le réflexe de se doter d’un antivirus performant n’existe pas encore chez le grand public en Algérie. La pénétration de ce type de software reste des plus faibles dans nos foyers, la jeunesse connectée préférant des copies illégales ou gratuites, peu fiables et surtout périssables. Elle risque aujourd’hui le piratage de son compte Facebook, le vol de ses photos et ou de ses documents. Mais qu’en sera-t-il demain lorsque nos PC disposeront de notre numéro de carte bancaire, de notre signature électronique, de nos codes d’accès !  En août 2015, un avant-projet de loi portant des règles particulières relatives à la prévention et à la lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication est venu durcir le ton envers les cybercriminels, et donner plus de moyens aux services de sécurité. Il permet notamment de recourir à la surveillance des communications électroniques à des fins préventives, des perquisitions et des saisies dans un système informatique, l’accès à distance à un système informatique ou à un système de stockage informatique.
F. L.
 

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