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Mahmoud Chérif : “Un homme de tempérament doté d’un grand sens de l’organisation”

Un hommage a été rendu hier, à Alger à Mahmoud Chérif, ancien chef de la Wilaya I historique, également ministre chargé de l'Armement et de l'Approvisionnement au sein du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).

PUBLIE LE : 15-01-2011 | 20:26
D.R

Un hommage a été rendu hier, à Alger à Mahmoud Chérif, ancien chef de la Wilaya I historique, également ministre chargé de l'Armement  et de l'Approvisionnement au sein du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).          
"Mahmoud Cherif était un modèle de dévouement, de sacrifice et de patience",  a témoigné, M. Abdelhamid Mehri, compagnon du défunt qui est décédé en 1987.          
Selon M. Mehri, et à la faveur de la commémoration d'évènements liés  à la glorieuse Révolution algérienne, il y a assurément lieu de mettre en évidence  le comportement d'hommes, à l'image de Mahmoud Cherif, qui se sont donnés corps  et âme au pays.          
Evoquant le parcours de Mahmoud Cherif, il a fait savoir que celui-ci  a été, en 1958, désigné comme ministre des Finances au sein du GPRA avant de  se voir désigné à la tête du département de l'Armement et de l'Approvisionnement,  insistant pour dire que la clairvoyance de Mahmoud Cherif lui a permis de s'acquitter  de sa mission avec "brio".          
Selon M. Mehri, le GPRA, alors en quête de nouvelles sources de financement  pour intensifier la lutte armée, a jeté son dévolu sur Abane Ramdane et Mahmoud  Cherif pour mener à bien cette mission.          
"Je les ai reçus à Damas et leur ai préparé tout le nécessaire (passeports,  finances...) pour qu'ils partent en Tchécoslovaquie en vue d'y ramener des armes", a indiqué M. Mehri, relevant une volonté "inébranlable" chez les deux hommes  et un "désir ardent de se surpasser".          
M. Mehri, qui était ministre des Affaires maghrébines du GPRA, a tenu  à dire qu'en dépit de quelques divergences de points de vue chez les uns et  les autres, la sérénité était de mise et l'intérêt supérieur du pays constituait  le point de mire de tout un chacun, affirmant que la révolution insistait sur  la nécessité de fédérer tous les efforts visant la libération du pays du joug  colonial.
Pour sa part, le professeur Mohamed Abbas a retracé le combat  de Mahmoud Cherif, mettant surtout en évidence le fait que celui-ci a, au lendemain  des évènements du 8 mai 1945, quitté l'armée française (au sein de laquelle  il était officier) au profit de la cause juste de son pays.          
Exhibant un livre parlant de Mahmoud Cherif, Ali Zeghdoud a, de son  côté, tenu à dire que les documents retraçant le combat du défunt attestaient  de "qualités indéniables" tant humaines que celles inhérentes au tactiques militaires.          
Il a lancé un appel pour un meilleur enseignement de l'histoire de l'Algérie,  insistant sur la nécessité d'accorder un meilleur intérêt à l'écriture de l'histoire  du pays et appelant à la nécessité d'y associer les nombreuses personnes (encore  en vie) susceptibles da faire des témoignages sur ce qui s'est passé.         
Lors de son témoignage, Zeroual Mohamed a, notamment, indiqué que Mahmoud Cherif avait, durant le mois d'avril 1957, pris la tête de la Wilaya I en remplacement à l'illustre Mostefa Ben Boulaïd.          
Selon lui, la compétence, la droiture et la conduite irréprochable de  Mahmoud Cherif ont fait que celui-ci a "brûlé" les étapes à telle enseigne qu'il  s'est vu confier de grandes responsabilités en un très court laps de temps.           
Le cinéaste Ahmed Rachedi est, pour sa part, revenu sur la nécessité  de réaliser des films et documentaires retraçant la vie et le combat des hommes  qui ont donné leur vie pour que le pays recouvre son indépendance et sa souveraineté.          
"La réalisation de films permet la pérennisation de l'histoire",  a  noté Rachedi, faisant remarquer l'absence de documents filmés car, argumente-t-il,  "la majorité des opérations des moudjahidine pendant la Révolution armée se  déroulaient de nuit".


A l’initiative de l’Associaiton Machaâl Chahid, en coordination avec El Moudjahid a eu lieu hier au Centre de presse de notre publication une rencontre commémorative organisée pour honorer la mémoire du valeureux moudjahed, Mahmoud Chérif, chef de la Wilaya I historique et ministre de l’Armement et de l’Approvisionnement durant la guerre de Libération nationale au sein du GPRA. Les intervenants ont loué la personnalité du défunt, un homme de tempérament et d’engagement au service de la lutte de libération.

M. Abdelhamid Mehri, durant son intervention,  soulignera qu’il y a de grandes leçons que nous devons tirer de ces évocations. Rien ne prédestinait des hommes qui ont combattu pour la liberté de leur peuple à être des chefs, mais c’est l’intensité de la lutte, la force de l’engagement qui a permis à des militants d’horizons politiques différents et d’origines sociales différentes de se fondre dans le moule de la Révolution et lutter pour un idéal commun et montrer leur générosité et leur abnégation dans la lutte et de  se distinguer. La Déclaration de Novembre a impliqué l’ensemble des Algériens. La lutte armée a été le levier essentiel qui a permis de regrouper toutes les potentialités au service de la libération du pays. M. Abdelhamid Mehri a rappelé les circonstances de sa rencontre avec le défunt Mahmoud Chérif durant la lutte de Libération nationale et de leur étroite coopération dans de multiples interventions au service de la Révolution.
Nous étions particulièrement concentrés sur la manière la plus efficace à adopter pour que les moyens mis au service de la Révolution puissent avoir le plus d’efficacité possible. La guerre de Libération nationale a connu dans son cours de profondes mutations. Cela lui a permis de se renforcer. M. Abdelhamid Mehri notera que dans le déroulement de la lutte, il arrivait que les responsables puissent diverger dans leur approche de tel ou tel événement, mais le débat et la concertation continuaient à être la règle et permettaient de trouver les compromis nécessaires. Il y avait toujours la volonté de présenter un front commun. Dans les heures difficiles de la lutte, la Révolution s’est toujours trouvé dans l’obligation de réunir ses forces et toutes ses potentialités pour la poursuite de la lutte et pour la période post-indépendance dans le cadre de l’édification nationale. Le regretté Mohamed Chérif aura joué un rôle immense dans le cadre de la lutte, et dans les missions qui leur furent confiées par les hauts responsables politiques au lendemain de l’indépendance Mahmoud Chérif était d’une totale franchise. C’est l’importance de ce rôle qu’eurent à relever dans leurs témoignages, les différents intervenants notamment pour son activité au sein de la Wilaya I, historique ou selon des témoignages, il aura été le successeur du chahid Mostefa Ben Boulaïd. Ceux qui ont été à la tête de la Wilaya I avant la désignation de Mahmoud Chérif, ne furent que des intérimaires a-t-il été dit. Dans leurs témoignages, certaines intervenants ont noté l’ascension fulgurante de Mahmoud Chérif durant la lutte faisant remarquer que celle-ci n’était due qu’à son mérite personnel, à son expérience et son professionnalisme, son sens du contact. C’était loin d’être un parachuté au sein de la Wilaya I diront certains. Mahmoud Chérif était de la lignée des grands patriotes, a-t-il été ajouté. D’autres intervenants ont relevé à l’actif du défunt son sens de l’organisation, ses talents de gestionnaire. Il a été, chaque fois , en première ligne pour lutter contre tous les facteurs de division qui pouvaient porter préjudice au cours de la Révolution s’ils persistaient. La rencontre a été rehaussée par la présence de moudjahidine et de hauts responsables durant la lutte de Libération nationale, notamment ceux qui exerçaient au sein du MALG.
T. M. A.

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