dimanche 18 novembre 2018 07:53:39

Mois du patrimoine : La mosquée de Sidi Ghanem de Mila, une histoire à écrire

L’artiste Bahia Rachedi choisit : Aïn Témouchent pour le tournage d’une émission télévisuelle sur son parcours

PUBLIE LE : 19-04-2015 | 0:00
D.R

Défiant le temps et l'oubli qui frappe le quartier du vieux Mila, se dresse une grande bâtisse à l'aspect architectural typique des granges de l'époque coloniale coiffée de tuiles en terre cuite et qui abrite la plus vieille mosquée connue en Algérie.
Au milieu d'un vieux tissu urbain rongé par l'abandon, s'élève la mosquée de «Sidi Ghanem» dont la construction remonterait au début du 6e siècle (an 59 de l'hégire), soutenue par de colonnes romaines vieilles de près de deux millénaires.
Située dans le périmètre du petit musée de site de Mila, ce lieu de culte musulman — déserté depuis près de deux siècles par les fidèles — a été érigé sur les fondations d'une église romaine dont il a conservé les arcs, briques et colonnes portant encore des inscriptions en latin. Baptisé d'abord du nom de Abu Mouhadjir Dinar, un des compagnons du Prophète venu propager la parole de l'islam, elle devait par la suite prendre le nom d'un imam fatimide qui y a officié, Sidi Ghanem, dont le mausolée se trouve à Oran.
A elle seule, cette bâtisse représente l'évolution des croyances religieuses en Algérie depuis l'antiquité jusqu'à la fin de la période coloniale : D'église romaine dans l'antiquité, cet édifice a été transformé en mosquée, avant de servir d'annexe militaire, voire d'étable durant la colonisation française.
Dans sa fonction de basilique, l'édifice est supposée avoir été le siège de l'évêque Optat de Milève (mort à la fin du VIe siècle), comme il est probable, selon d'autres sources, qu'elle ait abrité les deux conciles (assemblée des évêques de l'église catholique) tenus à Mila au début du Ve siècle et dont le second a été présidé par St Augustin lui même. Tous ces faits historiques, supposés s'êtres déroulés dans cette basilique, se basent sur les écrits d'une seule source : l'église romaine. 

Reste à exhumer l'histoire
Depuis près de deux siècles, aucun culte n'a été célébré dans l'enceinte de la mosquée Sidi Ghanem qui s'enfonce peu à peu dans le sol. Sa toiture et les colonnes sont fragilisées par l'usure et les infiltrations d'eau, alors que les dallages sont complètement recouverts de sédiments. En 2012, la vieille mosquée a bénéficié d'un premier budget pour financer les travaux d'urgence qui ont touché une petite partie de la toiture, la boiserie, et quelques étaiements de colonnes. Trois années après, la restauration proprement dite de l'édifice qui a bénéficié d'une enveloppe de 140 millions de dinars pour sa réhabilitation, affirme la responsable régional de l'Office de gestion et d'exploitation des biens culturels (Ogebc), Amar Nouara, n'a toujours pas été entamée. La présence du monument — Ouvert aux étudiants en architecture, histoire ou archéologie, principalement — n'est nullement signalé dans la ville, ni même dans le vieux quartier qui l'abrite ainsi que le petit musée de site, ignoré lui aussi. A défaut de travaux sérieux d'historiens et d'archéologues, l'histoire des lieux, synthèse de deux grandes époques et représentant deux religions au moins, demeure largement méconnue, construite sur simples recoupements, loin de la vérité historique éprouvée et confortée par les outils scientifiques.

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Le petit musée de site
Dans un grand jardin mitoyen de la vieille mosquée «Sidi Ghanem», derrière un portail métallique anonyme, de nombreuses pièces archéologiques tout aussi anonymes jonchent le sol. Les lieux, accessibles aux visiteurs, font office de musée de site à Mila. La pièce maîtresse de ce petit musée, géré par l'Office de gestion et d'exploitation des biens culturels (Ogebc), est sans conteste la statue en marbre appelée «Milo», une sculpture sur marbre blanc représentant une forme humaine de près de deux mètres de hauteur, en position assise, au visage et aux membres indéterminés. Découverte en 1880 lors de fouilles menées par des archéologues français, la statue aujourd'hui exposée en plein air semble avoir été endommagée à en juger par l'état du buste, fendu et grossièrement restauré. Trônant au milieu du jardin, sans présentation, ni notice explicative, la statue serait d'origine numide, selon l'archéologue Amar Nouara. Le musée de site de Mila compte également dans sa collection deux sarcophages antiques ornés de sculptures, des fontaines romaines, de la mosaïque et de nombreuses bornes d'épigraphes et d'épitaphes dont la majeure partie provient de fouilles entreprises à l'époque coloniale ou de pièces restitués chez des particuliers. L'archéologue, également responsable de l'Ogebc dans la région affirme que «toute la collection (du musée) est inventoriée et répertoriée». Mais en l'absence d'un espace muséal qui convienne au potentiel archéologique et historique de Mila, les vestiges trouvés sont au mieux exposés dans cet espace (l'on en trouve aussi dans les jardins publics) où la seule mesure de sécurité prévue reste la présence d'un gardien. S'ils n'y courent «aucun danger», aux dires du responsable de l'Ogebc, les vestiges comme le petit musée qui les abrite ne sont pas valorisés, les panneaux de signalisation, fiches explicatives et autres études scénographiques nécessaires à toute exposition d'objets et de pièces archéologiques, faisant défaut à l'évidence.

L’artiste Bahia Rachedi choisit
Aïn Témouchent pour le tournage d’une émission télévisuelle sur son parcours
L’artiste Bahia Rachedi a choisi la ville d’Aïn Témouchent pour le tournage d’une émission télévisuelle sur son parcours culturel et artistique, a-t-on appris, hier, de cette actrice. «La Télévision nationale m’a consacré une émission culturelle sur mon itinéraire culturel et artistique que j’ai décidé de tourner à Aïn Témouchent", a-t-elle souligné en marge de la cérémonie d’ouverture du mois du patrimoine au niveau de la wilaya. «Cette émission sera entièrement tournée à Aïn Témouchent, une cité qui m’est très chère et que j’ai élue parmi plusieurs autres villes, pour raconter mon parcours artistique», a-t-elle ajouté. La cérémonie d’ouverture du mois du patrimoine, qui s’est déroulée au complexe culturel d’Aïn Témouchent, en présence des autorités locales et de nombreux artistes et hommes de culture, a été marquée par la présentation du programme de cette manifestation qui durera jusqu’au 18 mai prochain, ainsi que l’ouverture d’une exposition sur l’histoire de la wilaya d’Aïn Témouchent, l’antique Albulae et la capitale de la Numidie au riche patrimoine culturel et historique. Selon le directeur de la culture par intérim, Karim Bouarfa, le programme concocté porte sur l’organisation de plusieurs activités dans le cadre du 60e anniversaire de la révolution de novembre et de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015». Outre des soirées artistiques et théâtrales, des conférences et des sorties sur le terrain sont prévues par la direction de la culture pour visiter les sites et monuments historiques de la wilaya. Cette manifestation mettra en valeur, également, les traditions et coutumes de la wilaya d’Aïn Témouchent, ainsi que son art culinaire traditionnel.
 

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