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SIDI BEL-ABBÈS : L’ENIE, fleuron de l’industrie électronique

Après de longues années d’incertitude et d’appréhension, aux répercussions évidentes sur la vie de la cité de la Mekkerra et de sa population, le complexe industriel retrouve des couleurs.

PUBLIE LE : 31-03-2015 | 23:00
D.R

Après de longues années d’incertitude et d’appréhension, aux répercussions évidentes sur la vie de la cité de la Mekkerra et de sa population, le complexe industriel retrouve des couleurs.

Une fierté pour les habitants certainement, car il fut cet élément d’instauration d’un tissu industriel, un outil de promotion sociale et un espace de formation pour des milliers de jeunes. Il a été aussi ce moyen d’émancipation de la femme de l’Algérie profonde pour briser tous les tabous et enraciner la culture de l’égalité. Sur les 6.000 ouvriers de l’époque, en effet, pas moins de 2.000 opératrices et cadres participaient activement à l’activité d’une production qui se voulait multiple et complémentaire.
Circuits imprimés, condensateurs, tubes cathodiques et autres, la gamme de production ne laissait point oisif un collectif qui s’est graduellement familiarisé avec cette haute technologie de pointe pour maîtriser son processus. Même les zones du sud de la wilaya furent «contaminées» par l’introduction de cette technologie de pointe, puisque dans le cadre d’un redéploiement et d’une reconfiguration du complexe, deux unités, dans l’audio et les antennes, devaient voir le jour, respectivement à Telagh et à Ras El-Ma. Faut-il encore rappeler les répercussions et incidences de cette mutation industrielle dans la promotion des autres secteurs, notamment la santé, puisque la première société de médecine du travail a été créée à Sidi Bel-Abbès… C’est dire toute la dynamique provoquée par cette entreprise qui conditionnait la vie socio-économique de la région. «Sidi Bel-Abbès a la chance d’avoir ce grand complexe pour connaître, tôt ou tard, une certaine dimension. Elle demeure ce passage obligé pour le développement de la filière électronique», ne cessait de répéter son premier directeur général, il y plus de 35 ans. Une telle impression, qui restait confortée par un travail de recherche et d’innovation perpétuellement soutenu, était convaincante au vu des résultats enregistrés, des nouveaux produits mis au point et de l’évolution de l’esprit d’entreprise détecté dans l’analyse, le comportement et l’attitude de ses cadres.
Un esprit d’entreprise à travers l’initiation de projets futuristes dont on citera la création de l’unité des panneaux solaires, en 1984 déjà, et la conception des premiers prototypes. Autrefois Sonelec, la restructuration de l’entreprise dont le siège a été transféré à Sidi Bel-Abbès est intervenue, à point nommé, pour assurer une autonomie et attribuer plus de prérogatives et de liberté d’action aux gestionnaires, en prise avec la réalité et les contraintes des unités de production et d’un marché mondial constamment en évolution. La mesure de la décentralisation a permis une meilleure maîtrise de l’outil de production et une diversification de la gamme des produits électroniques  grand public, avec ce souci constant de perfectionner le taux d’intégration.
 Un départ en fanfare de cette entreprise, qui accélérait au fil du temps, en imposant une présence grâce à la fiabilité de ses produits et à la création d’un réseau national de maintenance dans toutes les régions du pays. S’il est vrai que la crise économique de 1986 a quelque peu ralenti sa cadence, il n’empêche que les changements opérés depuis 1988 ont secoué les fondements de cette entreprise, après notamment le départ de ses premiers promoteurs. Des mouvements ayant favorisé une instabilité pour s’écarter des principaux objectifs de la rentabilité et de la performance… Des secousses et des turbulences au gré des contextes pour brouiller l’image et douter de la performance avérée d’un écran conçu et développé par un collectif qui s’est spécialisé dans cette technologie de pointe, pour acquérir un savoir-faire en la matière et exceller dans la mise au point du tube cathodique, l’ENIE a subi malgré elle les effets d’une mutation économique nationale, arrivant difficilement à faire face à une ouverture où la concurrence demeure peu loyale. D’une restructuration à une autre, réduisant son champ d’action, des arrêts de travail et des grèves à caractère répétitif pour revendiquer la préservation d’un outil industriel... tout semblait être perdu en l’absence d’une vision et d’un véritable plan de charge, puisqu’on se contentait d’actes de montage de téléviseurs balayant de facto tout un processus de conception et de recherche, de fabrication et de production, d’adaptation et de mise à niveau aux normes internationales.
Des gestionnaires se sont succédé sans trouver les formes de relance pour abandonner la bataille et tourner le dos à cette entreprise devenue une véritable problématique. Et à chaque échéance électorale, le devenir de ce géant de l’électronique était soulevé pour constituer souvent un enjeu pour le formations politiques qui exploitaient cette situation de précarité pour convaincre ces centaines de travailleurs en attente d’une bouée de sauvetage ou d’une issue. Le Président de la République avait lors de la Foire internationale tenue à Alger, visité le stand de l’ENIE pour relever la performance des produits du complexe de Sidi Bel-Abbès et situer ses capacités de maîtrise de cette haute technologie de pointe. Un véritable acte de marketing comme pour inciter le responsable du département industriel et des gestionnaires de l’ENIE à revoir la copie et à œuvrer dans le sens de la réhabilitation de ce complexe. Ce clin d’œil s’assimilait, en fait, à un message fort pour la reprise et la relance, la remise à niveau et l’adaptation des unités aux exigences du progrès et de l’évolution de la filière… Un défi semblait être lancé, surtout que l’héritage était lourd à travers les dettes cumulées, se chiffrant à des centaines de milliards de dinars. Toujours est-il qu’une lueur d’espoir se dégageait à l’horizon pour motiver un collectif, mobiliser des cadres et soulager une population locale accrochée, à son tour, aux battements de ce complexe. Des tentatives de reconquête d’un marché furent initiées, mais assez timidement, dans la mesure où il fallait tout revoir et s’inscrire dans le temps pour la reconfiguration du complexe, la définition des perspectives à atteindre et l’élaboration d’une stratégie durable et soumise aux impératifs de l’évolution de la filière et d’un progrès technologique. La tendance au changement et à l’adaptation n’excluait nullement l’effort consenti dans le domaine du montage de nouveaux téléviseurs haut de gamme pour entretenir une activité, en dépit de tous les aléas et les contraintes d’un marché désormais inondé et peu conforme aux règles de la commercialité. Un véritable combat est livré par les gestionnaires qui tentaient de se maintenir et de s’acquitter des charges d’une masse salariale, nonobstant le départ des centaines d’ouvriers dans le cadre de la restructuration organique. Un combat relayé, le plus souvent, par une recherche des voies et moyens à mettre en œuvre dans le cadre du CPE pour le redressement de la situation, la réhabilitation du complexe et la modernisation des équipements.
Aussi entretenue soit-elle, une telle cadence ne suffisait pas pour arriver à une destination, au vu de la défaillance structurelle et financière de l’entreprise. Une situation de précarité menaçant l’existence même de ce complexe, se limitant à un montage de produits pour perdre tous les repères d’innovation et de recherche. Une précarité ayant soulevé des interrogations multiples, rendant la gestion problématique et entretenant une certaine psychose où s’entremêlaient les sentiments d’incertitude et de crainte.

2011, l’année de tous les espoirs…
Si de tels sentiments manifestés par tout un collectif des travailleurs demeurent légitimes, les préoccupations des pouvoirs publics convergeaient également pour reprendre le dossier de l’ENIE et d’explorer son contenu,  avant d’annoncer un plan de développement et fixer les axes stratégiques qui s’articulaient autour, principalement, de la reconquête des parts de marché de l’EGP, de la promotion de nouvelles activités à forte valeur ajoutée. En d’autres termes, il s’agissait d’adapter le produit à la demande du marché, de lancer le LCD, le LED et le PCP, de se lancer sur les produits professionnels et sous-ensembles, notamment les cartes, les modems, les monitors et les régulateurs, et de se spécialiser dans les solutions énergétiques à base de panneaux photovoltaïques, et produire au compte de partenaires.
Une enveloppe, de l’ordre de 14,240 de milliards de dinars, fut accordée par l’État pour la réhabilitation de l’infrastructure et l’acquisition de nouveaux équipements destinés à augmenter la production et à lancer de nouvelles gammes de produits dans les segments de l’intégration électronique, de la solution photovoltaïque, de la calibration et de l’étalonnage, de la recherche et du développement, de l’informatique, du circuit imprimé, de l’affichage à base de LED et de la télésurveillance…
De concert avec le SGP, un planning fut élaboré pour l’exécution de ce plan de charge qui a, en effet, mobilisé tout un collectif, constamment accroché à l’évolution du chantier. L’usine de l’intégration électronique, qui a été mise en service en février dernier, s’assimile à un coup d’envoi, donné de par sa consistance et sa modernité, sa base et son champ d’action demeurant conforme à la première vocation de l’entreprise. Ses objectifs tablent sur la fabrication de 1.000.000 de cartes électroniques/an, l’assemblage de 300.000 produits finis/an en téléviseurs LCD, LED et PDP, en monitors, décodeurs, appareils audio/vidéo et onduleurs avec une intégration de toutes les pièces plastiques et polystyrènes afférentes.
On compte, en revanche, réceptionner, le mois de mai prochain, celle de la fabrication des panneaux photovoltaïques dont la production en cellules est destinée, dans une deuxième phase, aux utilisateurs nationaux grâce à une partenariat technologique et industriel avec un leader dans le domaine. L’autre champ visé par l’ENIE, et à des coûts compétitifs, concerne les applications professionnelles, communautaires et d’électrification. Pour les unités d’étalonnage et de recherche, le rendez-vous est donné au mois de septembre prochain. C’est dire tout le rythme soutenu pour honorer un engagement et s’acquitter d’une mission devenue une raison d’être pour les gestionnaires. Des réunions d’évaluation, des cycles de formation des nouvelles recrues et des visites régulières de chantiers, une véritable course contre la montre est livrée pour relever le défi et s’inscrire dans le sillage de cette option industrielle et imposer un savoir faire national.
Un processus de modernisation est déclenché pour exiger, en plus d’une abnégation et d’un dévouement de tout le collectif, une stabilité et une sérénité garantissant le bon fonctionnement de cette entreprise qui revient de loin sans doute, mais pas sûr, au vu de l’importance des crédits accordés quant à sa réhabilitation…
A. B.


Le directeur général de l’ENIE, M. Djamel BEKARA à EL MOUDJAHID :
« Être au diapason de la stratégie industrielle »

M. Djamel Bekara, le directeur général de l’ENIE, ingénieur de formation, est à la tête du complexe industriel depuis trois années.
Il semble être déterminé à atteindre l’ensemble des objectifs assignés au titre du plan de développement.

Pour le gestionnaire, c’est là un défi à relever pour la préservation de cet outil de production et l’intérêt également d’une région dont la population s’est identifiée au mouvement de ses ouvriers .Un effort singulier est consenti par ce gestionnaire et ses collaborateurs, dans la tentative d’accompagner ce programme d’investissement pour la modernisation de l’entreprise. Une feuille de route, reposant sur l’optimalisation et la rationalisation, guide l’action de redéploiement. Il ne s’agit désormais plus d’occulter les paramètres de la compétitivité et de la performance, sachant que le marché est soumis à une rude concurrence. Et de tels enjeux sont parfaitement assimilés pour que l’approche obéisse, plus que jamais, à la rationalité. Dans cet entretien, il nous livre ses impressions…  
Après des années d’attente et d’incertitude, le coup d’envoi est donné à travers la mise en service récente de l’unité d’intégration électronique pour une réelle relance de l’activité du complexe. La couleur est-elle annoncée ?
Certainement. Toute une stratégie au caractère impératif est mise en œuvre pour s’imposer sur le marché et faire face à la concurrence. En fonction de la spécificité de notre usine, spécialisée dans la production des produits électroniques professionnels ou grand public, nous nous sommes concentrés sur cette vocation pour parfaire notre expérience, assurer une compétitivité et s’inscrire dans la durée. Il ne faut pas perdre de vue que, dans le cadre de l’approche globale de l’industrie nationale, notre complexe constitue désormais cette base électronique appelée à garantir des prestations au profit des opérateurs et à développer sa gamme de produits. C’est pour cette raison d’ailleurs que la notion de recherche figure dans l’agenda de nos priorités, à travers la création de laboratoires et le développement d’un esprit d’innovation. Sur ce registre, il y a lieu de préciser qu’un programme de collaboration avec la direction générale de la recherche scientifique du ministère de l’Enseignement supérieur est de mise pour la promotion des projets et l’encouragement de l’initiative.

À ce propos, peut-on connaître les perspectives de ce plan de développement
et de modernisation ?

Il serait utile, d’abord, de mettre en relief l’effort de l’État, traduit par l’effacement de la dette qui avoisinait les 24 milliards de dinars, sans compter l’injection de 15 autres milliards, alloués pour la mise à niveau et la modernisation de l’outil de production. Une somme conséquente, frôlant les 400 millions de dinars, est consacré au chapitre de la formation. C’est dire toute l’attention accordée à ce complexe dont les perspectives s’articulent autour de la promotion, de l’intégration électronique, de la solution photovoltaïque, de la calibration et de l’étalonnage, de la recherche et du développement, de l’informatique, du circuit imprimé, de la vidéo surveillance…
À notre actif, on a enregistré déjà une notification officielle des organismes compétents d’accréditation pour la certification Iso version 2008, relative au système de management de la qualité. Graduellement, mais sûrement, l’ENIE renoue avec ses repères et reste confortée par l’intérêt qui lui est accordé par le ministre de l’Industrie et de sa place dans l’échiquier économique. Un échiquier reposant fondamentalement sur la promotion de la production nationale et la motivation des opérateurs.
Le mois de février dernier a été caractérisé par la réception de l’unité de l’intégration économique, alors que mai prochain, on inaugurera celle de la photovoltaïque et de la calibration. Septembre, le rendez-vous est donné pour la livraison de l’unité de recherche et de développement. Cet axe ne doit nullement dissimuler l’autre tendance de développement des faisceaux de cables, de la caméra de surveillance et l’affichage à base de LED dans le souci de conquérir un marché, et de se placer en précurseur dans l’activité…
Des ambitions sont affichées. Ainsi, il est envisagé un recrutement massif au cours de l’exécution de tout cet investissement. Peut-on savoir les contours de cette opération tant attendue par les jeunes universitaires notamment ?
Évidemment, il va y avoir du recrutement, mais il sera rationnel et obéira aux paramètres du niveau intellectuel et de la compétence. En clair, une bonne gestion du volet des ressources humaines pour se conformer aux normes de la rentabilité et de l’efficacité. La priorité sera accordée systématiquement aux jeunes universitaires et ingénieurs.
Déjà, on assiste, avec la mise en service de cette unité de l’intégration électronique, à un rajeunissement de l’effectif pour justement enraciner une nouvelle culture et lever le niveau de production. Bref, on est à l’écoute avec, toutefois, ce souci constant de créer une richesse et d’influer sur notre environnement.

Beaucoup a été dit sur le partenariat de l’ENIE avec des opérateurs nationaux et étrangers, et le développement de la sous-traitance. Peut-on avoir plus de précisions à ce sujet ?
Il est évident qu’on ne peut évoluer sans un partenariat, aux intérêts mutuels bien entendu, pour acquérir un savoir-faire et perfectionner notre système de gestion et de production. Notre ambition est toutefois de réaliser des contrats avec des partenaires de renommée internationale pour la crédibilité de notre image de marque.
À ce propos, il y a des discussions qui sont engagées avec quelques firmes …  Au chapitre de la sous-traitance, il est indispensable de s’inscrire dans l’esprit de la stratégie nationale de l’industrie qui s’est concentré sur le rôle du complexe dans le domaine de l’électronique dans l’assurance des prestations de service.
Quelques projets sont en voie de maturation et dont je citerai la confection des cartes électroniques au profit de Renault, la confection de relais avec un opérateur allemand et la fabrication de produits domestiques avec quelques importateurs.
Nous sommes en pleine mutation pour réhabiliter une activité et constituer ce passage obligé dans la filière.

Justement, le ministre de l’Industrie et des Mines a, lors de sa visite à Sidi Bel-Abbès, situé l’importance de la filière de l’électronique dans cette grande stratégie conçue pour la promotion de la production nationale et relevé le rôle de l’ENIE dans cette nouvelle dynamique. Êtes-vous sur la même longueur d’onde ?
C’est là le défi à relever incontestablement. Nous avons, aujourd’hui, tous les moyens pour atteindre nos objectifs et attribuer une authentique signification à ce pôle de l’électronique.
Un savoir-faire et une détermination, tout semble concourir à de meilleurs résultats, surtout que ce complexe se caractérise par une flexibilité pour une diversification et une prise en charge des besoins nationaux en la matière.
Peut-être que nous avons besoin d’une sérénité et d’une stabilité pour accompagner cette mutation. Et là je m’adresse à tout le collectif pour faire preuve de responsabilité et de maturité dans la perspective de rentabiliser cet effort d’investissement et de préserver cet outil de production.

Un dernier mot ?
Je dois dire que la locomotive a été mise sur rails pour parcourir de longues distances et voyager dans le monde de la technologie de pointe tout en se familiarisant avec les innovations et les découvertes, grâce à une science évoluant à une vitesse vertigineuse. Une science au service de l’épanouissement et du développement…
Je remercie, enfin, le journal El Moudjahid qui m’a offert l’occasion de passer en revue les étapes d’investissement pour la modernisation de notre entreprise.
    Propos recueillis par A. B.


Un pôle électronique d’excellence

La vocation première de la wilaya qui est l’agriculture, avec évidemment ses riches plaines, ses montagnes, ses forets et sa steppe, n’a guère empêché l’industrie de réaliser une véritable percée pour lui attribuer de nouveaux atouts et lui accorder une certaine dimension au plan régional. L’implantation dans les années 1970 de l’ENIE et du PMA, c’est-à-dire l’électronique et le machinisme agricole a métamorphosé cette région, même si autrefois des traditions dans les domaines  des chemins de fer et la transformation agricole étaient fortement enracinées pour, entre autres, promouvoir un esprit syndical et une tendance ouvrière.
Ce n’est guère fortuit, d’ailleurs, si la première Assemblée communale communiste en Algérie, durant la période coloniale, a été Sidi Bel-Abbès de par cette forte concentration de cheminots.
Bref, des réflexes, aussi timides soient-ils, ont été réconciliés avec la mise en service de ces deux imposants complexes dont l’activité a bouleversé les comportements et les attitudes d’une population locale.
Une population ayant pris connaissance, même superficiellement, de deux systèmes de gestion et de production jugés les plus performants au monde, allemand et américain, puisque ils avaient la charge de réaliser ces deux complexes, PMA et ENIE, à la formule clé en main.
Mais, c’est au niveau de l’ENIE que l’expérience était très riche, compte tenu de la nouveauté et de la spécificité de l’activité, car il s’agit d’une technologie de pointe pour donner une allure industrielle à cette région et mettre en évidence sa position géographique, carrefour de transit de l’ouest du pays. Une position davantage valorisée par les nouveaux projets structurants, à savoir une extension des lignes de chemins de fer menant jusqu’au Grand Sud et le tramway, sans compter la mutation d’une université disposant aujourd’hui de deux pôles.
La relance  de l’ENIE intervient à point nommé pour, non seulement créer de l’emploi et générer des richesses, mais encore pour apposer définitivement le sceau de la qualification de pôle électronique.
Un pôle en croissance si l’on s’appuie encore sur ce vaste programme d’investissement de l’ANP dans le développement de la télécommunication à proximité des unités de cette entreprise comme pour assurer une certaine complémentarité dans cette activité dont l’exploitation de ses divers et multiples  créneaux pourrait garantir une croissance.
C’est de cette exploitation sans doute qu’il s’agit aujourd’hui, grâce au partenariat et à la sous-traitance. La réflexion est d’ores et déjà engagée par le ministère et les gestionnaires que les spécialistes de la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique du ministère de l’Enseignement supérieur à l’effet de réaliser cette optimalisation des ressources humaines et d’atteindre cette performance dans la fabrication et la qualité du produit.
Un salon national de l’électronique sera organisé la fin de ce semestre pour explorer les voies de rendements et mettre en application les formules arrêtées dans le traitement et la recherche…
À la faveur d’une nouvelle approche et d’une volonté politique également, la fiabilité tant désirée s'esquisse et prend forme et pour renouer avec une activité électronique et pour aussi employer cette haute technologie de pointe et de précision au service de l’industrie nationale.
La cité de la Mekkerra aura l’insigne honneur de conduire de la locomotive…
    A. B.


Le pari à gagner

l Un programme de modernisation des équipements, de nouvelles unités créées et un plan de développement pour la promotion de la gamme des produits de l’ENIE… En fait, tout un processus est déclenché à la faveur de la nouvelle stratégie industrielle qui repose fondamentalement sur la dynamisation de l’investissement, la motivation des opérateurs et l’encouragement de la production nationale. Des groupes ont été érigés pour accompagner un redéploiement et assurer le suivi des recommandations de cette approche qui se veut une relance pour générer des richesses et créer des emplois, surtout en cette phase si singularisée par une chute des prix des hydrocarbures, avec l’ensemble des incidences sur le pays. Des milliers de milliards ont été injectés dans la perspective de réhabiliter cet outil de fabrication et de le rendre compétitif sur un marché désormais ouvert à la concurrence, même si la boîté en question dispose d’un certain nombre d’atouts à faire valoir pour imposer une présence et constituer le premier pôle électronique du pays. Grâce à un savoir-faire, à un capital expérience et à un réseau très étendu de commercialisation et de maintenance, l’ENIE pourrait jouer le rôle de locomotive dans cette filière pour assurer une mission de support dans cette forte dynamique industrielle. Et les discussions engagées avec quelques opérateurs étrangers et nationaux, au titre du partenariat ou de la sous-traitance, confortent une telle impression et affirment les aptitudes et capacités de cette entreprise. Dans les domaines des circuits imprimés, des cartes électroniques, de la photovoltaïque, de la calibration et de l’étalonnage, de l’informatique, de la télésurveillance, le champ d’action s’est élargi, tout en veillant à une spécialisation de l’activité et en se conformant à la vocation première de l’entreprise. En somme, l’État, par la volonté politique de son premier responsable, a mis tous les moyens pour permettre à cette entreprise de se redéployer, de s’équiper et de se moderniser pour faire face aux exigences d’une économie nationale, désormais soumise aux paramètres de l’efficacité, de la rigueur et de la rentabilité. Le pari à tenir par les gestionnaires réside dans la valorisation de tout cet investissement, en veillant à l’observation des notions de performance et de compétitivité. Effectivement, si des années durant une certaine concentration et des gestionnaires et du collectif des travailleurs sur des revendications autour de la nécessité de l’élaboration d’un plan de charge et de la préservation de l’emploi, des revendications appuyées par des arrêts de travail et des grèves de faim parfois, il y a aujourd’hui une sensible amélioration pour se permettre tous les espoirs. Il reste que la balle est dans le camp de ces gestionnaires et de ces travailleurs sommés de s’entendre sur l’essentiel, c’est-à-dire de contribuer à l’instauration d’une stabilité et d’une sérénité, et de participer à un véritable décollage de cette entreprise. Le message du ministre de l’Industrie et des Mines, lors de sa récente visite, à l’adresse des représentants du syndicat fut d’une grande clarté pour interpeller tout un collectif : «Remboursez les dettes et le reste est à vous…»                      
    A. B.


 

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