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Treize sur elle, première parution d’Amel Bouchareb : Des tableaux peints au féminin

À peine âgée de trente ans, la jeune auteure algérienne Amel Bouchareb a édité son premier recueil de nouvelles aux éditions Chihab, sous l’intitulé Alayha talatata achar (treinze sur elle).

PUBLIE LE : 25-01-2015 | 0:00
D.R

À peine âgée de trente ans, la jeune auteure algérienne Amel Bouchareb a édité son premier recueil de nouvelles aux éditions Chihab, sous l’intitulé Alayha talatata achar (treinze sur elle).

Rencontrée au dernier Salon international du livre d’Alger (SILA), elle revient sur cet ouvrage qui aborde le sujet de la femme avec ses peines et ses plaisirs, écrit dans un style narratif contemporain, dans lequel la verve poétique trouve une place importante. Ayant déjà décroché un prix au festival international de la littérature et du livre de jeunesse en 2008, la première parution d’Amel Bouchareb entraîne le lecteur dans les coulisses d’un monde où la femme trouve toujours de l’empathie à l’odalisque qui est en elle, un monde gouverné par les sultans du XIXe siècle, et qui hantent les tréfonds sombres des femmes qui demeurent en conflit avec leur tenue vestimentaire, la couleur de leur peau, et qui sont en lice pour gagner l’estime de leur maitre.
Dans un développement d’idées carrément implicite, la jeune auteure maîtrise l’élément de l’enthousiasme et de l’énigme qui constitue la pierre angulaire de toute œuvre littéraire. «Je préfère laisser un champ de liberté au lecteur, sans que le texte soit pétri des interprétations de l’auteur qui, d’une façon ou d’une autre, essayera de s’imposer au lecteur. Lire un texte, c’est s’aventurer dans la découverte sans pour autant avoir recours aux antécédents de l’auteur, qui peut perturber, voire égarer le raisonnement du lecteur sans le vouloir», a expliqué Amel Bouchareb. Sur la question d’élucider le fil conducteur des treize textes, et l’éventuelle relation entre les protagonistes des treize nouvelles, l’auteure indique que le dernier tableau comporte un élément de liaison entre les treize histoires, ainsi qu’une projection sur le verset coranique qui a inspiré le titre du recueil. «Il est vrai que l’auteur doit avoir un point de départ pour se lancer dans l’écriture, c’est aussi ce qui fait la magie de la littérature qui n’est pas une science exacte. Chaque lecteur a la fin du livre sort avec sa propre lecture, je pense qu’aucun auteur n’a le droit d’interpréter son texte ou d’imposer une quiconque lecture», a-t-elle encore noté.
Sa cigarette, la Brunette, les Rêves d’une idiote, le Masque, Parle !, ou encore Modestie intellectuelle sont entre autres les titres des nouvelles proposées par l’auteure. L’aspect psychologique est important dans le livre, toutes les femmes protagonistes des treize nouvelles, entre étudiante, journaliste et chercheuse, passent par le fauteuil et leur chagrin de vie est disséqué dans un style littéraire ouvert à plusieurs lectures. Née à Damas en Syrie et établie à l’étranger, Amel Bouchareb a franchi l’univers littéraire par un recueil de nouvelles, où elle explique son choix : «Chaque jeune auteur commence soit par la poésie ou par la nouvelle qui est également un exercice pour le roman. Mes orientations ne sont pas poétiques, je me retrouve bien dans la narration.»
    Kader Bentounès

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