jeudi 04 juin 2020 22:57:25

Aprés l’attentat contre charlie Hebdo et la prise d’otages dans un supermarché : Les trois assaillants tués, des morts parmi les otages

Les deux prises d’otages en France ont pris fin, hier après-midi, après l’assaut policier qui a tué tous les auteurs de ces attaques mais a fait aussi des morts parmi les otages, deux jours après l’attentat sanglant mené contre le journal français Charlie Hebdo.

PUBLIE LE : 10-01-2015 | 0:00
D.R

Les deux prises d’otages en France ont pris fin, hier après-midi, après l’assaut policier qui a tué tous les auteurs de ces attaques  mais a fait aussi des morts parmi les otages, deux jours après l’attentat sanglant  mené contre le journal français Charlie Hebdo.

Les auteurs présumés de l’attaque mercredi à Paris contre le journal  Charlie Hebdo qui a fait 12 morts ont été tués dans un assaut des forces de  police françaises contre une imprimerie au nord-est de la capitale où ils retenaient un otage qui a été libéré indemne, selon des sources proches de l’enquête citées par l’AFP.
Le second assaut policier a tué l’auteur de la prise d’otages dans le supermarché casher de Paris, selon des sources policières. L’assaillant serait  lié aux suspects de l’attentat contre Charlie Hebdo, et est suspecté aussi  d’avoir tué, la veille, une jeune policière municipale à Montrouge, dans la banlieue sud de la capitale.
Après plusieurs détonations, des policiers ont pénétré dans le magasin.  Au moins cinq otages ont été libérés peu après par des policiers, selon l’AFP.  Cependant, quatre autres personnes ont été tuées lors de l’assaut ou de la fusillade qui s’était produite au début de la prise d’otage dans le supermarché, d’après la même source. Et selon une source sécuritaire, quatre blessés se trouvaient dans un état très grave. Aprés ce dénouement, le président français François Hollande s’adressera  sous peu aux Français à la télévision, a annoncé l’Élysée.      
Marche demain à Paris           
À la suite des attentats qui ont frappé la France ces derniers jours et provoqué un tollé international, une grande «marche républicaine» est prévue demain à Paris à l’appel de la quasi totalité des dirigeants politiques, syndicaux et religieux de France. Le président François Hollande envisage d’y participer, selon son entourage.
Plusieurs dirigeants européens ont déjà annoncé leur présence à la manifestation, demain à Paris, notamment le Premier ministre David Cameron, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy et le président du Conseil européen Donald Tusk.
D’autres rassemblements sont aussi prévus demain dans plusieurs grandes villes du pays, selon l’AFP.
Par ailleurs, les condamnations de l’attentat contre le journal Charlie  Hebdo se poursuivent : la présidente de la Commission de l’Union africaine,  Nkosazana Dlamini-Zuma, a fermement condamné jeudi l’attaque «terroriste» contre le siège du journal français. Il s’agit, selon elle, d’«une attaque claire contre la liberté de la presse et toutes les formes de liberté d’expression».
En outre, une minute de silence a été observée jeudi au Conseil de sécurité des Nations unies en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. Et l’ambassadeur chilien qui préside le conseil en janvier, Cristian Barros Melet, a exprimé «la profonde tristesse du Conseil devant l’attaque intolérable qui a eu lieu mercredi à Paris».
De leur côté, les imams des principales mosquées de France ont condamné, lors de la grande prière du vendredi, les violences commises au nom de l’islam, dans leur réaction à l’attaque du journal Charlie Hebdo.           Dans le même sillage, le chef de plus haute autorité religieuse de Turquie,  Mehmet Gormez, a dénoncé l’utilisation de l’islam comme un prétexte pour l’attaque sanglante contre le journal français, jugeant que cette action «inacceptable vise toutes les confessions».


Ban Ki-moon se dit « soulagé et solidaire » avec la France 

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré, hier, «soulagé» à l'annonce de la mort des deux responsables de l'attentat contre Charlie Hebdo et a exprimé sa solidarité envers la France.  «Je suis soulagé que ces terroristes aient été tués par les autorités françaises», a-t-il déclaré à la mission française auprès de l'ONU où il s'est rendu pour signer le registre de condoléances ouvert en hommage aux victimes de l'attentat. «Au nom de l'Organisation des Nations unies j'adresse mes sincères condoléances aux familles des victimes de l'effroyable attentat perpétré contre la revue Charlie Hebdo. Nous sommes solidaires du peuple français», a écrit en français M. Ban dans le registre.          
«J'ai confiance que, même dans ces jours sombres, la France continuera de montrer la voie de la liberté et de la tolérance», a-t-il ajouté. Les auteurs présumés de l'attentat sanglant contre Charlie  Hebdo, ont été tués hier soir, ainsi qu'un autre preneur d'otages qui leur était lié, au terme d'une journée dramatique marquée par une prise d'otage meurtrière en plein Paris.


 syndicat national des journalistes
« un acte ignoble »   


Le Syndicat national des journalistes (algériens) (SNJ) a condamné jeudi, avec «une extrême vigueur», l'acte terroriste perpétré la veille à Paris, contre le journal français Charlie Hebdo, a indiqué le syndicat dans un communiqué. «Le terrifiant attentat terroriste qui a frappé le journal satirique français Charlie Hebdo (la veille mercredi) faisant 12 morts et 11 blessés a horrifié le monde entier, la corporation des journalistes en particulier», a-t-on souligné. Le SNJ «condamne avec une extrême vigueur cet acte ignoble et barbare, ses auteurs ainsi que ses commanditaires et tient à exprimer ses condoléances à l'ensemble des familles et des proches des confrères assassinés ainsi qu'il souhaite un prompt rétablissement aux blessés», a-t-on ajouté. Le syndicat pour qui «rien, pas la moindre cause, ne peut justifier la terreur», a rappelé que la presse en Algérie, «mieux qu'aucune autre corporation dans le monde, en sait quelque chose, elle qui, durant l'infernale période du terrorisme, a perdu plus de cent journalistes et assimilés dont les vies avaient été ravies par le terrorisme».


L'UGTA condamne « vigoureusement » l'attentat perpétré
contre le journal Charlie Hebdo

L'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a condamné «vigoureusement», jeudi, l'attentat perpétré contre le journal Charlie Hebdo, le qualifiant d'acte «barbare que rien ne peut justifier».
«L'UGTA a appris avec consternation l'attaque terroriste perpétrée contre  le journal Charlie Hebdo et qui a provoqué la perte de nombreuses vies humaines», relève le secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Said, dans les messages adressés au collectif du journal et à trois syndicats français (Force ouvrière, Confédération générale du travail, Confédération française démocratique du travail).
«Je tiens à vous exprimer ainsi qu'aux membres de votre journal et aux proches des victimes, au nom des travailleurs algériens, au nom de l'UGTA et en mon nom personnel, nos condoléances les plus attristées, ainsi que notre  condamnation vigoureuse de cet acte barbare que rien ne peut justifier», relève  la même source. «Les travailleurs algériens et notre peuple qui ont souffert pendant de longues années des affres du terrorisme, mesurent la douleur des familles des victimes et nous exprimons, à travers vous, notre solidarité et notre sympathie», a ajouté M. Sidi Saïd dans ses messages.


Charlie Hebdo : après le choc, les interrogations

Il faut combattre par tous les moyens le radicalisme. C’est une nécessité évidente et absolue. Parce que le radicalisme adopte les moyens et les techniques de la violence physique et importe dans l’espace urbain les méthodes et les armes de la guerre. L’armement, le modus operandi de l’attaque des deux français suspectés de la tuerie de Charlie Hebdo qui a fait douze morts et traumatisé toute une nation, et même au-delà, le prouvent amplement. Ce n’est pas la première fois (et hélas pas la dernière) que le déplacement de l’action militaire, sous ses formes terroristes, vient s’en prendre aux civils. Des actes terroristes d’une extrême barbarie portés, systématiquement, contre des symboles qui charpentent la modernité, notamment l’école, les médias ou cimentent la cohésion sociale tels les endroits rassembleurs, stades, lieux de culte et autres espaces de convivialité ou tout simplement malveillants, profanation de cimetières, graffitis haineux, sites et réseaux sociaux qui distillent la haine et fédèrent des individus balisent, en permanence, l’environnement moral et intellectuel de toute la planète.
Si l’histoire qui va confirmer, certainement dans les prochaines heures, le crime des frères Kouachi, ces derniers vont rejoindre, la longue liste des sinistres individus qui ont laissé une trainée de sang dans la société qui les a vu naitre, grandir et évoluer.  Le tueur au scooter de Toulouse ou celui du musée de Bruxelles, tous français, font partie de cette horde qui va au-delà des frontières d’un seul pays en s’alimentant de courants racistes, xénophobes portés d’une façon «policée» par certaines élites et traduites, sur le terrain, avec une brutalité bestiale. Il faut, peut-être, remonter  à l’été 2011 pour retrouver en occident un acte d’une telle barbarie qui a soulevé une indignation planétaire. Anders Behring Breivik a perpétré et revendiqué l'exécution des attentats du 22 juillet 2011 en Norvège qui ont fait un total de 77 morts et 151 blessés. Ce Danois à la particularité sinistre de résumer tous les travers des courants radicaux occidentaux : haine de l'islam, du marxisme culturel, rejet des partis politiques européens, éradication de «l'Eurabia» et du multiculturalisme et la déportation de tous les musulmans hors d’Europe. Une vision démentielle d’autant plus effrayante que le défenseur de ces idées extrémistes est passé à l’acte.
Traiter le terrorisme pour ce qu’il est
Le terrorisme est antérieur à l’islamisme. Mais, pour des raisons historiques, c’est, certes, l’islamisme qui porte sur ses épaules, de nos jours, les habits hideux de la violence et de la barbarie.  Il faut, cependant, rappeler, que des mouvements armés, ségrégationnistes, ont, de par le passé, eu recours au terrorisme. Parce que le terrorisme n’est pas chevillé à une religion, une idéologie ou une politique particulières qui, si elles venaient à disparaître, signifierait la fin de l’action terroriste. Quel historien, quel homme politique va croire  à ces chimères ?
Le terrorisme est, en vérité et malheureusement, une action militaire violente, sanglante au sein d’une population au nom de raisons aussi diverses et illimitées que la bêtise humaine. Faut-il rappeler que, hier, le Ku Klux Klan s’est habillé du protestantisme pour terroriser et qu’aujourd’hui, Al Qaida ou l’État islamique commettent les pires atrocités en détournant l’un des plus beaux messages de Dieu ?
Les faits sont là, cruels. Faut-il s’arrêter à ce niveau de constat, s’engluer dans l’émotion ou poser les bonnes questions, pour avoir les bonnes réponses et les parades efficaces contre ce mal profond qui traverse toutes les sociétés, toutes les communautés, tous les États et se soucie fort peu des appartenances idéologiques ou religieuses ? Le choc a laissé place à une émotion somme toute légitime mais celle-ci qui devrait préfigurer l’étape des questions et des interrogations, voire une autocritique de certaines élites politiques et intellectuelles se trouve, maintenant, parasité à l’occasion de la marche qui aura lieu demain dans toute la France pour montrer que le pays reste uni face à l’adversité. Le cheminement paraît normal dans un environnement travaillé en sous-main par des années (des décennies) de phrases «assassines», de plafond de verre, d’évaluation citoyenne à l’aune de la couleur, du nom, de la religion, du quartier, du faciès ou de la taille.
Ce serait commettre un mensonge historique que d’isoler l’horreur qui a frappé les consciences et décimé toute une rédaction de toute une problématique dans laquelle des individus ou des groupes revendiquent la violence et la haine comme mode d’expression vis-à-vis de l’autre. Des dizaines, voire des centaines de Français, d’Allemands, d’Anglais… sont aspirés dans cette violence qui se déroule dans la barbarie en Irak, en Syrie, en Libye, au Sahel et qui s’étend logiquement en Europe, ne serait-ce que par l’origine et le lieu de résidence de ces «terroristes aux yeux bleus». Dans ce marécage de l’émotion des voix essaient de se faire entendre pour alerter sur ce piège de l’action radicale à l’exemple de Robert Badinter, ancien garde des Sceaux français qui déclare «Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime et la violence intercommunautaires, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides».

Sans amalgame
À Dresde (Allemagne), où vit dans une parfaite invisibilité citoyenne une petite minorité musulmane, depuis plusieurs semaines, le mouvement des «Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident» (Pegida) mobilise des milliers de personnes. Dans cette région, La Saxe, land qui mobilise le plus de sympathisants de Pegida, a longtemps été le fief du parti d'extrême-droite NPD, là où, pourtant, les musulmans représentent moins de 1% de la population... En Isère (France), un lycéen de 17 ans, d'origine maghrébine, a été frappé, humilié, injurié par un groupe en marge de la minute de silence observée devant son lycée.
Dans le Rhône, une explosion est survenue dans un restaurant-snack près d'une mosquée… et la liste de ces actes, sur l’échelle de la bêtise et de l’intolérance est toujours ouverte. On peut comprendre qu’un citoyen lambda peut verser dans l’excès ou l’incompréhension des racines d’un problème. Mais faut-il accepter les actes (même en paroles) de ceux qui font l’opinion publique et qui portent même d’une façon infime une part de responsabilité dans cette violence diffuse ?

…ni manipulation
Quand un écrivain, lauréat d’un prix littéraire prestigieux, confond liberté de pensée avec l’offense et l’insulte et dit publiquement que pour l’Islam, il a «plus que du mépris, de la haine»… Quand il écrit dans un de ses romans : «Chaque fois que j’apprenais qu’un terroriste palestinien, ou un enfant palestinien ou une femme enceinte palestinienne avait été abattu par balles dans la bande de Gaza, j’éprouvais un tressaillement d’enthousiasme…».
Quand il confond une religion avec ses travers en affirmant : «Qu’est-ce qu’ils peuvent voter, les musulmans de France ? Ils ne peuvent pas voter pour des socialistes qui mettent en place le mariage homosexuel. Ils ne vont quand même pas voter non plus pour des gens de droite qui veulent les virer. La seule solution serait effectivement la constitution d'un parti musulman», il y a de quoi se poser des questions. Mais la réponse ne peut être, pour reprendre Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, que sur le terrain des idées. La confrontation doit être exclusivement intellectuelle. Il faut dénoncer, combattre ceux qui envoient des paumés qui n’ont, certainement, jamais feuilleté un journal, commettre l’innommable.
Qu’est-ce qui empêche de traiter Soumission pour ce qu’il est : une version «bande dessinée» d’un autre ouvrage beaucoup plus pernicieux sur le «suicide français» ? Exclure une partie de la population qui vit sereinement dans un environnement sociologique global sa dimension citoyenne à cause de critères géographiques, physiques ou idéologiques est une démarche qui a conduit l’humanité à l’un des plus sanglants conflits du XXe siècle. «Éxiger» d’une communauté de se désolidariser d’un acte barbare sous prétexte que les criminels se revendiquent d’une croyance à laquelle elle appartient revient à demander à des citoyens d’arborer le signe distinctif du croissant comme on l’a exigé, dans le passé, pour une autre communauté de coudre sur leurs habits la croix de David.
C’est cette actualité qui explique, en partie, le refus de certaines formations politiques françaises d’associer à leur démarche citoyenne un parti politique qui a fait de la division, de la haine, de l’inculture politique, des peurs et du rejet de l’autre son fonds de commerce politique. Aujourd’hui, nous sommes tous les frères de Charlie. Ahmed est le prénom du policier et Mustapha est le prénom du journaliste, tous deux assassinés dans cette tragédie de Charlie Hebdo.
Mohamed Koursi 

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