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L’adoption par la Kafala : Les appels pour faciliter cette option de plus en plus nombreux

De plus en plus de couples algériens établis dans le pays ou à l’étranger expriment le vœu d’adopter par la Kafala des enfants orphelins, abandonnés ou nés de parents inconnus.

PUBLIE LE : 08-11-2014 | 0:00
D.R

De plus en plus de couples algériens établis dans le pays ou à l’étranger expriment le vœu d’adopter par la Kafala des enfants orphelins, abandonnés ou nés de parents inconnus.  
Ce désir de prendre en charge un enfant abandonné se fait de plus en plus ressentir.

Cependant, pour les couples qui demandent la kafala, le parcours pour pouvoir jouir un jour d’un sentiment paternel ou maternel tant recherché est semé d’embûches et les formalités particulièrement fastidieuses ne facilitent pas le placement de ces enfants abandonnés au sein d’une famille.
Depuis des années, les hommes de loi, les associations en charge de ces enfants ainsi que les couples qui aspirent à les adopter réclament et plaident pour l’amélioration des conditions de la kafala. L’association  Enfance et Familles d'Accueil Bénévoles (Aaefab) reconnaît que « la loi sur la kafala a permis à des millions d'enfants de partager une chaleur familiale, mais aujourd'hui ces enfants et ces parents font face à d'autres difficultés.  Il est important d'œuvrer pour le renforcement de la législation dans le but d'améliorer cette loi et permettre à ces enfants d'avoir une identité et une famille ». Les responsables de l’association rappellent  les problèmes rencontrés par les parents adoptifs, notamment l'inscription de l'enfant adopté dans le livret de famille et l'épineux problème qui se pose à ces parents de dire à l'enfant la vérité sur sa filiation.  
Pour différentes raisons et principalement parce qu’elles ne peuvent garder leur enfant, les mères célibataires coupent tout contact avec leur bébé, les abandonnent et gardent l’anonymat. Elles ne laissent ni trace, ni adresse, ni nom, préférant s’éclipser pour ne pas affronter les regards accusateurs d’une société intransigeante. Du coup, l’enfant n’a aucune donnée sur sa filiation. Les parents adoptifs ainsi que les associations qui les représentent plaident pour le passage à la seconde étape du processus d'insertion de l'enfant privé de famille, à savoir son inscription dans le livret de famille. « Privés de l'accès au livret de famille, les enfants relevant de la kafila sont exposés, malgré la possession d'un extrait de naissance, à la stigmatisation de l'entourage aux conséquences ravageuses, spécialement en milieu scolaire, qui sollicite beaucoup ce type de document », a dit une mère adoptive.  Il faut dire que les parents adoptifs vivent très mal cette situation, et  ne comprennent pas le pourquoi de cette œuvre inachevée dans le processus de kafala du moment que toutes les précautions ont été prises dans le décret de juillet 1992, qui a institué «la concordance de noms».
Ces précautions sont d'abord religieuses, puisque la filiation n'est pas consignée dans l'extrait de naissance délivré à l'enfant makfoul et la charia a été respectée sur avis du Haut conseil islamique de l'époque,  et diverses autres personnalités religieuses. « Ce fut de l'Ijtihad au bénéfice de l'intérêt suprême de l'enfant et c'est ce qui manque cruellement aujourd'hui. L'engouement pour la kafala est tel aujourd'hui que les directions de l'action sociale (DAS) qui délivrent les agréments sont assaillies de demandes, notamment dans les grandes villes. Il faut une à deux années d'attente pour pouvoir voir son dossier aboutir. Pourtant, psychologues et spécialistes ne cessent de dire que la première des précautions à prendre avec ces enfants, est de laisser le moins de temps possible le nourrisson à l'hôpital où il est né sous « X », lieu qui n'assure guère une prise en charge affective. Cela a été d’ailleurs prouvé scientifiquement ; l'enfant abandonné développe des carences après trois mois, lorsqu'il n'est pas pris en charge par des nourrices spécialisées et formées.
Il est donc plus que temps d’ouvrir le débat et la réflexion autour des dispositions de cette kafala afin d’améliorer et faciliter les procédures d’adoption.
Farida Larbi

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