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Crépuscule des Ombres, de Mohamed Lakhdar Hamina : Un road-movie infernal dans le désert algérien

Une nouvelle production traitant de la guerre de Libération nationale fait son entrée dans le cinéma algérien

PUBLIE LE : 30-10-2014 | 0:00
D.R

Une nouvelle production traitant de la guerre de Libération nationale fait son entrée dans le cinéma algérien. Il faut dire que durant ces dernières années, nos cinéastes ont pour la plupart répondu favorablement à la demande du ministère de la Culture qui propose des fonds d’aide à la réalisation, en partenariat avec le sponsoring d’importantes entreprises publiques.

Ainsi, un réalisateur comme Mohamed Lakhdar Hamina qui avait donné au lendemain de l’Indépendance, la seule et unique Palme d’Or au cinéma africain et arabe, en 1975, avec notamment Chronique des années de braises, revient cette année après une longue absence du 7e art algérien avec un film long métrage intitulé Crépuscule des Ombres.
Le titre de cette superproduction dont la symbolique renvoie à une autre belle expression bien connue des artistes et écrivains, est une coproduction AARC et Sunset Entertainment, le FDATIC, le Centre national des études et recherches sur l’histoire du mouvement national et sur la Révolution du 1er Novembre 1954, une réalisation à laquelle a contribué en partie le support financier de la Sonatrach. Cette nouvelle création cinématographique sera projetée pour la presse en avant-première demain en présence du réalisateur et des comédiens Laurent Hennequin, Samir Boitard et Nicolas Bridet, à la salle El-Mougar dans la matinée à partir de 10 heures.  Ce film, d’une durée de 110 mn et dont le montage et la réalisation viennent tout juste de se terminer et qui n’a pas encore été projeté en France, vient enrichir le palmarès des œuvres algériennes qui se proposent d’explorer une époque charnière de la lutte de Libération nationale avec, comme nous y a habitué le travail d’un grand cinéaste comme Lakhdar Hamina, un regard assurément neuf sur le traitement esthétique de notre histoire nationale.  Comme l’indique le synopsis de cette fiction, l’histoire se déroule en 1958, quatre après le déclenchement de la Révolution de Novembre 54.
 Le spectateur est plongé dans les grandes étendues désertiques du Sahara algérien. Retranché dans sa citadelle au cœur du grand Erg, le commandant Saintenac mène une guerre féroce contre les habitants autochtones qui se battent pour l’Indépendance.  Ce militaire français qui ne veut pas croire en la libération prochaine, croit toujours que l’Algérie c’est la France et que cette ancienne colonie restera la possession de la France.  Pourtant, un jour arrive le soldat Lambert qui n’a pas du tout la même conviction que ce dernier, car c’est avant tout un objecteur de conscience protégé depuis Paris. Saintenac le perçoit comme un ver dans le fruit et il entreprend de briser ce «blanc-bec» puisque c’est la seule issue pour lui de contrecarrer la justice que défend ce soldat pas comme les autres.  Il torture moralement Lambert en torturant physiquement Khaled. Ce dernier est un fils du désert, révolté par l’injustice coloniale, c’est surtout comme tant d’autres Algériens, un homme libre qui se bat pour sa dignité.  Lors d’une «corvée de bois», Lambert refuse d’exécuter Khaled et désarme le commandent. C’est donc la course-poursuite vers le désert où les fuyards tentent de se cacher. C’est aussi sur le plan cinématographique un road movie infernal. Mais au-delà de cette sombre page de l’histoire, entre convictions et doutes, dans le chaos de la guerre d’Algérie, des hommes font face à leur destin. À voir.
L. Graba

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