dimanche 18 novembre 2018 07:55:36

Animaux d'Algérie menacés d'extinction : Les massacres ont commencé dès l’Antiquité romaine

« La façon dont un pays s’occupe de ses animaux sauvages démontre la grandeur du pays et sa haute valeur morale ».

PUBLIE LE : 07-10-2014 | 0:00
D.R

« La façon dont un pays s’occupe de ses animaux sauvages démontre la grandeur du pays et sa haute valeur morale ».

Sait-on que c’est dès la fin du paléolithique supérieur, c’est-à-dire à l’aube de l’humanité, que les peuplades numides et maures - nos ancêtres- cohabitaient déjà avec les fauves et autres animaux sauvages, sur ce qui est aujourd’hui le territoire algérien ? Lions, léopards, éléphants, hippopotames, rhinocéros, ours des cavernes, aujourd’hui sur les gorges du Rhumel à Constantine, et buffles, dont les gravures rupestres du nord du pays et du Tassili au Sahara sont en effet les témoins de cette période. Les principaux sujets sont les animaux, des signes abstraits et quelques figures humaines ; les herbivores, bovidés et chevaux dominent largement, suivis des bouquetins, cervidés, éléphants et girafes. Les musées nationaux regorgent, à ce titre, d’ossements de ces mammifères, à l’image du Musée national Cirta de Constantine (Os de mouflons, d’ours, d’éléphants, d’hippopotames, de rhinocéros...), du Musée national du Bardo à Alger, et du Musée national Zabana à Oran. À l’arrivée des Phéniciens, l’éléphant de Berbérie peuplait l’Afrique du nord, dans le Constantinois. On le rencontrait à Bou Mezroug, à Ibn Zied. Près de Skikda, c’est à Fil Fila qu’il vivait en bandes. D’ailleurs le mot « Fil » (éléphant en arabe) est d’origine punique. Hannibal, général carthaginois, n’avait-il pas utilisé ce mammifère pour attaquer Rome en passant par les Alpes en l’an 216 av. J.-C.?  Lors de l’occupation romaine, la présence de fauves est décrite dans différentes mosaïques du IVe siècle représentant des scènes de chasse (musées de Timgad, Djemila, Tipasa). Quelque 4.000 à 5.000 bêtes féroces ont été capturées dans les colonies nord-africaines pour être tuées, pour le spectacle, dans les arènes du Colisée de Rome.
C’est donc cette même occupation romaine qui a, entre autres, été la première responsable de l’extinction progressive d’animaux sauvages en Algérie. À l’arrivée des Turcs, on chassait encore, certes, des fauves dans les environs de Constantine, à El-Ghaba (forêt d’El-Menia et environs d’El-Hamma).
Mais cette sorte de «trêve» biologique n’aura été que de courte durée puisqu’au XIXe siècle, les colons français, pour le plaisir de la chasse, tuaient lions, léopards et panthères à Souk-Ahras, l’ancienne Taghaste ou ville des fauves. Et le dernier léopard vivant vu au nord dans l’Atlas tellien, massif de Sidi Ali Bounab en Kabylie, remonte à 1925 (voir l’animal empaillé à l’APC de Tadmait)  
Vivant dans les lieux boisés et montagnes de l’Atlas tellien, les oiseaux rapaces nicheurs sédentaires – Chouette hulotte, grand duc d’Europe, buse féroce, gypaète barbu, épervier d’Europe — et les nicheurs migrateurs – milan royal, busard, vautour — sont quant à eux en régression alarmante.  
À Constantine par exemple, la dernière apparition d’un oiseau rapace remonte à 1998. L’aigle a survolé les gorges du Rhumel et, au grand étonnement des riverains, a trouvé refuge dans le ravin qui fait face à la passerelle Mellah (ex-Perrégaux).
L’existence d’aigles et de vautours à Constantine a été relevée à une certaine époque, comme en témoigne le médaillon central de la mosaïque de Sidi M’Cid qui représente un aigle tenant la foudre entre ses serres.
Autre témoignage de cette présence et selon une revue historique, le père de l’aviation, Clément Adler, serait venu dans notre pays, précisément à Constantine en 1882, pour étudier le vol des grands rapaces (en l’occurrence les aigles, les vautours) et aurait fait ses principales observations dans cette ville.    
K.B

-------------------------

Mammifères d'Algérie menacés d’extinction
Le guépard saharien
Le guépard (acinoxys jubatus) est inscrit en tant qu’espèce vulnérable sur la liste rouge de l’UICN des espèces menacées et figure à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Inclus dans la sous-espèce dite du Nord-Ouest de l’Afrique, il est actuellement considéré en danger d’extinction. C’est pourtant l'un des félins qui, par sa seule présence, rehausse la qualité écologique de nos contrées désertiques, à l'image des sanctuaires que sont le Tassili et le Hoggar. Cette espèce, aux attitudes craintives et d'une extrême furtivité, polarise toutes les attentions et efforts déployés à son égard afin d’asseoir une veille écologique la concernant, dans l'optique d'une réhabilitation valide.
Le guépard est associé aux milieux ouverts, à l’instar des plaines herbeuses, mais il fréquente aussi les milieux buissonnants ou boisés ouverts. En Afrique du nord, l’espèce est principalement rencontrée dans les massifs, les plaines sablonneuses ouvertes et les oueds à végétation arborée du Sahara, ainsi que dans les boisements arides sahéliens. Le guépard saharien se maintient encore en petit nombre en Algérie et au Niger.
En Algérie, le guépard est principalement présent dans les oueds à Acacia tortilis subsp. raddiana et Tamaris articulata dans le massif centro-saharien de l’Ahaggar ainsi que dans le Tassili N’Ajjer. L’espèce existait autrefois dans l’Atlas saharien, les ergs, les monts Ougarta, la région de Tindouf et les hauts plateaux oranais ; toutefois, il n’y a pas de données actuelles confirmant la présence du guépard dans ces régions.
Parmi les menaces qui compromettent la survie à long terme du guépard dans son aire de distribution mondiale figurent la perte et la fragmentation de son habitat, le déclin de ses proies de base et les conflits qui l’opposent aux populations humaines locales en raison des déprédations commises sur le bétail.
Le déclin alarmant et l’extinction des ongulés indigènes, les gazelles en particulier, ont probablement un impact négatif sur la survie du guépard dans la contrée sahélo-saharienne. Dans l’Ahaggar, les déprédations des guépards ciblent particulièrement les jeunes dromadaires qui ont échappé à la vigilance de leurs propriétaires, mais parfois aussi le petit cheptel. La perte d’un animal domestique entraîne généralement des réactions violentes de la part des bergers locaux qui n’hésitent pas à mener, dans la mesure du possible, des traques punitives létales à l’encontre des prédateurs coupables.
Il est actuellement établi que la chasse incontrôlée et le braconnage sont les causes majeures de l’extermination des populations d’antilopes dans la région sahélo-saharienne. En Algérie, une sévère application, sur le terrain, des textes législatifs interdisant le braconnage des espèces protégées (Ordonnance présidentielle n°06-05 du 15 juillet 2006), dont font partie les antilopes, ainsi que la restauration des gazelles dans l’habitat du guépard saharien constituent des mesures prioritaires nécessaires à la diminution des attaques de prédateurs affamés sur le cheptel domestique. 

-------------------------

L'autruche d'Afrique du nord
Le plus grand oiseau vivant au monde
C'est le plus grand oiseau vivant au monde, qui peut peser jusqu'à 150 kg, atteindre une hauteur de 2,50 m et vivre jusqu'à environ 60 ans. L’autruche (Struthio camelus) est le seul oiseau vivant au monde qui ne possède que deux doigts par patte, le doigt extérieur, plus petit, étant dépourvu de griffe. La tête, les deux tiers du cou et les pattes sont nus. Les yeux sont gros par rapport aux dimensions de la tête, et ornés de longs cils.
Incapable de voler, l’autruche peut courir jusqu’à une vitesse de 60km/h et maintenir cette vitesse pendant 30 minutes. En fait, quand l’animal est anxieux ou menacé, il tend à simuler la mort. Il étire alors son long coup au ras de la terre et se trouve immobile pour se fondre dans l’environnement et laisser passer le danger, d’où le mythe commun voulant que l’autruche, par peur, enfouit sa tête dans le sable.
Aujourd’hui disparu du Maghreb oriental (Kef Zoura, dans la région de Tebessa), cet animal de la steppe a, jadis, fourni, par ses œufs, une matière première indispensable aux Capsiens et aux néolithiques, dans les représentations animales rupestres.
Sur les sites archéologiques, l’autruche est souvent présente par des fragments de coquille d’œuf, des rondelles d’enfilage et des bouteilles entières. Elle a fourni un matériau à l’époque pour l’obtention de bouteilles légères et résistantes en test d’œuf. On peut imaginer dès lors l’importance de tels ustensiles pour des groupes nomades se déplaçant sur de grandes distances et de surcroit sur un territoire semi-aride où les sources d’eau sont précaires et dispersées, mais surtout l’avantage qu’offre cette option de se procurer l’eau nécessaire en restant loin des sources où les animaux viennent s’abreuver.
La chasse ayant peu à peu anéanti son espèce, la dernière fois que l’autruche a été aperçue, c’est près de Hassi Bel Guebbour et au sud d’Aïn Aménas en 1971 et 1973. Elle peut, néanmoins, vivre en captivité. Des élevages existent pour ses plumes et sa chair.

-------------------------

Le flamant rose en Algérie
Une espèce hautement vulnérable
Le flamant rose (phonicoptérus roseus) est un échassier au bec épais, recourbé et muni de fanons qui lui permettent de filtrer sa nourriture dans l’eau (invertébrés, graines, cistes) et le substrat des lagunes et lacs salés qu'il fréquente.
En Algérie, grâce aux efforts des chercheurs du Laboratoire de recherche et de conservation des zones humides (LRZH, université de Guelma), le statut de l’espèce a changé depuis peu, passant d’hivernant aux effectifs modestes (5.000 individus) à celui de résident, avec des effectifs dépassant souvent les 30.000 individus.
Il faut savoir que l’Algérie, qui est riche d’une biodiversité variée, possède de nombreux complexes de zones humides dont l’importance écologique n’est plus à démontrer. Et quel plus bel ambassadeur de l’effort fourni par l’État que le flamant rose, espèce emblématique des zones humides ? Car un flamant rose bagué en Algérie, avec une bague spécifique pour notre pays, devient de fait un porte-drapeau à travers ses déplacements autour du bassin méditerranéen et ce, pour une durée de 30, voire 40 ans.
Outre les nombreuses données scientifiques qu’ils apportent, les oiseaux bagués dans notre pays sont en effet un gage de sérieux et de compétence de la recherche scientifique en Algérie. Dans cette optique, le LRZH de Guelma a initié un vaste programme de baguage des oiseaux d’eau, avec la participation de nombreux chercheurs et étudiants provenant de diverses universités algériennes (Oum El-Bouaghi, Guelma, Jijel, El-Tarf) et la contribution de nombreux riverains.
À ce titre, au moins quatre opérations de baguage de flamants roses ont eu lieu dans notre pays : à Ezzemoul (près de Aïn M’lila) en 2006 ; à El-Goléa en 2009 (où des poussins bagués à Ezzemoul en 2006 furent observés  à un âge relativement précoce pour l’espèce ; de nouveau à Ezzemoul en 2009, année où le flamant rose s’est reproduit en masse, avec un nombre record de couples (supérieur à 12.000). Sur un total de 6.000 poussins, le nombre d’oiseaux bagués fut également inégalé (638) dans tout le bassin méditerranéen. 
La quatrième opération de baguage a eu lieu avec succès en avril 2011 à Safioune, au nord-ouest de Ouargla et ce, en dépit de conditions de travail très difficiles pour les chercheurs : éloignement, vent de sable, froid intense, absence de réseau de communication...
Un plan d’action pour la conservation du flamant rose en Algérie a, entretemps, été formulé avec pour objectif de pérenniser l’hivernage et la reproduction de cette espèce en maintenant les capacités de mise en eau des sebkhas et de protéger les colonies lors des tentatives de reproduction.  

-------------------------

La tortue grecque du Djurdjura
Menacée d’extinction
Menacée dans son existence, la tortue grecque (testudos graeca) du Djurdjura ou, comme on l'appelle communément, la tortue moresque, est l'unique espèce de reptile parmi les 17 recensées au niveau du Parc national du Djurdjura et déclarée comme étant protégée. Prisée par la population locale pour avoir depuis toujours représenté un symbole de quiétude, cette espèce fait face, de nos jours, à de nombreuses menaces.
D’abord le braconnage : ennemi n°1 des animaux sauvages, puis viennent les facteurs dégradants des milieux biotopes de ces animaux. Les incendies de forêts constituent l’une des plus grandes menaces ayant contribué à décimer les populations de tortues.

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions