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Journée nationale des anciens condamnés à mort : Dans le souvenir des dures conditions de la prison Serkadji

Le centre des activités culturelles Agha, relevant de l’établissement Art et Culture de la wilaya d’Alger, a abrité hier une conférence débat sur l’histoire de la Révolution de Novembre, en hommage aux chouhada Ahmed Zabana, Fernand Iveton et Abderrahmane Taleb.

PUBLIE LE : 18-06-2014 | 0:00

Le centre des activités culturelles Agha, relevant de l’établissement Art et Culture de la wilaya d’Alger, a abrité hier une conférence débat sur l’histoire de la Révolution de Novembre, en hommage aux chouhada Ahmed Zabana, Fernand Iveton et Abderrahmane Taleb. Organisée dans le cadre de la célébration de la Journée nationale des anciens condamnés à mort (1954-1962), la rencontre a permis à plusieurs moudjahidine, anciens condamnés à mort, d’apporter de précieux témoignages sur la Révolution de Novembre dans la région algéroise, les dures conditions de détention à Serkadji (ex-prison Barberousse) et les tortures morales et physiques subies par les moudjahidine dont de nombreux disparus, dans les cellules de la mort. A cette occasion, l’assistance présente a eu droit à un témoignage poignant du moudjahid Salah Melzi d’El Biar, un rescapé de la guillotine, alors que ses frères Chafik et Allal ont été exécutés à la prison Serkadji, en 1957. Condamnés à mort par un tribunal militaire, les trois frères ont vécu l’enfer à Serkadji, dans les couloirs de la mort, se rappelle encore le moudjahid Salah Melzi en mettant particulièrement l’accent sur le courage et la détermination de son frère Chafik, un fervent militant nationaliste qui a fait ses classes aux SMA, PPA-MTLD, l’OS avant d’être arrêté par les forces coloniales qui lui ont fait subir toutes sortes de tortures sans parvenir à le faire avouer.
On ne dormait pas, la nuit, a t-il indiqué, on vivait dans la peur d’être brutalement réveillé par les gardiens pour être emmené sans ménagement à la guillotine.
Pour ce faire, a ajouté le moudjahid, nous disposions d’un système d’alarme dans la prison pour éviter toute surprise, et partant, sonner l’alerte générale partout, même chez les femmes, dans la Casbah voisine, lesquelles se mettent de la partie, en lançant leurs youyous.
M. Salah Melzi a évoqué aussi le souvenir des autres condamnés à mort, en soulignant le courage et la patience dont ils faisaient preuve, dans ces moments difficiles, citant à cet égard le cas de ses compagnons de lutte Bourenane (22 ans à peine), Abderrezak Hahad et un moudjahid de Boufarik.
Lui succédant, le moudjahid Redouane Bennani a commencé par rendre un vibrant hommage aux nombreux chouhada, exécutés sommairement par les forces coloniales et rappeler le souvenir de son ami, son frère de combat, Briki Yahia, un journaliste à Alger Républicain, mort au champ d’honneur, en coulant des larmes amères lors de son témoignage.
Lors du débat qui s’est instauré, la question du nettoyage et de la préservation des tombes des glorieux chouhada, a été soulevée par les participants, lesquels ont estimé que cette tâche incombe normalement à la société civile.
Mourad A.
 

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