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Projection de Les terrasses de Merzak Allouache : Quand un cinéaste explore les tréfonds de la société algéroise

Le cinéma d’Alger a retrouvé sa saveur des années 1970 lorsque les salles étaient pleines pour des projections. Et c’est un cinéaste mythique qui a attiré une telle foule, Merzak Allouache, avec sa dernière production Les terrasses projetée en avant-première maghrébine, dimanche soir à la salle El Mougar d’Alger, dans le cadre de la compétition officielle, catégorie long métrage, de la deuxième édition du festival d’Alger du cinéma maghrébin.

PUBLIE LE : 10-06-2014 | 0:00
D.R

Le cinéma d’Alger a retrouvé sa saveur des années 1970 lorsque les salles étaient pleines pour des projections. Et c’est un cinéaste mythique qui a attiré une telle foule, Merzak Allouache, avec sa dernière production Les terrasses projetée en avant-première maghrébine, dimanche soir à la salle El Mougar d’Alger, dans le cadre de la compétition officielle, catégorie long métrage, de la deuxième édition du festival d’Alger du cinéma maghrébin.

Le film relate une journée passée sur cinq différentes terrasses de cinq quartiers historiques de la capitale, à savoir Notre-Dame d’Afrique, Bab el Oued, la Casbah, Alger-Centre et Belcourt. Cinq histoires disparates, totalement indépendantes l’une de l’autre, ayant en commun du vécu, souvent triste et mélancolique sur des terrasses d’immeubles dans une grande déchéance, et dans des conditions de vie calamiteuses : « J’ai filmé Alger la déglinguée, la saccagée, la ville dans laquelle j’ai retrouvé quelques vestiges de son charme de naguère, je refuse de filmer la nouvelle vie d’Alger, qui s’impose avec une architecture anarchique qui ne répond pas à son image d’antan que je veux filmer », a expliqué le réalisateur lors d’une conférence-débat organisée hier à la cinémathèque algérienne.
Des personnages burlesques, égarés sous le ciel azur de la ville blanche et assourdit par les appels à la prière, un groupe de musiciens trouvent des difficultés à se lancer dans le showbiz en face d’une jeune fille qui cache son saphisme et se suicide après une violence subie par son frère, un individu, un vieillard enchaîné pour des raisons énigmatiques, et des prêches religieux extrémistes qui se déroulent une fois par semaine, un endroit de consultation pour un charlatan et un homme retient son frère en otage et le torture pour une vague histoire d’héritage.
Le cinéaste est revenu en outre sur les critiques qui lui ont été faites quant à l’exagération des histoires relatées dans cette fiction et aux décors chaotiques à l’instar d’une ville étouffante par la surpopulation et les embouteillages, et dont certains quartiers qui étaient le fleuron de la capitale tombent en ruine à l’exemple de la Casbah d’Alger : « Il faut filmer ce qu’il y a réellement et non ce qu’on a envie de voir, il y a certains qui disent que la Casbah est belle, mais en fait, elle tombe en ruine, et certaines séquences de mon film ont démontré que sa décadence donne l’impression qu’elle a été bombardée », a-t-il regretté.
Après son film phare Omar Gatlalo sorti en 1976 et qui a acquis le statut de film culte, Merzak Allouache signe vingt ans après Bab el Oued city, un film qui a comme toile de fond la société algérienne en plein décadence durant la décennie noire, le réalisateur a signé à travers Les terrasses un troisième opus de son exploration de la société algéroise, notamment son quartier natal Bab el Oued, avec des phénomènes récurrents, des femmes voilées qui se déshabillent loin des yeux de la société, des femmes qui fument, une violence gratuite, et des problèmes de logements
Un film tourné sur les terrasses d’Alger avec tantôt l’utilisation du plan général, et tantôt du plan d’ensemble, le tout avec des mouvements de caméra panoramiques portant à l’écran une superbe vue sur la baie d’Alger. Tourné pendant 11 jours, ce long-métrage de fiction de 91 minutes met au devant des acteurs fétiches du cinéaste comme Nabil Asli, Adila Bendimerad et Mourad Khen. Le film déborde de scènes comiques, c’est tout le burlesque d’une vie qui y transparait. A voir.
    Kader Bentounès

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