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Deuxieme édition du festival d’Alger du cinéma maghrébin : Passage à niveau d’Anis Djaâd, un bon prétendant pour l’Amayas d’or

Projeté en avant-première dans un pays du Maghreb, samedi soir, à la salle El Mougar lors de la deuxième édition du festival d’Alger du cinéma maghrébin, le court métrage du cinéaste algérien Anis Djaâd Passage à niveau est une œuvre mélancolique qui relate le lugubre quotidien d’un vieillard solitaire.

PUBLIE LE : 09-06-2014 | 0:00
D.R

Projeté en avant-première dans un pays du Maghreb, samedi soir, à la salle El Mougar lors de la deuxième édition du festival d’Alger du cinéma maghrébin, le court métrage du cinéaste algérien Anis Djaâd Passage à niveau est une œuvre mélancolique qui relate le lugubre quotidien d’un vieillard solitaire.

La solitude est le noyau de ce mélodrame psychosociologique. Le protagoniste est un vieillard qui exerce depuis une trentaine d’année le monotone job de garde-barrière, il veille à assurer la sécurité routière et ferroviaire de ce croisement, toute sa vie est liée à cette humble et imposante mission, entièrement rythmée par le passage des trains et la manipulation des barrières et des signaux.
Un beau matin, il reçoit un courrier qui ne ressemble guère aux mandats mensuels des cheminots, analphabète, il demande à un ivrogne de lui expliquer le contenu du courrier, mais l’intrigue du film a laissé la question ouverte, que contenait le courrier énigmatique ? Une chose est sûre, cela a plongé le vieillard (interprété par Rachid Benallal) dans une mélancolie extrême.  « Je ne suis pas adepte du cinéma explicite, celui qui explique au spectateur tous les bouleversements de l’histoire, je crois qu’il y’a eu beaucoup d’indices tout au long du film, pour ouvrir des brèches aux spectateurs afin d’appréhender le contenu du courrier », a expliqué le réalisateur du film lors du débat qui a suivi la projection.
Le réalisateur a exploré la solitude dans son noyau, avec des techniques de réalisations qui riment avec le sujet abordé, en utilisant des plans rapprochés, voire très rapprochés, ce qui illustre les émotions du vieillard et les souffrances qu’il subies.  Sorti en 2014 et d’une durée de 23 minutes, le film est bien servi par les images, la qualité esthétique et les ombres ont été bien travaillées, la richesse des décors avec beaucoup d’accessoires et des scènes tournées au crépuscule ainsi que des scènes nocturnes, ajoutant à cela les effets sonores qui ont illustré les thèmes énigmatiques que le réalisateur a voulu mettre à nu, à savoir la solitude sénile, la dépression, la mélancolie et le pessimisme. Le film est silencieux, ou presque, hormis les quelques dialogues pessimistes du vieillard avec l’ivrogne,  la musique puisée du patrimoine algérien, avec des titres et Dahmane El Harrachi et Ahmad Wahbi accompagne la solitude du vieillard.
Journaliste avant de faire une carrière dans le cinéma, Anis Djaàd est l’auteur de plusieurs scénarii dont L’odeur du violon en 2003, sélectionné pour l’année de l’Algérie en France. Au bout du tunnel en 2005, ainsi que Hublot en 2011, lauréat du prix du meilleur scénario lors du concours des journées cinématographiques d’Alger, il a également reçu plusieurs prix internationaux dont celui du jury au festival Vues d’Afrique à Montréal.
Il est à rappeler que le festival d’Alger du cinéma maghrébin se poursuit jusqu’au 11 juin à la salle El Mougar et à la cinémathèque d’Alger, trois Amayas d’or (le grand prix du festival) de trois catégorie, à savoir le court métrage, le long métrage et le film documentaire seront décernés  aux meilleures des 38 productions cinématographiques en compétition.
 

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