jeudi 23 janvier 2020 16:56:34

Exposition collective à la galerie Mohamed Racim : La peinture algérienne, entre évolution et signification

Pour marquer à sa manière la journée de l’Artiste, la galerie du centre-ville a organisé jeudi dernier, une exposition faisant participer les œuvres de plusieurs plasticiens mêlant dans son espace des courants de peinture aussi variés que différents qui ont inspiré des générations d’artistes algériens depuis l’indépendance à nos jours.

PUBLIE LE : 08-06-2014 | 0:00
D.R

Pour marquer à sa manière la journée de l’Artiste, la galerie du centre-ville a organisé jeudi dernier, une exposition faisant participer les œuvres de plusieurs plasticiens mêlant dans son espace des courants de peinture aussi variés que différents qui ont inspiré des générations d’artistes algériens depuis l’indépendance à nos jours.

Habillée des couleurs foisonnantes et chatoyantes de l’art pictural algérien à travers ses diverses tendances,  la galerie offrait au visiteur des cimaises recouvertes entièrement de toiles multicolores et ce malgré l’état de vétusté des lieux. Cette manifestation artistique qui se veut exceptionnelle et évocatrice était l’occasion pour plusieurs peintres femmes et hommes, de se retrouver après des années d’absence, pour parler ensemble de leur situation et l’état d’avancement de leurs travaux picturaux et de restituer l’art dans un contexte national et de comprendre ce qui se passe dans la mouvance algérienne aux dires du directeur de l’Union des arts plastiques et gérant de cet espace, M. Arroussi Abdelhamid, avec lequel nous nous sommes entretenus sur la présence des peintres exposants dont le nombre d’œuvres s’élevait à 200 et dont seulement quelques unes ont pu êtres montrées au public, l’objectif d’une partie de cette exposition collective étant de rendre hommage au peintre récemment disparu Hakkar et à Yellès qui est toujours en vie.
Beaucoup de noms d’artistes connus comme de Denis Martinez, Ferroukhi et tant d’autres un peu moins célèbres puisque tout en pratiquant en solitaire la peinture, sont professeurs dans des écoles de Beaux-arts à Constantine, Mostaganem et Alger, figurent sur la liste des participants mais dont cependant certains étaient absents au vernissage : «Nous avons reçu près de 200 tableaux et nous n’avons pas pu tous les accrocher.
Il y a par exemple ce tableau de l’artiste Ahlem Fekri, une Egyptienne qui est né en Algérie et dont le père était enseignant de dessin à Tipasa, elle est actuellement une peintre reconnue et appréciée dans son pays d’origine», a ajouté M. Arroussi avant de nous montrer au fond de la salle les merveilles qu’il cachait et qui ne sont autres que d’immenses toiles en mosaïque admirablement travaillées par une artiste autodidacte, versée dans la restauration et les mets de cuisine à temps plein, mais qui surtout ,a voulu garder l’anonymat.
C’est connu que les artistes qui recèlent des talents cachés sont des personnes très modestes voire même effacées. Elles ne montrent que rarement les trésors d’imagination et d’habileté artistique qui prend chez elles les proportions insoupçonnées d’un véritable don pour la chose artistique sans pour autant que ces personnes aient suivi des études académiques.
Pour notre part, nous avons découvert dans les travaux de cette illustre inconnue, un savoir-faire incroyable de générosité et d’imagination inspirées sans doute de quelques toiles représentant toute la beauté et l’histoire antique numide et romaine que l’on retrouve dans certaines mosaïques d’Afrique du Nord, oubliées dans les musées, parfaitement reproduites avec soin et application par cette artiste dont il faut découvrir les production et encourager à poursuivre ce qu’elle réalise à la perfection.
Mohamed Massen un plasticien, sculpteur, critique d’art et juriste de formation rencontré au cours de cette exposition, nous a montré quant à lui, une de ses œuvres exposée à l’entrée de la galerie inspirée de l’art contemporain. Réalisée à partir de matériau de récupération comme les bouts de ferrailles que l’on utilise plus : «je me suis  mis à réaliser des œuvres sur la base de collages, je récupère des objets obsolètes auxquels je donne forme et sens. Sur celui-ci par exemple j’ai écrit des pensées d’écrivains, artistes et philosophes comme Albert Camus, Giacometti, je vous cite cette phrase d’André Malraux qui dit «Pour juger il faut comprendre et quand on a compris, on n’a plus envie de juger».
Je veux m’adresser aux gens qui regardent mes tableaux en les poussant à réfléchir à la substantifique moelle de l’art pour que le visiteur qui se trouve devant une œuvre puisse prendre un bénéfice sur elle ne fût-ce qu’en la regardant. Je donne une nouvelle vie à tous les objets récupérés en les assemblant les uns aux autres pour obtenir quelque chose d’harmonieux et de parlant qui attire la curiosité de celui qui contemple en réfléchissant à celui voit devant lui» commente cet artiste.
    Lynda Graba
 

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