mardi 12 dcembre 2017 13:20:48

Hamid Grine : « L’amazigh dans les médias, au-delà de sa consécration, mérite une prise en charge effective et continue »

Le ministre de la Communication, Hamid Grine, a affirmé, hier à Tizi Ouzou, que «la question de l’amazigh dans les médias, et au-delà de sa consécration, mérite une prise en charge effective et continue, sur la base de règles professionnelles couvrant l’ensemble des missions assignées aux médias, à savoir celles inhérentes à l’information, à la culture et au divertissement».

PUBLIE LE : 08-06-2014 | 0:00
D.R

Dans son allocution d’ouverture des travaux du colloque international de trois jours sur le thème «Médias, communication, langues et langages : où en est l’amazigh ?» qu’organise le Haut-Commissariat à l’amazighité, au centre culturel d’Azazga, le ministre de la Communication a précisé que cette prise en charge de la langue nationale amazigh «doit être soutenue par un effort constant en matière de formation par les établissements spécialisés et/ou par l’État», tout en annonçant que son département s’attelle actuellement à la mise en œuvre d’un vaste programme de formation destiné à l’ensemble des professionnels des médias qui sera renforcé par un autre programme prévu dans le cadre du plan quinquennal de développement du Président de la République (2015-2019).
M. Grine a également indiqué qu’«avec l’ouverture de l’audiovisuel à l’investissement privé, l’État a veillé, sur le plan du droit, à ce que le dispositif législatif inhérent à ce secteur, en cours de mise en œuvre, réponde aux impératifs de préservation et de promotion de la langue nationale amazigh, tout en précisant que son département continuera à le faire dans le cadre de l’élaboration des textes d’application». Soulignant que le thème de ce colloque l’interpelle en tant que citoyen et ministre en charge de la communication, M. Grine a rappelé que les experts de la communication, ainsi que les professionnels des médias savent que les médias, particulièrement la radio et la télévision, constituent les espaces les plus appropriés pour la promotion et le développement des langues et des cultures, ajoutant que l’essence même d’un média est de communiquer dans la langue de l’auditoire auquel il est destiné. «C’est d’abord une exigence professionnelle, mais surtout une obligation, lorsque le média est de service public. De ce fait, elle figure dans le cahier des charges en tant qu’obligation de service public. C’est le cas de la radio et de la télévision algériennes», a-t-il enchaîné. Pour le ministre de la Communication, «l’amazigh, langue de nos pères, longtemps confinée dans des espaces réduits, n’a connu son véritable essor que durant les deux dernières décennies, d’abord à la radio, puis à la télévision». Cet essor connu s’est matérialisé par l’élévation de la radio Chaîne II au rang de véritable chaîne nationale au même titre que les Chaînes I et III, l’élargissement de l’utilisation de l’amazigh à quatre variantes, autres que le kabyle, la revalorisation de la ressource humaine par le recrutement de nouvelles générations de diplômés de l’université algérienne, l’implantation de radios locales dans les 48 wilayas ayant permis jusqu’à présent l’introduction de l’amazigh dans 24 stations, selon le ministre qui a annoncé l’ouverture, le mois prochain, d’une autre station radio à El-Bayadh qui utilisera la variante chelhi. «À la télévision, les choses ont évolué différemment», a poursuivi M. Grine. «De l’introduction d’un journal télévisé en amazigh en 1996, l’amazigh s’est vu offrir une chaîne en 2009, en dépit des contraintes objectives liées, notamment, à la rareté de la ressource humaine spécialisée et à l’offre réduite en matière de production audiovisuelle», a-t-il tenu à préciser. Dans un point de presse animé en marge de ce colloque, le ministre de la Communication a fait part de la volonté de l’État d’aller vers l’application des règles de commercialité et de transparence dans la distribution de la publicité publique, tout en réfutant l’existence d’un quelconque monopole de l’État sur le marché de la publicité. «Le marché de la publicité est libre, et on ne peut pas obliger un opérateur à donner sa publicité à la presse», a-t-il tranché, insistant sur l’impérative nécessité du respect des règles de commercialité dans la publicité. M. Grine a également rappelé les différentes mesures en cours de mise en œuvre pour la délivrance de la carte nationale de journaliste professionnel et des organes de régulation de la presse nationale que le ministre voudrait «sérieuse et fiable». À une question sur le refus de la société d’impression SIA d’imprimer le quotidien El Fedjr, le ministre de la Communication a indiqué que «ce dossier est purement commercial, le quotidien ayant une créance de 7.8 milliards de centimes auprès de cette société qu’il doit honorer».
Bel. Adrar

Le HCA invite le ministère de l’Éducation nationale à l’élaboration d’une feuille de route
Dans son allocution d’ouverture des travaux du colloque des travaux du colloque internationale de trois jours sur le thème «Médias, communication, langues et langages : ou en est l’amazigh ?» le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, Si El-Hachemi Assad, a indiqué que la structure qu’il dirige est prête à mettre à la disposition du ministère de la Communication, son capital expérience et son réseau pour l’organisation de sessions de formation au profit des journalistes en amazigh. «Notre ambition première est d’attirer l’attention des structures placées sous tutelle afin qu’elles adhèrent efficacement à la concrétisation des objectifs que nous nous sommes fixés. Nous devons réunir nos compétences et nos énergies afin de régler les problèmes en suspens», a-t-il souligné, en précisant que les outils de communication modernes peuvent contribuer à la réussite de cette noble mission. «L’examen du dossier de l’amazighité, a-t-il encore rappelé, doit se faire avec lucidité et rationalité par nous tous et sans exclusion.» Pour le SG du HCA, la création de ce dernier en 1995 n’était pas conjoncturelle, dès lors qu’elle a permis des avancées importantes de l’amazigh. «Avec le ministère de la Communication et les autres ministères, nous devons jumeler nos efforts et mettre les jalons de vrais dispositifs pour soutenir davantage les segments suivants : enseignement, recherche, communication, production littéraire et artistique en amazigh», a soutenu Si El-Hachemi, avant d’annoncer de grands rendez-vous du HCA pour le deuxième semestre 2014 qui se résument en pas moins de trois colloques internationaux sur le grand Aquelid (roi) Massinissa qui se déroulera à El-Khroub (Constantine), les 20 et 21 septembre, les procédés de traduction et d’adaptation en amazigh à Batna, les 8 et 9 novembre, sur le tifinagh à Djanet (Illizi), les 18 et 19 octobre de l’année en cours, et enfin un symposium national sur la lexicographie, terminologie et polysémie en amazigh prévu à Akbou (Béjaïa), les 11 et 12 du même mois.
 B. A.
 

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