dimanche 16 dcembre 2018 19:23:53

Révision de la constitution : M. Azzi se félicite du projet de « constitutionnaliser la réconciliation nationale »

Le président de la Cellule d'assistance judiciaire pour l'application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, Merouane Azzi, s’est "félicité", hier à Alger, du projet de "constitutionnaliser la réconciliation nationale" dans le prochain texte fondamental du pays.

PUBLIE LE : 08-06-2014 | 0:00
D.R

Le président de la Cellule d'assistance judiciaire pour l'application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, Merouane Azzi, s’est "félicité", hier à Alger, du projet de "constitutionnaliser la réconciliation nationale" dans le prochain texte fondamental du pays.

«Je me félicite de cette proposition, car il ne s’agit pas de constitutionnaliser les mesures administratives et judiciaires de la réconciliation nationale, mais plutôt les idées, le concept et la philosophie de projet afin que la triste expérience de la décennie noire ne se reproduise plus", a indiqué M. Azzi qui a animé une conférence-débat au forum du quotidien national DK-News. "J’ai déjà fait une proposition dans ce sens afin que la réconciliation nationale soit intégrée dans la Constitution", a-t-il dit, faisant observer que la réconciliation nationale menée par l’Algérie demeure un "exemple dont plusieurs pays veulent s’inspirer". M. Azzi a notamment cité le Mali, l’Irak, la Libye et la Tunisie qui ont saisi l’Algérie par voie diplomatique afin d’appliquer le modèle algérien, consistant, a-t-il dit, "à continuer de mener une lutte antiterroriste tout en tendant la main aux égarés".

Pour une réconciliation nationale globale et élargie
Dans ce sens, M. Azzi a plaidé, dans son exposé, pour une "réconciliation nationale globale et élargie", estimant que de nouvelles mesures seront annoncées par le gouvernement dans les prochaines semaines et viendront en complément aux dernières mesures prises par l’État.
Il a cité, notamment, l’indemnisation des femmes violées durant la période du terrorisme, ainsi que la levée de l'interdiction de sortie du territoire national au profit de certaines personnes, dans le cadre du parachèvement du processus de réconciliation nationale. Pour M. Azzi, la réconciliation nationale doit s'étendre à d'autres catégories, telles que les détenus du Sahara, les enfants nés dans le maquis, les éléments des Groupes de légitime défense. Pour ce qui est des femmes violées, il a expliqué que des commissions sont mises en place au niveau de chaque wilaya, et les victimes du viol ne sont pas obligées de fournir un certificat médical pour bénéficier du statut de "victimes du terrorisme". Affirmant que tous les dossiers relatifs à la réconciliation nationale sont "sur le bureau du Président de la République", M. Azzi a indiqué qu’il s’attendait à la prise d’autres "décisions historiques à même de clore définitivement le dossier de la tragédie nationale". Il s’agit, entre autres, de la prise en charge des quelque 500 enfants nés dans le maquis durant la décennie noire, qui ont actuellement entre 5 et 15 ans, a-t-il dit, expliquant que la Cellule a reçu une centaine de dossiers, dont 37 ont été réglés au niveau de l’état-civil. Il s’agit d’identifier ces enfants, car, pour certains d’entre eux, leurs pères ont été abattus, d’où le recours à la reconnaissance par l’ADN pour établir leur affiliation. Concernant le dossier des familles de disparus, le responsable a fait savoir que 7.000 familles sur 7.144 familles de disparus avaient été indemnisées. Quelque 12.000 familles démunies, dont l'un des membres a été impliqué dans la tragédie nationale, ont bénéficié d'aides, a ajouté M. Azzi, précisant que les travailleurs licenciés ont, eux aussi, bénéficié des dispositions de la Charte, à travers leur réinsertion et la prise en compte des années perdues dans le dossier de la retraite. Se félicitant aussi des "résultats positifs" de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale, adoptée par voie référendaire en 2005, M. Azzi a rappelé que la Charte a grandement contribué au rétablissement de la sécurité et de la stabilité dans le pays. Il a ainsi lancé un appel aux parties concernées dans le but de réactualiser cette Charte, à travers la prise de nouvelles dispositions au profit d'autres catégories qui n'en ont pas encore bénéficié. À ce sujet, il a rappelé que la cellule qu'il préside avait adressé, en 2011, une lettre au Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, renfermant 15 revendications au profit de ces catégories et "dont certaines d’entre elles ont été satisfaites". Il a rappelé, en outre, que 9.000 personnes ont bénéficié, jusqu'à fin 2013, des dispositions de la Charte, contre 2.425 personnes en 2006. Jusqu'à présent, plus de 15.000 personnes ont bénéficié des dispositions de la loi de la Concorde civile et de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, selon M. Azzi. Les repentis qui se sont rendus aux autorités compétentes ont bénéficié de la grâce, a-t-il conclu.

 

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