mercredi 18 octobre 2017 12:08:05

Le plan d’action du gouvernement adopte par l’APN

Les membres de l'Assemblée populaire nationale (APN) ont voté jeudi dernier à main levée et à une écrasante majorité le plan d'action du gouvernement présenté dimanche, devant l'APN, par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

PUBLIE LE : 07-06-2014 | 0:00
Ph. Nesrine T.

Les membres de l'Assemblée populaire nationale (APN) ont voté jeudi dernier à main levée et à une écrasante majorité le plan d'action du gouvernement présenté dimanche, devant l'APN, par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Le vote s'est déroulé en présence de 341 membres de l'APN, alors que 20 députés ont envoyé des procurations. Les membres de l'APN affiliés au parti du Front de libération nationale (FLN), au Rassemblement national démocratique (RND) ainsi que les députés indépendants ont voté pour ce plan. Les députés du Front des forces socialistes (FFS) et du Parti des travailleurs se sont abstenus et ceux de l'Alliance de l'Algérie Verte ont voté contre le plan d'action du gouvernement
APS


Le premier ministre repond aux interrogations des deputes :
« Les engagements du Président seront concrétisés quel qu’en soit le prix »

C’est un Premier ministre déterminé à concrétiser les actions du plan d’action de son gouvernement qui émanent des engagements électoraux du Président de la République qui s’est présenté jeudi dernier face aux députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) à l’issue des débats qui ont été entamés dimanche. Mieux, le Premier ministre qui dira privilégier le langage de la sincérité et de la vérité est persuadé de la réussite de son mission car, aujourd’hui, l’Algérie est un pays qui a des moyens et une volonté inébranlables puisés dans la certitude que la majorité des Algériens formés dans les universités sont à même de comprendre que l’étape actuelle est différente. La transition générationnelle a commencé, selon le Premier ministre qui en voudra pour preuve, le fait que le ministère des Moudjahidine est géré depuis peu, par le fils d’un chahid, né après l’indépendance. L’orateur tiendra à faire remarquer, que « l’environnement n’est pas facile ». « Des complots sont tramés contre l’Algérie ». « Nous avons 7 frontières qui sont en ébullition. On subit des pressions pour que l’ANP intervienne en dehors des frontières et ce pour affaiblir le front interne. »

Personne ne nous imposera
ses décisions

Mais qu’’à cela ne tienne le Premier ministre affirmera devant les élus du peuple qu’aucune partie ne parviendra à imposer à l’Algérie la prise d’une décision. C’est en toute souveraineté que nous prenons nos décisions a-t-il tenu à préciser. Pour ce qui est de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, le Premier ministre reconnaîtra que beaucoup de retard a été pris dans le processus mais cela ne signifie pas pour autant que cette adhésion est remise en cause. « Cela se fera, mais sans pour autant porter atteinte à notre économie ». Répondant à ceux qui reprochent à l’Algérie sa mauvaise position dans le classement établis par les pays occidentaux, il indiquera qu’il est facile de changer ce classement et d’être parmi les premiers. Il suffit pour ce faire de satisfaire les lobbies, de supprimer la règle 51-49% et d’abandonner l’exercice au droit de préemption. « ne croyez pas que notre environnement est facile », répétera-t-il en direction des députés à qui il a affirmé la nécessité de renforcer le front intérieur et d’ajouter « c’est notre objectif. » Mais le chef de l'exécutif a rejeté tout débat concernant l'application de cette règle ou l'exercice du droit de préemption, ajoutant que "la remise en cause de ces deux principes ne figure pas dans la feuille de route du gouvernement". D’autant que, a expliqué M. Sellal, ces mesures régissant l'investissement étranger n'ont pas empêché le lancement de projets avec des partenaires étrangers. Il citera comme exemple le projet de montage de voiture avec le constructeur français Renault, dont le premier véhicule sortira des chaînes de montage de l'usine d'Oran le 17 novembre prochain. Une fois cette mise au point faite, il entamera les réponses aux interrogations soulevées par les députés lors des débats.

Gaz de schiste : « L’Algérie et Sonatrach n’ont signé aucun contrat »
S’agissant du gaz de schiste il demandera de faire confiance aux cadres algériens qui ont fait tout le travail en amont en réalisant les études préliminaires. C’est un travail d’expert. Pour ce qui des craintes suscitées par son exploitation, le Premier ministre se voudra rassurant en indiquant que 7 pays ont déjà commencé l’exploitation du gaz de schiste. Il citera entre autres les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Pologne. Il ajoutera que 9 autres pays ont entamé les explorations. Pour ce qui de la pollution, il se demandera si le charbon pollue moins que le gaz ? et de préciser que la loi est claire et qu’elle a prévu la mise en place de critères clairs pour la préservation de la nappe phréatique et que les produits utilisés dans l’exploration sont les mêmes que l’on utilise pour la fabrication de détergents, avant de rappeler que le législateur a adopté le texte de loi relatif à l’exploitation du gaz de schiste et que l’exécutif doit l’appliquer. En guise d’assurance supplémentaire, il affirmera aussi que l’Algérie et Sonatrach n’ont signé aucun contrat pour l’exploitation du gaz de schiste, avant d’ajouter qu’il ne faut pas juger définitivement. L’exploitation ne se fera pas aujourd’hui indiquant au passage que Sonatrach et le ministère de l’Enseignement supérieur ont convenu de la création de 6 ou 7 instituts de formation pour se préparer. Il précisera sous une forme interrogative : « Si on laisse notre place de puissance énergétique que nous reste-il ?» Il rappellera que l’Algérie dispose de 12 millions de mètres cubes de réserve de pétrole et de 4 millions de réserve de gaz. Il estimera également qu’il ne faut pas qu’on reste prisonnier d’une vision restreinte dans l’économie des hydrocarbures.

67 % du PIB réalisé
hors hydrocarbures

A ceux qui mettent en garde contre la dépendance de l’Algérie vis-à-vis des hydrocarbures, M. Sellal tiendra à préciser que l’économie algérienne n’est pas construite à 100% sur le gaz et le pétrole. Il affirmera que 67% du PIB est réalisé en dehors des hydrocarbures. 9% proviennent de l’agriculture, 9% du BTP, 5% de l’industrie, 20% des services commerciaux, 17% de services non commerciaux et 7% de taxes. Ce sont les recettes qui sont tirées à 93% de l’exportation des hydrocarbures. Un constat qu’il faut changer. Selon lui, une amélioration est en cours puisque les recettes hors hydrocarbures ont connu une nette amélioration passant de 7,811 milliards de DA en 2010 à 12,120 milliards de DA en 2103.
Par ailleurs à ceux qui reprochent au Premier ministre de ne pas avoir présenté un bilan de son précédent gouvernement, il indiquera que cette omission est due au manque de temps et que de toute manière le bilan figure dans le document présenté. Il y a une annexe qui montre tous les chiffres de ces deux dernières années. Il rappellera que les ministres de son gouvernement ont visité les 48 wilayas du pays et qu’au cours de ces visites le dialogue a été engagé avec les associations et que les enveloppes complémentaires octroyées à l’issue de ces visites étaient programmées.

Réconciliation nationale :
le dossier n’est pas clos

Pour ce qui du processus de la réconciliation nationale, il indiquera en réponse aux demandes de son élargissement, que l’on projette de constitutionnaliser la réconciliation nationale dans le cadre de la révision de la loi fondamentale, affirmant que la réconciliation est une œuvre civilisée et qu’elle nécessite du temps et des efforts car tout n’a pas été réglé. Il ne suffit pas de réintégrer les gens dans leur travail ou d’octroyer des indemnités. Le dossier n’est pas clos, selon lui. De même dira-t-il qu’il faut aussi régler les problèmes de ceux qui ont pris les armes pour défendre le pays. Mais pas seulement, « d'autres questions restent à traiter comme celle des disparus », a-t-il fait remarquer, avant d'affirmer que « tous ceux ayant déposé un dossier dans ce sens ont reçu une réponse qu'il s'agisse de renseignements ou de prise en charge financière. Cependant, il existe toujours des lacunes et le travail se poursuit ». Pour M. Sellal : « Nous devons nous réconcilier et apprendre à coexister », estimant que « si nous parvenons à coexister nous réussirons à construire une nation algérienne authentique ». Il affirmera également que le pays a honoré ses engagements et ses devoirs à l’égard de tout Algérien ou Algérienne touchée par une tragédie nationale depuis l’indépendance à ce jour. On n’a pas de tabous précisera le Premier ministre.

Ghardaïa, la solution
n’est pas sécuritaire

Répondant aux questions des députés le Premier ministre a évoqué la situation à Ghardaïa, affirmant que la solution "n'est pas sécuritaire". M. Sellal a affirmé que l’Etat a fait son devoir et qu’il poursuivra dans ce sens. L’Etat poursuivra ses efforts pour la relance du développement à Ghardaïa sur tous les plans mais selon lui il y a des lignes rouges à ne pas franchir dont l’unité nationale. « Celui qui portera atteinte aux biens d’autrui sera jugé. Il a précisé que « l'Etat œuvre à unifier les rangs », soulignant qu'il « n'y a pas de différence entre un Ibadite et un Malékite. » Pour le Premier ministre : « Nous sommes tous arabes et amazighs et nous avons la même religion." M. Sellal s'est dit "convaincu" que la réconciliation entre les populations de Ghardaïa aboutira.

Nouveau découpage : le projet lancé avant la fin de l’année
Pour ce qui du découpage territorial, il indiquera que c’est un engagement du Président de la République. Le dossier sera tranché au cours du troisième trimestre de l'année en cours sur la base d'une étude qui définira le montant de l’enveloppe budgétaire à allouer à ce projet. Reste toutefois que selon lui ce découpage administratif devenu une nécessité, se fera de manière progressive et graduelle car il nécessite davantage de moyens matériels et humains. Le projet de découpage qui porte sur la création de nouvelles wilayas permettra la création de nouveaux postes d’emploi. Le lancement du projet à la fin de l'année en cours coïncidera avec le budget de la nouvelle année (2015).
Toutefois le Premier ministre, qui connaît les problèmes qui peuvent se poser à la création de nouvelles wilayas pour les avoir vécus, dira que ce découpage s’impose notamment au Sud qui vit de grands problèmes et les hauts plateaux. Il faut selon lui décentraliser la gestion de ces régions. Pour ce qui du Nord, cela se fera le moment venu
A une réponse sur la révision du code des APC et de wilaya, il indiquera que ces codes ont été révisés mais s’il fallait introduire de nouveaux amendements, le gouvernement le fera. Il a affirmé que les responsables locaux doivent assumer leurs responsabilités, selon lui le problème c’est la fiscalité locale. « On doit trouver une solution pour permettre à l’APC de jouer son rôle d’autant qu’elle est la première interface pour le citoyen. »
Pour ce qui de la lutte contre la bureaucratie le Premier ministre, a affirmé, que "la lutte contre la bureaucratie touchera tous les secteurs", soulignant que les "facilités" apportées pour le retrait des différents documents se poursuivront.
Après avoir rappelé les mesures de prolongation de la validité du passeport biométrique (10 ans) et de numérisation des registres de l'état civil pour permettre au citoyen de retirer le S12 de n'importe quelle commune ou consulat et la non-obligation pour les élèves de fournir un dossier administratif chaque année, M. Sellal a souligné que « le gouvernement œuvre à trouver des solutions pour faciliter le retrait des autres documents administratifs. »

Une conférence sur l’industrie
en septembre

Pour ce qui de la croissance économique, il rappellera que ce qui est proposé c’est de mettre l’accent sur les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, de l’énergie et du tourisme. Il est attendu de ces secteurs d’améliorer le PIB, d’être la locomotive du développement économique et réduire la place des hydrocarbures dans le PIB. Pour le secteur de l’emploi il indiquera que les banques ont financé dans le cadre du dispositif CNAC et ANSEJ 639.000 projets et que 78% des bénéficiaires ont remboursé les crédits qui leur ont été octroyés. Selon lui, il faut poursuivre cette politique tout en boostant l’investissement national public et privé et la politique de partenariat. M. Sellal annoncera dans ce sens la tenue d’une Conférence nationale consacrée au secteur de l'industrie. Il indiquera que des amendements à la loi sur l'investissement seront proposés au cours de cette conférence et ce en vue d'un plus large soutien à l'essor du secteur industriel et de faciliter la création de petites et moyennes entreprises.

Bellara : le projet sera concrétisé
Le contrat de la réalisation de la zone franche de Bellara sera concrétisé a annoncé le Premier ministre. Le projet signé avec Qatar Stil et une société nationale est à l’étude. Selon lui les fonds nécessaires à sa réalisation manquent actuellement
Pour ce qui du secteur de l’agriculture qui assure 70% de nos besoins, le Premier ministre affirme que l’on atteindra le chiffre d’un million d’hectares irrigués. Le problème dont souffre ce secteur est, a-t-il indiqué, le manque de main-d’œuvre. Un effort dans la formation sera fait pour assurer une agriculture moderne et une agro-industrie. Le Premier ministre s’est demandé jusqu’à quand allons-nous encore importer de la poudre de lait. Sur un autre registre, si le Premier ministre a tenu à rassurer que « l’on ne va pas aller vers une économie sauvage », il estimera cependant nécessaire d’ouvrir notre économie pour permettre l’investissement des nationaux et des étrangers qui respectent les lois algériennes. Pour ce qui est de la facture des importations, le Premier ministre reconnaîtra toutefois qu’elle est en hausse mais cette augmentation n’a pas impactée les réserves de changes. C’est une question de gestion, a-t-il affirmé.

Lancement de 5 projets de CHU avant fin 2014
Ce qui a été annoncé dans le secteur de la formation sera réalisé a-t-il annoncé. Pour ce qui du secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur il dira qu’il n’y a pas de tabous si ce n’est les constantes nationales et que la révision des programmes pédagogiques ou des rythmes scolaires peuvent être débattus. La conférence nationale de l’éducation qui doit se tenir au mois de juillet pourra les aborder. Pour ce qui est de la revendication d’officialiser tamazight, il dira qu’il faut mettre l’accent sur l’enseignement de cette langue et qu’il faut utiliser les outils pédagogiques modernes pour élever son niveau.
Pour le Premier ministre, il ne s'agissait pas de décision politique, mais plutôt de la volonté de son application sur le terrain. « Même si nous officialisons cette langue à l'avenir, nous le ferions sans avoir (au préalable) réuni les conditions pédagogiques nécessaires à son enseignement de manière efficace », a ajouté le Premier ministre. M. Sellal a émis le vœu pour que les consultations en cours sur le projet de révision de la Constitution « aboutissent à une décision consensuelle qui prenne en compte cette préoccupation ». Pour lui la responsabilité du gouvernement « consiste uniquement à l'exécution ».
Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, il estimera que ce secteur doit s’« adapter aux spécificités des régions ». Pour le logement, le Premier ministre annoncera la poursuite de la politique actuelle et que pour faire face aux difficultés de réalisation il sera fait appel à des entreprises étrangères de réalisation. Pour ce qui du secteur de la santé il affirmera que les choses s’améliorent et que la réalisation de 5 hôpitaux universitaires de haut niveau sera lancée avant l’année en cours. La réalisation de ces infrastructures sera donnée à des sociétés étrangères et permettra « d'éviter le transfert des patients pour soins à l'étranger ». La gestion de ces hôpitaux sera délégué aux étrangers en raison de l’insuffisance observée dans ce domaine. Il a rappelé que l'Algérie disposait de « spécialistes et de paramédicaux de niveau appréciable ».

La Loi de finances fournit les chiffres
En réponse au reproche adressé au Premier ministre sur l’absence de chiffres dans le plan d’action présenté, le Premier ministre affirmera que la loi de finances élaborée chaque année fournit les chiffres et les détails. C’est elle qui arrête les budgets alloués et fixe les objectifs. Il annoncera dans ce sens qu’il n’y aura pas cette année de loi de finances complémentaires et affirmera que les comptes d’affectations spéciaux seront réduits à 15. Il assurera aussi que les préoccupations de la communauté nationale à l’étranger soulevées lors des débats seront prises en charge.
Nadia Kerraz


Le plan d'action du gouvernement en débat à partir de demain
au Conseil de la nation


Le plan d'action du gouvernement sera débattu à partir de demain en séances plénières, au Conseil de la nation. Il sera présenté par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Le débat se poursuivra jusqu'à mardi prochain, précise un communiqué du Conseil.

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