mardi 13 novembre 2018 04:38:54

Effets des mesures de restriction budgétaire sur les populations vulnérables : L’OIT dénonce

L’Organisation internationale du travail (OIT) a dénoncé hier, les effets sur les populations les plus vulnérables des mesures d’austérité budgétaires prises par les Etats à partir de 2010, suite à la crise financière de 2008, dans un nouveau rapport sur la protection sociale, publié à Genève.

PUBLIE LE : 04-06-2014 | 0:00

L’Organisation internationale du travail (OIT) a  dénoncé hier, les effets sur les populations les plus vulnérables des mesures d’austérité budgétaires prises par les Etats à partir de 2010, suite à la crise financière de 2008, dans un nouveau rapport sur la protection sociale, publié à Genève. Selon Isabel Ortiz, directrice du département de la protection sociale de l’OIT, «contrairement aux idées reçues, les mesures d’assainissement budgétaire ne se sont pas cantonnées à l’Europe, en 2014, pas moins de 122 gouvernements ont réduit leurs dépenses publiques, dont 82 pays en développement».
Ces mesures «concernaient les réformes des régimes de retraite, des systèmes de santé et de sécurité sociale (...), la suppression de subventions, la réduction d’effectif parmi les travailleurs sociaux et les personnels de  santé». En conséquence, les populations ont dû payer le coût de cet assainissement  «à une période où l’emploi est rare et le soutien plus nécessaire que jamais»,  a-t-elle indiqué. Dans l’UE, suite aux coupes en matière de protection sociale, il y a  désormais 123 millions de personnes considérées comme pauvres, soit 24% de la population, «dont beaucoup d’enfants, de femmes, de personnes âgées et de handicapés». Parallèlement à cette situation, la Chine, pays émergent, a presque réussi pendant la même période «la couverture universelle des retraites et a  augmenté les salaires minimaux». Le Brésil a aussi accéléré l’extension de la couverture sociale et des  salaires minimaux depuis 2009. Certains pays pauvres, comme le Mozambique, ont également agi au niveau de la protection sociale, «mais souvent par des filets de sécurité temporaires sur de faibles niveaux de prestation». En fait, dans une première phase de la crise de 2008-2009, au moins  48 pays à revenu élevé ou moyen ont mis en place des plans de relance pour un  montant de 2.400 milliards de dollars, dont environ un quart était consacré à des mesures de protection sociale. Cette aide a «agi comme un stabilisateur automatique qui a aidé les  économies à retrouver leur équilibre et à protéger les chômeurs et les plus  vulnérables d’une catastrophe économique dans les pays où elle a été déployée». Puis, dans une 2e phase, à partir de 2010, «de nombreux gouvernements  ont changé de trajectoire et se sont embarqués prématurément dans des mesures d’assainissement budgétaire, malgré l’impérieux besoin de prolonger le soutien  aux populations vulnérables et de stabiliser la consommation». Aujourd’hui, plus de 70% de la population mondiale n’a pas de véritable protection sociale, a relevé pour sa part Sandra Polaski, directrice générale adjointe de l’OIT. Concernant les retraites vieillesse, l’OIT indique que 49% des personnes ayant dépassé l’âge de la retraite dans le monde ne touchent aucune pension. Par ailleurs, l’organisation relève qu’à l’échelle mondiale, seuls 12%  des chômeurs touchent des allocations chômage, variant de 64% en Europe de l’ouest,  à moins de 3% au Moyen-Orient et en Afrique.

 

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