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Clôture du festival national de la musique Diwane : Consécration des troupes du Nord-Ouest

Après cinq jours de compétitions, le jury du festival culturel national de la Musique diwane a octroyé le grand prix du festival à la troupe Sidi Belal de Mascara, le deuxième prix a été décerné à la troupe Jil Saïd d’Oran, quant au troisième prix, il est revenu au Noudjoum Diwan de Sidi Bel-Abbès. Une consécration des troupes du Nord-Ouest dont certaines voix affirment que cette région est à l’origine du diwane en Algérie.

PUBLIE LE : 31-05-2014 | 0:00
D.R

De notre envoyé spécial à Béchar : Kader Bentounès

Après cinq jours de compétitions, le jury du festival culturel national de la Musique diwane a octroyé le grand prix du festival à la troupe Sidi Belal de Mascara, le deuxième prix a été décerné à la troupe Jil Saïd d’Oran, quant au troisième prix, il est revenu au Noudjoum Diwan de Sidi Bel-Abbès. Une consécration des troupes du Nord-Ouest dont certaines voix affirment que cette région est à l’origine du diwane en Algérie.

Lors d’une cérémonie grandiose organisée au stade Ennasr en présence du wali de Béchar, un master class a eu lieu avec des chérubins vêtus en tenue traditionnelle, ce qui vise évidemment à assurer la relève de cette musique séculaire. L’annonce des résultats s’est faite après une longue délibération des membres du jury présidé par le musicologue et chercheur en musique Azzedine Benyacoub, qui comporte également deux Maelmines et d’autres musicologues. Plusieurs points ont été pris pour choisir le lauréat du grand prix, suivant un strict barème. A commencer par la façon d’interpréter le bordj (vers poétique du diwane) et l’originalité du texte, la façon de jouer le guembri, l’addiction du koyo bango (le vocaliste d’une troupe diwane), la synchronisation des sons des gandouzes (joueur du karkabou), les chorégraphies et les danses folkloriques, et enfin les costumes et les tenues vestimentaires des différentes genres du diwane comme la Migzawa qui demande des costumes traditionnels. Selon le Maelem Majber, membre du jury, chef de troupe et lauréat à la deuxième édition de ce festival, les troupes du diwane sont en permanente évolution, cela dénote du grand intérêt que porte la jeunesse à cette musique séculaire : « Entre trois et quatre troupes seulement participaient aux premières éditions du festival, durant cette édition, il fallait choisir 15 troupes pour la compétition officielle parmi plus de 30 postulantes », a-t-il indiqué, avant d’appeler ces troupes à aller de l’avant et de conquérir d’autres pistes musicales et de ne jamais se reposer sur ses lauriers : « Il y a toujours du chemin à faire pour promouvoir la musique diwane, il faut songer à participer avec force au festival international de la musique diwane d’Alger, et aller à la rencontre des étrangers pour retravailler cette musique et la fusionner à d’autres genres musicaux », a-t-il préconisé.
Le lauréat a eu 200.000 DA, le deuxième 150.000 DA et le troisième empochera 100.000 DA, le budget du festival est de 10 millions de dinars, selon le chargé de communication du festival, Abdelhalim Araou. Le commissariat du festival a réussi à plonger le public bécharien, durant une semaine, dans une atmosphère de fête et de joie, en ramenant sur scène quotidiennement trois troupes de musique diwane des quatre coins du pays, ainsi qu’un invité d’honneur de renommée nationale. En effet, l’incontournable Hasna El Bacharia, les populaires Es Sed, Diwane el Bahdja, les jeunes Caméleon, El Dey et enfin Freeklane ont répondu présents pour chanter pour le public de la capitale de la Saoura qui, faut-il le signaler, abrite une grande culture de la musique avec tous ses rituels.
Le président de la troupe lauréate du grand prix s’est dit satisfait de ses musiciens et de leur grand dévouement à cette musique : « On s’y attendait parce qu’on a fait un travail perfectionné, cette œuvre qu’on a jouée a été présentée par nos ancêtres déjà dans les années 1970, on lui a fait des arrangements et je suppose que cela a plu aux autres. Nos prochaines ambitions sont la formation d’une école du gnawi à Mascara pour leur transmettre le flambeau, ainsi que la participation au festival international de la musique diwane d’Alger pour qui nous portons beaucoup d’intérêt », a déclaré Belarbi Benamar à l’issue de la remise des prix. Un festival qui grandit d’année en année est à sa huitième édition, sa maturité à ouvert la porte au grand débat, celui de la question de l’introduction d’autres instruments de musique, et celui de la différence entre le diwane et le gnawi, et ce, grâce aux ateliers et conférences organisés tout au long du festival.  Il faut signaler également que les recherches académiques se multiplient pour creuser et trouver la vérité de la musique diwane, son histoire et son origine, qui demeurent à travers les siècles sujette à plusieurs mystères.
    K. B.
 

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