samedi 17 novembre 2018 02:24:50

Révision de la constitution : Discussions franches entre partenaires pour rapprocher les points de vue

Front du changement : Refus du principe de la parité contenu dans le projet de constitution

PUBLIE LE : 28-05-2014 | 0:00
D.R

Le chantier d’amendement de la Constitution, un moment fort de la nation obéit nécessairement et fondamentalement au souci d’affirmer davantage la confiance des citoyens, la crédibilité des institutions, la légitimité des aspirations nationales, et surtout pour établir la vérité de l’essentiel et sortir définitivement des positionnements  plus ou moins nihilistes qui s’érigent ici et là suivant les contextes et les événements en  culture de dénégation, de protestation et de récusation des positions de l’autre. Seules des discussions franches entre partenaires qui sont en majorité convergent sur les principaux amendements susceptibles d’ouvrir des passerelles pouvant discuter des divergences possibles en fédérant les positions de principe.  

Cette conviction se manifeste dans les contacts en cours pour mettre d’accord tous les Algériens devant leur responsabilité et attester de l’obligation de se réunir dans des discussions autour de la révision de la Constitution, le document qu’ils souhaitent hisser en loi fondamentale, l’arbitre entre l’ensemble des représentants du peuple dont ils réaffirment à chaque échéance la source de tous les pouvoirs.
C’est dans cette optique que les discussions et les contacts se poursuivent même si les différentes parties se concertent en procédant aux rencontres et réunions de travail. Chacun a sa propre vision de la façon de procéder qui n’est pas nécessairement similaire à celle de son vis-à-vis pendant que les services de la présidence mettent en place des conditions politiques  et institutionnelles  des consultations nationales qui vont s’ouvrir le mois de juin en aboutissement à un projet d’amendement de la Constitution  consensuelle en parachèvement du  processus démocratique amorcé en Algérie depuis 2011.                         
Il est bien évident que toutes les parties politiques et économiques, les organisations sociales et professionnelles ainsi que les segments de la société civile, impliquées ou interpelées dans la démarche, sont d’avis pour affirmer que la révision de la Constitution est un passage obligé se déclarant en majorité favorable à un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable une seule fois, un chef du gouvernement issu de la majorité parlementaire, une nouvelle Constitution constitutionnelle où chacun aura sa place, l’affirmation du principe de la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la magistrature, un contre pouvoir affiché, une place et un rôle de l’opposition, l’affirmation de l’indépendance de la justice.
Au plan judiciaire, les partenaires de la société privilégient l’instauration d’une cour suprême constitutionnelle pour examiner les appréciations du Conseil constitutionnel qui ne sont pas actuellement susceptibles d’appel.
La révision de la Constitution devant consacrer le renouveau national, ériger une société des libertés et la démocratie voulue par le peuple, garantir l’alternance au pouvoir passent forcément par une Constitution consensuelle à laquelle seront associés tous les partenaires politiques et sociaux, et même ceux qui sont actuellement exclus de l’activité politique et qui sont en fait une partie de la solution.

Les consultations sur la révision constitutionnelle et la quête de  convergences consensuelles
Toutes les positions des parties convergent vers ces objectifs qu’ils ont d’ailleurs affirmés à maintes occasions avec cependant un désaccord sur la façon de faire la jonction entre la majorité et les fragments de l’opposition en allant vers leur matérialisation dans les faits au moment où des invitations ont été adressées à quelques 150 personnalités constituant la genèse de l’ensemble de la société dans sa diversité politique, économique et socioprofessionnelle autour des consultations nationales où chacun pourra émettre ses propositions, ses avis et ses contre propositions en enrichissement du document devant contenir les fondements et principes constitutionnels qui constitueront la source des lois de la république algérienne.
Dans l’attente de nouveaux développements dans l’évolution des contacts et des positions pour l’amorce des consultations du chantier de la révision constitutionnelle, les intellectuels formant l’élite nationale suppléent aux politiques et discutent de la problématique posée aux interfaces du pouvoir en Algérie en abordant les chapitres du projet d’amendement soumis au débat.
La majorité de la classe politique se prépare aux consultations en animant des rencontres pour donner l’ossature aux propositions à soumettre lors de la rencontre nationale et une partie de l’opposition, composée des partis FJD, MSP, RCD, JD, Nahda, en présence de l’ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, autour d’une plate-forme, prépare sa propre conférence, en précisant que le contenu du projet de révision constitutionnelle qui ne tient pas compte des revendications de la classe politique concernant notamment la nature du régime politique, ajoutant que la parité hommes-femmes au Parlement et dans les assemblées élues n’a jamais été la revendication de la classe politique.  
Les principaux animateurs de la conférence en préparation sont composés des partis FJD, MSP, RCD, JD, Nahda, en présence de l’ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour.  
A ces deux tendances, d’autres entités politiques proposent le report de quelques semaines des consultations autour de la révision constitutionnelle afin de permettre à toutes les forces politiques de prendre part à son élaboration en consacrant le principe de Constitution consensuelle jugeant qu’il s’agit d'une question décisive. C’est le cas du PLJ qui estime que l’adoption d’une Constitution  consensuelle à laquelle contribueront toutes les forces politiques actives constitue le meilleur garant de la stabilité des institutions et l’édification d’un Etat moderne qui traduit la volonté du peuple préconisant l’élargissement des consultations à toutes  les forces actives dans la société quel que soit leur statut juridique dans  le cadre de la réconciliation nationale incluse dans les propositions présentées au débat comme faisant partie des constantes nationales. Dans ce cadre le PLJ de déclare convaincu que le dialogue est la seule issue pour résoudre les problèmes et que le changement était une évidence imposée  par le niveau de développement de la société et les exigences de la modernité d’où sa réponse positive à l’appel de la présidence de la République en ce qui concerne la révision de la Constitution.  
Houria A.

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Front du changement
Refus du principe de la parité contenu  dans le projet de constitution
Le secrétaire général du Front de changement, Abdelmadjid Menasra, a exprimé hier, à Alger, le refus de son parti « du principe de la parité hommes-femmes, tel que défini dans le projet de la nouvelle Constitution » que la présidence de la République à présenté aux différents partis et personnalités politiques pour le débat et l’enrichissement. S’exprimant à l’ouverture du forum mensuel du parti consacré dans sa nouvelle édition, au principe de la parité, M. Menasra, a fait savoir que son parti compte « lancer une campagne nationale contre cette amendement. Une campagne ouverte à tous », afin de s’opposer à ce principe « contraire à la religion, humiliant pour le statut de la femme et qui remet en cause la Constitution consensuelle ».  Aussi, selon lui, « en 2008, l’amendement de la constitution contenait l’élargissement de la participation de la femme dans les assemblées élues que nous avons accepté et même salué, mais cette fois-ci, il s’agit de la parité non seulement en politique mais dans tous les domaines de la vie familiale et sociale », a-t-il expliqué.  
Le leader du front de changement s’est demandé s’il s’agit là d’une revendication. « Si c’est le cas », dira t il « on voudrait savoir qui l’a revendiqué, car nous n’en n’avons jamais entendu parler ni lors des consultations sur les réformes politiques avec M. Abderlkader Bensalah ni encore moins lors des consultations autour de la révision de la Constitution avec le Premier ministre M. Abdelmalek Sellal », s’est il interrogé, précisant qu’il ne s’agissait pas d’un amendement réformiste, mais d’un « dérapage par rapport aux constantes nationales, aux principes de l'Islam et aux us algériennes ». M. Menasra a mis en exergue dans ce contexte la nécessité d' établir un "dialogue sérieux" avec toutes les parties concernées autour du projet de révision de la Constitution afin de parvenir à un "accord sur les idées et propositions soumises en vue d'asseoir une Constitution consensuelle et cohérente pour l'intérêt du peuple". Parmi ses propositions, il évoquera "la consécration d'une plus grande protection de l'opposition et l'élargissement des articles relatifs aux droits en introduisant le droit au logement et au travail au profit des citoyens". Le FC propose également l'introduction d'articles définissant les droits et devoirs des jeunes afin de leur permettre de reprendre confiance en leur avenir et en leur pays en sus d'une " consécration du principe d'égalité entre les sexes en conformité avec les percepts de l'islam".
M. Menasra a également insisté sur la "consécration du principe d'alternance au pouvoir, des principes de la démocratie et la protection des droits de l'homme et des libertés individuelles et collectives". Concernant la situation sécuritaire dans certains pays voisins, M. Menasra a appelé les dirigeants et les peuples de ces pays à la "sagesse, au dialogue et à la réconciliation à même d'instaurer la stabilité et de recouvrer la sécurité". Rappelant la décision du parti de participer aux consultations autour du projet de révision, le secrétaire général du FC, précisera toutefois que « cela ne veut ne pas dire que le parti accepterait tous les amendements contenus dans le texte ». « Nous accepterons ce que nous jugeons « approprié », mais nous allons nous opposer  à tout ce qui est « humiliant », dont cet amendement qui n’est pas consensuel », a-t-il estimé, tout en appelant le Président de la République à intervenir pour supprimer tout ce qui pourrait « porter atteinte à la Constitution consensuelle et menacerait les fondements du pays ».
Salima Ettouahria
 

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