dimanche 23 septembre 2018 12:26:24

17e conférence ministérielle des pays non-alignés : Le développement et la sécurité, deux défis majeurs pour le Mouvement des Non-Alignés

Le Mouvement des pays non-alignés (MNA) est aujourd'hui face à de grands défis, notamment ceux liés au développement économique et humain, à la stabilité politique et sécuritaire, et à la restructuration des instances de la gouvernance mondiale, ont souligné, à Alger, des politologues.

PUBLIE LE : 28-05-2014 | 0:00
D.R

Le Mouvement des pays non-alignés (MNA) est aujourd'hui face à de grands défis, notamment ceux liés au développement économique et humain, à la stabilité politique et sécuritaire, et à la restructuration des instances de la gouvernance mondiale, ont souligné, à Alger, des politologues.

"Le MNA se trouve aujourd’hui face à de nombreux défis qui ne sont pas totalement différents de ceux de ses deux premières décennies d’existence", ont indiqué à l'APS, Mohamed Bouacha, enseignant à l’École nationale supérieure des sciences politiques (ENSSP), et Mokhtar Mazrag, enseignant à l'université d'Alger.
Pour les deux spécialistes, il est urgent pour le mouvement de se focaliser sur les questions de développement économique et humain, la stabilité politique et sécuritaire, et sur la restructuration des instances de la gouvernance mondiale pour mettre en place un système international plus équitable et faire sortir le tiers-monde de la pauvreté et de l'instabilté.
"La revendication d’un Nouvel ordre économique international, la mise en place d’une coopération Sud-Sud et bien d’autres revendications du 4e sommet du MNA, tenu à Alger en 1973, sont toujours d’actualité, en dépit de la fin du choc idéologique entre l’Est et l’Ouest ", a relevé M. Boucha, à la veille de la tenue de 17e Conférence ministérielle du MNA à Alger du 26 au 29 mai.
Tel que l’a mentionné la déclaration de Téhéran (août 2012), l'ancien directeur de l'ENSSP a jugé "que le MNA doit se remettre sur les rails en tant que force de proposition sur la scène internationale et un acteur aux rôles multiples capable de transformer ses difficultés en potentialités". "S’orienter vers une coopération politique et diplomatique multilatérale au sein du MNA est l’un des plus grands défis d’aujourd’hui", a-t-il estimé, expliquant qu’une telle option peut changer les priorités de l’ONU et d’autres organisations internationales et régionales en matière de paix et de sécurité internationales.
"Le MNA doit définir une nouvelle stratégie, qui se focalise principalement sur le développement, la sécurité et le transfert de la technologie", a recommandé M. Bouacha, soulignant que "la redéfinition d’une telle stratégie exige des efforts énormes, vu la grave perte de confiance à l’intérieur de ce mouvement et la folle course des États membres vers la séduction des grandes puissances pour des intérêts restreints qui portent préjudice à toute l’organisation".
Pour sa part, Mokhtar Mazrag a rappelé que le MNA "a durement combattu durant les années 1970 et 1980 pour aider les peuples à se libérer du colonialisme", précisant que cette période représente l'"âge d’or" du militantisme de ce mouvement pour un Nouvel ordre économique international qui garantirait la prospérité économique aux pays du Sud, à travers une souveraineté totale sur leurs richesses et ressources naturelles.
Il a en outre souligné que "le bouleversement géopolitique généré par la fin de la Guerre froide ne remet pas en cause la raison d'être du MNA comme mécanisme de cohésion politique des pays du tiers-monde face aux nouvelles menaces". M. Mazrag a relevé les "nombreux défis" auxquels fait face le MNA, notamment ceux liés au développement humain (éducation, santé et environnement).
"Les progrès économiques enregistrés dans beaucoup de pays membres comme l'Afrique du Sud, l'Inde, l'Iran, la Malaisie, et de pays observateurs au sein de ce mouvement, à l'image du Brésil et de la Chine, peuvent être une alternative efficace à la domination économique et commerciale des pays du Nord", a-t-il estimé.
Pour lui, les organisations et les intégrations régionales créées par des pays du MNA, telles que l’Union africaine (UA), l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), peuvent jouer "un rôle important dans la réactivation du MNA dans un Nouvel ordre mondial dominé par la mondialisation". "Aujourd’hui, le rôle du MNA ne peut pas se résumer à la neutralité positive comme auparavant. Le mouvement doit s’imposer sur la scène internationale comme un acteur important capable d'imposer un monde multipolaire garantissant l’équilibre, la stabilité et l’équité", a-t-il expliqué.

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MNA: lutte antiterroriste, une priorité face aux mutations internationales
Le phénomène du terrorisme qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes a levé le voile sur une nouvelle réalité qui vient s'ajouter aux nombreux défis auxquels fait face le Mouvement des Non-Alignés (MNA) à l'ombre des menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité internationales, d'où la nécessité pour le mouvement d'adapter son approche aux mutations internationales.
Pour inscrire sa démarche en droite ligne des développements enregistrés sur la scène internationale suite aux évènements du 11 septembre 2001, et des décisions du Conseil de sécurité afférentes à la lutte antiterroriste, le MNA a placé ce dossier "épineux" et "complexe" au titre de ses priorités, lors des sommets et réunions ministériels importantes.
Convaincu de l'impératif d'appuyer la mise en œuvre de la stratégie de l'ONU sur la lutte contre le terrorisme, le MNA, devenu le plus grand ensemble au monde après l'ONU, est désormais appelé à mettre au point des approches solidaires et concertées susceptibles d'influer sur le nouvel ordre mondial pour l'amener à être à l'écoute de ses préoccupations. 

Rejet de la dualité dans la classification des actes terroristes et de l'amalgame entre lutte légitime et terrorisme
Le MNA, qui a, de tout temps, prôné les principes de libération et de lutte contre la discrimination raciale tout en soutenant le droit des peuples à l'indépendance dans un monde bipolaire, ambitionne aujourd'hui, dans un monde monopolaire, de relever les défis du développement, de la paix et de la stabilité et œuvre à bannir la dualité dans la classification des actes terroristes qui prennent des proportions de plus en plus inquiétantes.
Depuis les sommets de La Havane (Cuba-2006), de Charm El-Cheikh (Égypte-2009) et de Téhéran (Iran-2012), la question du terrorisme se taille la part du lion dans l'ordre du jour de l'ensemble afro-asiatique, et constitue l'une de ses premières priorités, en témoignent les communiqués finaux des sommets du MNA, lesquels condamnent sans équivoque, tout amalgame fait entre terrorisme et lutte légitime des peuples colonisés.
Durant cette période, le mouvement a mené des initiatives visant à dynamiser son rôle pour être à la hauteur de ce nouveau défi qu'est le terrorisme et chercher les moyens de tarir ses sources.
Pour le MNA, les questions telles que l'exploitation des droits de l'homme pour exercer des pressions sur les pays, l'atteinte de la souveraineté des pays et la violation des droits de leurs peuples au nom de la légalité internationale ou du droit international doivent être appréhendées à travers une définition claire des concepts de terrorisme, pour éviter tout amalgame susceptible de la mettre sur le même pied que la lutte légitime des peuples.
Conscient que la paix et le développement sont étroitement liés, le MNA est désormais appelé à fédérer les efforts de ses pays et accélérer le parachèvement du projet de convention globale de lutte contre ce fléau en vue de pallier les lacunes enregistrées dans les lois internationales, notamment celles relatives au financement du terrorisme.
Du haut des tribunes du mouvement, l'Algérie a plaidé pour la mobilisation des moyens nécessaires et l'instauration d'un mécanisme de coopération entre les pays du mouvement pour éradiquer le terrorisme qui ronge les pays du Sud, mettant en garde contre les répercussions dangereuses du paiement de la rançon qui tend à devenir un moyen alternatif pour financer les groupes terroristes. Elle a, également, souligné la nécessité de lutter contre ce phénomène multidimensionnel.
 Lors du sommet de Téhéran en 2012, l'Algérie a mis en garde, par la voix du président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, qui avait représenté le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, contre les menaces qui ciblent la stabilité et l'équilibre géopolitique, sur les plans régional et international.
M. Bensalah avait exprimé les préoccupations de l'Algérie à l'égard des derniers développements dans la région du Sahel et leurs répercussions sur la sécurité et la stabilité dans la région, estimant que le terrorisme, le trafic d'armes, le sous- développement et la pauvreté avaient aggravé la situation.

Mise en œuvre de la stratégie onusienne de lutte antiterroriste, "nécessité impérieuse"  
Après plus d'une décennie durant laquelle le terrorisme a outrepassé toutes les frontières enregistrant un nombre record d'actes "des plus meurtriers", le MNA voit en la mise en œuvre "transparente, globale et équilibrée" de la stratégie onusienne de lutte antiterroriste, "une nécessite impérieuse".
Dans ce contexte, le mouvement a appelé à la tenue d'une conférence internationale pour donner une réponse concertée au phénomène du terrorisme.
Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait souligné, à l'occasion de la 4e réunion ministérielle du Forum mondial contre le terrorisme (GCTF), tenue en septembre 2013 à New York, les efforts consentis par l'Algérie dans sa lutte "sans merci" contre le terrorisme dans le cadre de la Légalité internationale et de la Stratégie mondiale de lutte antiterroriste.
Même si sa contribution au débat actuel sur le projet de convention globale sur le terrorisme reste modeste, le MNA n'a eu de cesse de condamner le terrorisme sous toutes ses formes, d'encourager l'établissement d'une coopération plus large en la matière et de tarir ses sources de financement.  
Les représentants du MNA participant à une réunion du Conseil de sécurité en janvier 2013 avaient exprimé clairement leur position de rejet de la dualité dans la classification des actes terroristes, et condamné le recours à l'autorité de l'État pour réprimer les peuples luttant pour leur droit à l'autodétermination.
Le Mouvement des pays en développement est aujourd'hui appelé à faire face au terrorisme, au crime organisé et aux différentes formes de contrebande, à travers la mise au point d'une approche stratégique commune, en coordination avec les partenaires internationaux afin de répondre au aspirations de leurs peuples et de mieux s'adapter aux exigences du nouvel ordre mondial.
 

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