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Terrains de prédilection du commerce informel : Bab El-Oued, marché T'nache, Ferhat-Boussad

C'est pratiquement devenu un sport national : le commerce informel ou ce que les sociologues désignent comme le sous-emploi fait rage dans les grandes villes du pays, alors qu'à Alger, le phénomène est si bien enraciné qu'il a fini par faire partie du ''décorum'' des marchés populaires.

PUBLIE LE : 28-05-2014 | 0:00
D.R

C'est pratiquement devenu un sport national : le commerce informel ou ce que les sociologues désignent comme le sous-emploi fait rage dans les grandes villes du pays, alors qu'à Alger, le phénomène est si bien enraciné qu'il a fini par faire partie du ''décorum'' des marchés populaires. Au populaire marché ''T'nache'', entre Belouizdad et la place du 1er-  Mai, des étals de fortune sont dorénavant installées par des revendeurs occasionnels  de fruits et légumes, en particulier.    «Avant, ce marché a été baptisé marché T'nache (douze en arabe), car il fermait à midi. Aujourd'hui, hélas, il est envahi par le commerce informel à longueur de journée», se désole Mustapha, un natif du quartier,  qui se plaît le vendredi à venir y flâner à la recherche de quelques bonnes pièces de daurade ou de thon. Ce marché ne fait pas une exception dans une capitale envahie par le  commerce informel, en particulier au niveau des grands marchés de fruits et  légumes de la capitale, aussi bien à Bab El-Oued, à Ferhat-Boussad, à El-Harrach, Bachdjarrah, El-Biar ou les marchés couverts du plateau de Mustapha,  dont celui d’Ali-Mellah.  «Tous les marchés sont squattés par les revendeurs occasionnels, des  marchands ambulants de fruits, de légumes, d'agrumes, de poissons et souvent des articles de pacotille de Chine et du Nankin. Et, par la force des choses,  ils se sont arrogés le droit de squatter et même sous-louer les murs des ruelles  de ces marchés», affirme un habitant de Bab El-Oued.
Le marché couvert de Bab El-Oued, qui attire chaque jour des milliers de clients et de badauds, est «pratiquement asphyxié par ces revendeurs informels. Ils ont depuis longtemps fermé les rues qui y mènent, pour  étaler leurs marchandises souvent à même le sol», ajoute cet habitant de Bab  El-Oued, emporté par des «souvenirs des belles salles de cinéma du quartier, et de la belle ambiance qui régnait ici dans les années 1970». Cette situation est pratiquement la même dans l'ensemble des marchés couverts de la capitale, qui y drainent un commerce informel qui fait feu de  tout bois, au point de «gêner la circulation automobile et souvent les évacuations  d'urgence de la Protection civile», affirme Abbes, un natif de Notre Dame d'Afrique,  sur les hauteurs de Bab El-Oued.                 

Jeunes vs chômage     
À la direction du commerce de la wilaya d'Alger, pourtant, aucune explication  au phénomène n'a pu être glanée auprès des responsables. «Nous ne sommes pas habilités à vous donner la moindre information sur ce sujet», a indiqué le  directeur de wilaya du commerce, qui a cependant précisé que «nous sommes disposés à vous donner ce que vous voulez, mais pas sur le commerce informel».
La propagation du commerce informel, ou ce que l'on appelle le sous-emploi, «une situation sociale précaire avec des revenus aléatoires, dans la capitale  est une réponse concrète au chômage des jeunes surtout», explique Hamid K., sociologue de la ville.     

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