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Symposium sur les entreprises familiales : Le mode de gouvernance en question

Sur les 680.000 PME recensées dans notre pays, 95% sont classées familiales dont 97% sont des TPE

PUBLIE LE : 27-05-2014 | 0:00
D.R

La pérennité de l’entreprise familiale est tributaire de la préparation de la relève, d’une bonne gouvernance, d’un plan de développement des activités, d’une cohésion des décisions, mais aussi d’une gestion efficiente des ressources humaines et des finances. Toutefois, d’autres paramètres interfèrent dans l’évolution de cette catégorie d’entreprises, notamment l’environnement économique, son mode organisationnel et le cadre juridique régissant le fonctionnement de l’économie. Un engrenage qui concourt à la complexité de l’équilibre de l’entreprise et, parfois, à sa fragilité. Le 13e symposium International organisé, hier, à l’hôtel Hilton par MDI Business School aura permis de définir la notion d’entreprise familiale, et de cerner les contraintes qui bloquent  son essor. La présentation d’exemples concrets de réussites à l’instar des groupes privés Cevital, Benamor et Hasnaoui donnera plus de sens à la thématique retenue pour cette édition. « Les entreprises familiales : vulnérabilité ou croissance durable ? Quel apport à la création de valeur ajoutée en Algérie », tel est le sujet qui sera traité par les différents intervenants, experts, chefs d’entreprises, et académiciens qui étaient unanimes à défendre un rôle plus soutenu de l’entreprise familiale dans la croissance économique du pays où  sur les 680.000 PME, 95% sont classées familiales dont 97% sont des TPE. Le DG de MDI Business School a affirmé, dans ce sens que ce genre de « confrontation est nécessaire entre le monde de l’entreprise et celui de la recherche ». M. Brahim Benabdeslem ajoutera que « le choix de ce thème n’est pas fortuit » d’autant plus que, « la question est rarement abordée en Algérie », au moment où, « l’entreprise familiale est acteur majeur dans l’économie nationale ».
A ce propos, il indiquera que sur plus de 600.000 PME, 95% sont des entreprises familiales qui contribuent en majorité au PIB. Aussi, l’entreprise familiale doit être « jugée à travers sa valeur ajoutée, son management et non, de par sa dimension ». Le président du FCE a, pour sa part, déclaré que « la préjugé véhiculé », à savoir que « la structure de notre PME constituée d’entreprises à caractère familial prononcé constitue un handicap pour le développement et la croissance du pays est truqué et loin de la réalité ».
M. Réda Hamiani estime qu’il s’agit plutôt, de « l’absence, dans notre environnement, de conditions favorables à la création d’entreprises et leur modernisation ». L’autre confusion qu’il faut lever concerne l’amalgame entre « ouverture du capital et ouverture du management », dira M. Hamiani. Une remarque qui l’amènera à évoquer la problématique de financement de l’entreprise privée ou familiale dans le contexte algérien qui n’offre pas à cette dernière les moyens d’assurer la cohérence entre le besoin de financement et le risque d’ouverture ». Dans sa lancée, le président du FCE a rappelé qu’en 2000, la part du secteur public dans le PIB, hors hydrocarbures a été de 25% pour descendre à 14% en 2013. A la même période, dira t-il, la part du privé dans la valeur ajouté hors hydrocarbures est passée de 74% à plus de 85%. La part de ce même secteur dans la valeur globale, hydrocarbures compris, est passée 42% en 2000 à plus de 51% en 2013. « Le secteur privé est en pleine expansion », a-t-il fait remarquer. Aussi, « la solution dictée par les experts recommande d’approfondir les réformes des structures de notre pays pour libérer les initiatives et assainir l’environnement de l’entrepreneur et de l’investisseur ».
Et d’ajoute que « nous avons besoin de stabilité du cadre de l’organisation de notre économie pour plus de visibilité et rattraper le retard ». L’expert Boualem Aliouat de l’université de Nice Sophia Antipolis (France) a abordé « les enjeux de l’entreprise familiale en Algérie » pour énumérer les fondamentaux qui caractérisent le fonctionnement de l’entreprise familiale. En Algérie, 95% des entreprises sont familiales dont 97,8% sont des TPE, a affirmé l’intervenant qui mettra en exergue des données qui renseignent sur la percée du secteur privé de par le monde. Selon lui, « l’entreprise familiale est un équilibre complexe » alors que la « plus grande problématique relève de la gestion des compétences ».
Il fera part d’un consensus, sur la base des études effectuées à ce niveau, quant à la nécessité « d’une charge de gouvernance » qui permette de « définir les droits des actionnaires et la conservation des intérêts ». Aussi, « la succession qui est essentielle comporte deux éléments qui sont la propriété et l’héritage », a-t-il précisé. «Aujourd’hui, nous sommes en Algérie dans la première relève de l’entreprise familiale et la question qui se pose est « comment préparer la succession de ces entreprises pour assurer leur pérennité ?» L’expert considère que «si l’on ne prépare pas bien cette succession qui doit se faire par étape, on risque de voir 80% de ces entreprises familiales disparaître. Le patron de Cevital est revenu sur la genèse de la création de son groupe et son cheminement vers l’international.
M. Issaâd Rebrab qui a mis en avant les avancées réalisées en Algérie en matière d’encouragement de l’entreprise familiale, a affirmé que la vulnérabilité de l’entreprise familiale vient de leur mode de gouvernance » et du fait « que certains chefs d’entreprises se voient arrivés » à l’objectif. Résumant les 40 ans du parcours du groupe qui a réussi sa percée à l’international, M. Rebrab dira que Cevital c’est 14.000 collaborateurs, 3, 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, zéro dettes et une croissance annuelle moyenne de 34% durant les 14 dernières années.
Il fera part de 4 projets de dimension internationale à lancer dès cette année à savoir une cimenterie, une unité de fabrication de fenêtres à double vitrage, (3 000 emplois), un complexe d’électroménager avec l’achat de Fagor Brandt ( 7 500 emplois en Algérie) et une nouvelle ligne de fabrication de verre plat en phase de construction. « Nous priorisons notre pays pour les projets », a-t-il affirmé tout en espérant que « les choses évoluent » en référence aux projets en instance depuis des années. Tout en affirmant que, la qualité du choix de la ressource humaine est primordiale », le patron de Cevital dira que « le succès de notre groupe  c’est le réinvestissement permanent des résultats ».
Les présidents des groupes Benamor (1984)  et Hasnaoui (1974) ont également abordé les contraintes rencontrées au démarrage de leurs sociétés et les facteurs qui ont contribué à leur réussite. Choix des compétences, formation, rigueur dans la gestion, association des membres de la famille dans la prise de décision, acquisition de savoir-faire, amélioration constante de la qualité du produit d’où la fidélisation des clients, sont autant de facteurs qui ont contribué à la pérennité de ces groupes qui tendent à la diversification de leurs secteurs d’activités.
C’est le cas du groupe Hasnaoui qui compte actuellement 8 sociétés mixtes et qui compte aller vers une étape supérieure en matière « de coût et de qualité » dans le domaine du BTPH notamment, sachant que le groupe a réalisé le premier quartier écologique (2 000 logements). Le groupe, a déclaré son président, M. Brahim Hasnaoui s’est lancé récemment dans la biotechnologie.
Le président du groupe Benamor, M. Laïd Benamor expliquera, pour sa part, les raisons qui ont conduit à la réussite du groupe spécialisé dans la filière agro-alimentaire et le développement agricole. Il présentera les chiffres de la réussite qui font que le groupe a pu imposer son label sur le marché algérien.
D. Akila

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