vendredi 20 octobre 2017 09:50:29

Le professeur Salim Nafti au Forum d’El Moudjahid : « 45 Algériens meurent quotidiennement en raison du tabagisme »

Le professeur Salim Nafti, chef de service pneumologie au CHU Mustapha Pacha, invité, hier, du Forum d’El Moudjahid, à l’occasion de la journée mondiale Sans Tabac, a indiqué, que le tabac est l’ennemi numéro 1 de la santé publique, car à lui seul, il engendre 25 maladies.

PUBLIE LE : 27-05-2014 | 0:00
Ph : Hammadi

Le professeur Salim Nafti,  chef de service pneumologie au CHU Mustapha Pacha, invité, hier, du Forum d’El Moudjahid, à l’occasion de la journée mondiale Sans Tabac, a indiqué, que le tabac est l’ennemi numéro 1 de la santé publique, car à lui seul, il engendre 25 maladies. Le professeur a également annoncé, que chaque jour, 45 Algériens meurent en raison du tabagisme.   

Le Forum d’El Moudjahid a abrité, hier, à l’initiative de l’Association El Fedjr, et à l’occasion de la journée mondiale Sans Tabac, qui coïncide avec le 31 mai de chaque année, depuis 1988,  une conférence sur le thème Tabac et législation.  Les conférenciers, le professeur Salim Nafti et Mme Yamina Houhou, maîtres de conférences à l’université d’Alger, ont appelé les pouvoirs publics et la société civile à s’investir dans la lutte contre le tabagisme, en veillant à l’application des lois qui visent à protéger les fumeurs et les non-fumeurs, et mettre à l’abri la santé publique des enjeux économiques.  Le professeur Nafti, dont le service  compte un grand nombre de malades (75% de cancéreux en raison de la consommation de tabac), a annoncé que des analyses effectuées, dans un laboratoire canadien, sur la cigarette algérienne ont révélé qu’elle contenait trois fois  plus de goudron et deux fois plus de nicotine que la norme internationale. Le spécialiste a rappelé que l’OMS, classe le tabagisme comme une maladie chronique, et qu’il est impératif d’aider ceux qui veulent arrêter de fumer. Tout en précisant que le sevrage doit se faire sous suivi médical, et d’une manière graduelle. Mais le plus important c’est au fumeur lui-même de décider de renoncer à ce « poison » qui tue à petit feu. Le spécialiste en maladies respiratoires trouve scandaleux qu’en 2014 certains prétendent ne pas connaître « les méfaits du tabac ». Mais le plus scandaleux pour le spécialiste  est que la cigarette soit accessible à tous et à un prix dérisoire. C’est ce qui explique peut-être sa grande consommation. Une consommation qui s’étend, selon le professeur Nafti, même aux enfants. Et les chiffres avancés par le professeur sont alarmants.  Ainsi l’on  apprend que 7% des enfants scolarisés au primaire fument en moyenne deux cigarettes, 11% du cycle moyen, fument régulièrement, au lycée 16% des élèves consomment du tabac, dont la moitié  est composée de filles, et à l’université 24 % des étudiants consomment jusqu’à un paquet de cigarettes par jour. Il ajoutera que la cigarette est à un pas de la drogue. Ceci, dit-il au moment où l’on voit éclore, au su et au vu de tout le monde, des bar- chicha, où des jeunes utilisent ce produit sans même connaître sa composition.
Et justement, Mme Houhou Yamina a axé son intervention sur la législation en vigueur qui doit renforcé mais surtout appliqué pour protéger le citoyen. Pour cela elle appelle à la promulgation d’une loi car un décret exécutif est insuffisant. Elle appelle aussi à l’élargissement des lieux de l’interdiction de fumer, l’éradication des commerces illicite du tabac et enfin mettre en place une réglementation qui définit la composition de la cigarette ou de la chique. Il faut dire aussi, que l’institution d’une amende à l’encontre des contrevenants a été remportée après une longue bataille, il n’en demeure pas moins  qu’aujourd’hui, elle n’est pas toujours appliquer pour dissuader ceux qui entravent la loi et dont l’esprit est de protéger les non-fumeurs.  
Nora Chergui     

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50 centres antitabac opérationnels avant la fin de 2014
50 centres de sevrage anti-tabagiques en cours de réalisation seront opérationnels à la fin de l’année 2014, c’est ce qu’a indiqué le Pr.  Salim Nafti, chef de service de pneumologie au CHU Mustapha Pacha. Ces centres, dira le spécialiste, seront implantés à travers tout le territoire national et auront pour mission la prise en charge des personnes souffrantes d’addiction tabagique.
Le personnel médical qui sera affecté à ces structures est en cours de formation. Des formations spécialisées son déjà lancés en vue d’améliorer les connaissances des professionnels de santé en matière de techniques d'aide à l'arrêt du tabac. Le programme de réalisation de ces structures spécialisées atteindra l’objectif  d’une centaine de centres à fin 2017.
K. H.

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Pr Salim Nafti : « La cigarette électronique n’est pas sans danger »
L’utilisation des cigarettes électroniques, qui connaît ces dernières années un important essor, n’est pas sans danger pour la santé du consommateur, a tenu à informer le Pr. Nafti. Selon le pneumo-phtisiologue, ces cigarettes utilisées généralement pour aider les fumeurs à arrêter le tabac contiennent de forte dose de nicotine, une substance chimique qui entraîne une dépendance. « La cigarette électronique utilise de la nicotine qui est vapoter grâce à son mécanisme permettant une inhalation directe de cette substance qui agit sur le système nerveux », a-t-il expliqué.      
K. H.

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Lutte contre le tabagisme
Mieux vaut  prévenir que guérir
Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, la prévention reste le meilleur moyen de lutte contre le tabagisme : tel est l’avis que partage l’ensemble des médecins, parmi lesquels  les spécialistes  en médecine de travail. Sollicité par nos soins, le Dr. Djamila Ouelmouhoub, médecin de travail à l’EHS de Douéra, et le Dr. Ouarda Hadj Sahraoui, médecin de travail à l’EPSP de Draria,  ont souligné particulièrement l’urgence de mettre en place une stratégie anti-tabac basée sur la prévention primaire, notamment.
Qualifiant le tabac de grande menace pour la santé des Algériens, le Dr. Ouelmouhoub a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les campagnes d'information et de sensibilisation en faveur de la population en général et des jeunes en particulier sur les dangers et les méfaits du tabac en vue de les dissuader de fumer. Pour les deux spécialistes en médecine de travail, l’accoutumance tabagique représente un véritable problème de santé publique, qui concerne une bonne partie de la population algérienne, d’où l’intérêt de développer le volet préventif pour prendre en charge cette maladie redoutable.  Dans ce contexte, le Dr. Hadj Sahraoui a mis en exergue le rôle des médecins.  
En effet, ils sont en mesure   d’inciter le fumeur à renoncer au tabac en développant sa motivation, l’assister et l’accompagner durant la période du sevrage.
Selon le Dr. Hadj Sahraoui, pour limiter les conséquences pathologiques du tabagisme, on devrait diminuer le nombre de nouveaux fumeurs et d'agir en direction des écoliers notamment. Soulignant l’importance de conjuguer les efforts pour faire face au tabagisme,  le Dr Hadj Sahraoui a fait savoir que l’établissement de santé publique de Draria, où elle exerce a mis en place un comité de lutte contre le tabac.
Ce comité, dira l’interlocuteur, formé d’une équipe pluridisciplinaire constituée de pneumo-phtisiologues et de spécialistes en médecine préventive en milieu professionnel et scolaire, a pour missions d’effectuer des consultations de tabacologie et l’organisation des campagnes de sensibilisation sur les dangers du tabac au niveau des entreprises et des établissements scolaires, relevant de la circonscription de Draria.    
 A ce sujet, le Dr. Ouelmouhoub a indiqué que les actions entreprises dans ce sens, ont  incité des entreprises à interdire totalement le tabac sur les lieux de travail. Et d’ajouter que l'interdiction de fumer en milieu de travail vise à respecter les non-fumeurs qui subissent les risques du tabagisme passif et dont les effets sont aussi nocifs que l’accoutumance tabagique.
Elle a, également, relevé l’importance de multiplier les actions d’information sur les dangers du tabagisme destinés aux élèves pour faire face à cette menace qui ne cesse de faire des victimes.
Kamélia H.

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La journée mondiale Sans Tabac célébrée le 31 mai
C’est sur le thème « Augmenter les taxes sur le tabac », que la journée mondiale Sans Tabac sera célébrée cette année. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le tabagisme fait près de 6 millions de morts annuellement, dont plus de 600.000 sont des non-fumeurs qui meurent d’avoir respiré la fumée des autres. Si l’on ne fait rien, l’épidémie tuera plus de 8 millions de personnes chaque année d’ici 2030. Plus de 80% de ces décès évitables seront enregistrés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
A cette occasion l’OMS et ses partenaires appellent les pays à augmenter les taxes sur le tabac, en vue de réduire la consommation de tabac et sauver des vies.
Le but ultime de la journée mondiale Sans Tabac est de contribuer à protéger les générations actuelles et futures non seulement des conséquences dévastatrices de la consommation de tabac, mais aussi des énormes problèmes sociaux, environnementaux et économiques liés à l’usage du tabac et à l’exposition à la fumée du tabac.
Le 31 mai de chaque année, l’OMS et ses partenaires célèbrent partout dans le monde la journée mondiale Sans Tabac, mettant en lumière les risques pour la santé associés à l’usage du tabac et préconisant des politiques efficaces pour réduire la consommation. L’usage du tabac est la principale cause évitable de mortalité dans le monde et est actuellement responsable de la mort de 10% des adultes à l’échelle mondiale.
K. H.
 

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