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Algérie - Non-alignés : Réformer le système onusien, revendication forte des pays non-alignés

Engagement ferme pour la défense des aspirations des peuples à la liberté

PUBLIE LE : 25-05-2014 | 0:00
D.R

Le besoin de réformer l'ONU et ses principaux organes demeure un impératif pour le Mouvement des pays non-alignés (MNA) qui n'a eu de cesse de plaider pour la modernisation de l'organisation de prise de décision afin d'y refléter les évolutions et les réalités du monde d'aujourd'hui.

Le MNA a souvent exprimé la grande importance qu'il attache au renforcement du rôle des Nations unies pour la préservation de la paix et de la sécurité dans le monde et dans l'instauration de relations internationales équilibrées et justes.  
Pour ses Etats membres, l'ONU reste la tribune indispensable pour aborder les questions relatives à la coopération internationale au service du développement économique et du progrès social, de la paix, de la sécurité et des droits de l'homme, et pour la recherche de consensus entre les Etats sur les grands sujets qui interpellent l'humanité.  
 Le MNA considère que, pour ce faire, la réforme de l'ONU doit être "générale, transparente, sans exclusion et équilibrée", et doit se réaliser d'une manière "efficace et responsable", en respectant pleinement la nature politique de l'Organisation ainsi que son caractère intergouvernemental, universel et démocratique, en conformité avec sa Charte.  
A cet égard, le MNA a souligné lors de son dernier Sommet (Téhéran, août 2012) que toute proposition de réforme devrait être considérée d'une manière "exhaustive et intégrée".  
Il a aussi mis l'accent sur le rôle central de l'ONU dans le cadre de la gouvernance mondiale, indiquant qu'il n'est réalisable que par le respect strict de l'équilibre délicat énoncé dans la Charte entre les organes principaux des Nations unies, par la revitalisation du travail de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social, et par la réforme du Conseil de sécurité, dont son élargissement et sa démocratisation qui en amélioreront la transparence, la responsabilité et les méthodes de travail.  
 Revitalisation des travaux de l'Assemblée générale  
Dans la « Déclaration de Téhéran », les dirigeants du MNA ont souligné la nécessité de respecter, y compris en ce qui concerne les questions relatives à la paix et à la sécurité internationales, le rôle de l'autorité de l'Assemblée générale en tant que principal organe délibérant et représentatif de l'Organisation des Nations unies, son caractère intergouvernemental et démocratique ainsi que celui de ses organes subsidiaires qui ont contribué à la promotion des buts et principes de la Charte et des objectifs de l’organisation.  
Il faut aussi respecter ses prérogatives en tant que principal organe de contrôle des Nations unies, y compris la gestion et les fournitures des opérations de maintien de la paix, ont-ils insisté.  
La revitalisation des travaux de l'Assemblée générale "qui doit s’inspirer des principes de démocratie, transparence et responsabilité, et être le fruit de consultations" est un volet clef d'une réforme d’ensemble des Nations unies, et elle doit viser à continuer de renforcer son rôle et sa position en tant que principal organe délibérant et représentatif de l’ONU, ont-ils dit.

Pour un Conseil de sécurité plus représentatif   
Etant le premier responsable du maintien de la paix et de la sécurité internationales conformément à l'article 24 de la Charte de l'ONU, le Conseil de sécurité doit être "complètement réformé", ont préconisé les dirigeants des Non-Alignés.  
Le mouvement s'est dit préoccupé par le "manque de résultats concrets" dans les négociations intergouvernementales en plénière informelle de l'Assemblée générale au sujet de la représentation équitable au Conseil de sécurité et de l’élargissement du nombre des membres du Conseil et autres questions connexes.  
La réforme du Conseil de sécurité devrait être abordée, selon le MNA, d’une manière "globale, transparente et équilibrée". Il faudrait faire en sorte que l'ordre du jour du Conseil reflète les besoins et les intérêts des pays tant en développement que développés, d'une manière "objective, rationnelle, non sélective et non arbitraire".  L'élargissement du Conseil et la réforme de ses méthodes de travail devraient conduire à ce que cet organe soit "plus démocratique, plus représentatif, plus responsable et plus efficace", a encore préconisé le Mouvement des Non-Alignés qui reste, avec 120 pays membres, la plus forte concentration de pays après l'ONU  
L'Afrique, par exemple, est victime d'une "injustice historique" en matière de représentation dans cet organe, a déploré le MNA à Téhéran où il a exprimé son appui à la proposition qu'elle puisse bénéficier d'une représentation "élargie et accrue" dans un Conseil de sécurité réformé.  
 Les dirigeants du MNA ont en outre pris note de la position commune adoptée par l’Afrique dans le Consensus d’Ezulwini et dans la Déclaration de Syrte en vertu duquel le continent africain réclame deux sièges permanents du Conseil de sécurité avec toutes les prorogatives s'y attachant y compris le droit de veto et cinq sièges non-permanents. Le Conseil de sécurité composé de cinq membres permanents (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) et dix non permanents élus pour deux ans n'a été réformé qu'une seule fois en 1963 lorsque quatre nouveaux sièges non permanents ont été crées. Depuis de nombreuses années, sa réforme est très attendue mais n'aboutit pas.  
L'obstacle principal à la réforme du système onusien est l'opposition de certains membres permanents à toute idée d'élargissement du nombre de pays possédant le droit de veto. Au niveau des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, on accepte l'idée de la réforme tout en s'opposant à un éventuel élargissement du nombre de pays membres possédant le droit de veto.  
La réforme de l'ONU est réclamée aussi par de nombreux pays et groupes régionaux.  
L'Algérie, qui accueille du 26 au 29 mai la 17e conférence ministérielle du MNA sur le thème : "Solidarité renforcée pour la paix et la prospérité", a appelé, fin 2013, à un "rééquilibrage en faveur d'une meilleure représentation et participation des pays du Sud" notamment l'Afrique, lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères du mouvement, tenue en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. 

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MNA
Engagement ferme pour la défense des aspirations des peuples à la liberté
Dès son émergence dans les années 1950, le Mouvement des pays non-alignés s'est engagé dans la défense des aspirations des peuples à la liberté et à l'autodétermination, et déployé des actions de soutien en faveur des mouvements de libération nationaux en lutte contre l'occupation étrangère et contre la ségrégation raciale.  L'objectif fondamental du Mouvement visait à soutenir le droit des peuples à l'autodétermination et à la souveraineté et à défendre l'intégrité territoriale des Etats qui le composent, ainsi que la lutte contre l'Apartheid, la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats et le rejet de l'utilisation de la force dans les relations internationales.  Dès sa création, la démarche du MNA a été un facteur essentiel dans le processus de décolonisation qui a permis à plusieurs pays d'arracher leur indépendance. Le mouvement des Non-Alignés, dont les premiers jalons ont été posés lors de la Conférence de Bandung (1955), et institutionnalisé à Belgrade en 1961, a joué un rôle prépondérant dans le processus de maintien de la paix et de la sécurité internationales dans un contexte marqué par la guerre froide. Durant les cinq dernières décennies, le MNA a eu le mérite d'accompagner et d'appuyer les peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, dans leurs luttes pour l'indépendance, et de défendre les acquis des pays en développement. L'Algérie, qui a adhéré au MNA et dont elle est un membre influent, a réclamé, lors de la conférence au Sommet d'Alger en 1973, l'avènement d'un nouvel ordre économique mondial juste et équitable entre les pays développés du Nord et les pays du Sud nouvellement indépendants. Elle a appelé également à une intégration dans le processus de coopération Sud-Sud. — Engagement permanent en faveur de la question palestinienne et de la  décolonisation du Sahara Occidental. La question palestinienne a été et demeure toujours au centre des préoccupations du MNA qui n'a cessé de soutenir les droits légitimes du peuple palestinien à l'autodétermination et à l'instauration d'un Etat indépendant. Cet intérêt s'est traduit par le soutien indéfectible du mouvement à l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à travers l'adoption de résolutions depuis la première réunion de la conférence au Sommet tenue en 1961 à Belgrade, et des nombreuses initiatives prises au niveau de l'Organisation des Nations unies (ONU) et des organes spécialisés. Le rôle du MNA en faveur de la question palestinienne a été décisif après notamment la guerre de 1967 lorsque le Groupe des Non-Alignés à l'Assemblée générale de l'ONU a appuyé la résolution onusienne appelant au retrait des troupes israéliennes des territoires arabes occupés, vote suivi par la rupture des relations diplomatiques avec Israël notamment de la part de la majorité des pays d'Afrique au lendemain de la guerre d'Octobre 1973.
Par ailleurs, l'examen de la question palestinienne a été au centre de la conférence des ministres des Affaires étrangères tenue à Lima au Pérou en 1975, réunion qui a vu l'adhésion de l'OLP en tant que membre à part entière du mouvement. Le soutien des pays non-alignés en faveur des peuples encore sous domination s'est exprimé également dans le souci du mouvement d'aboutir à un règlement juste et durable de la question du Sahara occidental, ce qui est de nature à permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination. Ce soutien des pays non-alignés à la cause sahraouie a été maintes fois réitéré à la faveur des nombreuses réunions tenues tant au niveau de l'Assemblée générale que celui du Conseil de sécurité de l'ONU, allant dans le sens du droit inaliénable du peuple sahraoui et de tous les autres peuples à l'autodétermination. Lors de sa dernière réunion au Sommet à Téhéran en 2012, le MNA a réitéré la nécessité pour le peuple sahraoui de jouir de son droit à l'autodétermination et à la liberté conformément aux principes et objectifs de la Charte de l'ONU et en application de la Résolution 1514 adoptée par l'Assemblée générale le 14 décembre 1960 et relative à l'octroi de l'indépendance aux peuples et territoires colonisés. Le mouvement a insisté également sur le respect de l'aspiration du peuple sahraoui à s'exprimer librement, d'où l'impérieuse nécessité d'un référendum d'autodétermination. S'agissant de l'Apartheid et de la discrimination raciale, la lutte du MNA contre cette politique ségrégationniste a été radicale et ce, depuis le Sommet de Belgrade.  A ce titre, le mouvement a de tout temps dénoncé les pratiques racistes du régime de l'Apartheid en Afrique du Sud.  Le mouvement des pays non-alignés constitue le plus grand rassemblement en dehors des Nations unies dont les pays membres représentent les 2/3 de l'organisation onusienne et comptent 55 % des habitants du globe.


 

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