mardi 18 septembre 2018 15:44:22

Ait Menguellet en concert leS 13 et 14 juin à la salle Ibn Khaldoun : « Issefras » est un hommage à la poésie chantée

Une rencontre culturelle et artistique très conviviale a eu lieu mercredi dernier avec le célèbre chanteur et parolier à la salle Frantz-Fanon de Riadh El-Feth pour la présentation du nouvel opus intitulé « Issefras » sorti tout frais le 20 mai dernier aux éditions algériennes Izem.

PUBLIE LE : 24-05-2014 | 0:00
Ph: Nesrine

Une rencontre culturelle et artistique très conviviale a eu lieu mercredi dernier avec le célèbre chanteur et parolier à la salle Frantz-Fanon de Riadh El-Feth pour la présentation du nouvel opus intitulé « Issefras » sorti tout frais le 20 mai dernier aux éditions algériennes Izem.

Il y avait du monde dans la salle, tous ceux qui vouent un culte et une adoration pour la vedette de la chanson kabyle, qui depuis le début de sa carrière dans les années 70 n’a eu de cesse de produire une œuvre saluée par tous, particulièrement ses nombreux fans en Algérie. Nouveau look pour le compositeur de savoureuses ballades poétiques qui s’est coupé les cheveux, et comme il l’a affirmé, pas la moustache qui résiste toujours au vent, un chanteur qui a su, par un verbe talentueux porteur d’une dense signification et des mélodies typiques avec seulement un accompagnement à la guitare et au bendir dans les premiers temps, charmer et envoûter un public qui lui est resté fidèle et l’acclame avec une grande ferveur à chacune de ses apparitions : «  Je remercie les éditions Izem et Lounis pour cette initiative. L’ONDA accompagne la plupart des auteurs et interprètes  prestigieux qui nous ont habitués à un bon travail et qui sont en train de développer et de promouvoir la musique et la culture algériennes », dira d’emblée M. Bencheikh, présent à cette conférence. Lounis Aït Menguellet, au tempérament réservé et à la nature discrète, exprimera de son côté toute sa reconnaissance à l’ONDA qui est restée longtemps en retrait et n’a pas toujours eu l’opportunité de jouer son rôle auprès des artistes mais qui fait valoir ces dernières années une volonté de travailler avec les interprètes en les épaulant et en facilitant leur tâche, et à propos de la pratique de son art, il dira : « Je fais les choses telles que je les ressent  et je continue à le faire du mieux que je le peux, le plus sincèrement possible. J’espère que personne n’en doutera sinon cela me blesserait parce que j’ai un immense respect pour mon public. » L’album sorti 4 ans après le précédent «Thawriqt thachavrhent » (La feuille blanche) présente des points de similitude avec celui intitulé « Thirougwa » (Les ruisseaux) et de fait il en est la continuité et comme toutes les chansons qui obéissent à l’inspiration spontanée, l’œuvre d’Aït Menguellet est, comme il l’a affirmé lui-même, intemporelle et n’attend pas les événements pour être créée : «  Ce n’est pas que les événements du moment ne me touchent pas. Loin de là, je suis un citoyen qui n’a jamais quitté son pays et donc tout ce qui s’y produit me concerne de près. » Ce dernier album auquel ont collaboré étroitement tous les enfants de l’artiste (Djaâfar pour les arrangements, Hayet pour la conception  et la réalisation de la pochette CD et Tarik pour la traduction des textes) est entièrement dédié à la poésie comme le suggère le titre de l’album, les poèmes constituant l’ossature de ce dernier opus parce que comme le rappellera Lounis la priorité est donnée au texte par rapport à la musique. C’est d’ailleurs ce qui fait le style et l’originalité de ce chanteur qui a toujours mis en avant la puissance poétique du texte, sachant que la langue kabyle était à l’origine basée sur une oralité » qui prend sa source dans la versification : « Même si la musique
théorique m’est pratiquement inconnue, j’ai la chance d’avoir pour compagnon de route mon fils Djaâfar qui habille les mélodies et les structure, ce qui est indispensable pour mes chansons, car alors, je n’aurai plus qu’à déclamer de la poésie mais comme j’aime aussi la chanter j’accompagne ces poèmes de mélodies. Cet album qui fait explicitement référence à la poésie kabyle est un hommage à la parole chantée, le CD s’ouvre d’ailleurs sur un texte poétique  suivi de chansons classiques et se referme sur des poèmes chantés,  des poèmes que  l’on déclame habituellement comme je ne sais pas le faire, je les ai mis en musique. La différence entre le poème et la chanson est  que le premier se suffit à lui-même, tandis que dans une chanson, on prend la peine de raconter quelque chose avec plusieurs poèmes» souligne Aït Menguellet, qui a estimé contre toute attente concernant l’avenir de la chanson kabyle, que cette dernière se porte bien même si elle  connaît des hauts et des bas, ce qui est tout à fait normal parce qu’elle est le reflet des époques et sur cette question, l’interprète a relevé ce paradoxe : «  Il y a des moments où la chanson n’a pas toutes les conditions pour s’épanouir mais c’est vrai qu’elle ne s’est jamais autant bien portée que sous la censure parce qu’elle représentait alors une réaction salutaire et que cela a été un facteur de survie. Si la revendication a baissé ces dernières années, c’est parce qu’elle est en train de se réaliser mais mon avis est que la chanson kabyle a encore de l’avenir devant elle » a estimé Lounis.
Lynda Graba
 

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