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19 mai, Célébration de la Journée nationale de l’étudiant, Le message du Président Bouteflika : « Soyez les dignes successeurs de vos aînés du 19 Mai 1956 »

Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a adressé, hier, un message aux étudiants, lu en son nom par Mohamed Ali Boughazi, conseiller auprès de la présidence de la République, lors d'une rencontre organisée à l'université Hadj-Lakhdar de Batna, à l'occasion de la journée nationale de l'Étudiant (19 mai). En voici la traduction APS :

PUBLIE LE : 20-05-2014 | 0:00
D.R

Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a adressé, hier, un message aux étudiants, lu en son nom par Mohamed Ali Boughazi,  conseiller auprès de la présidence de la République, lors d'une rencontre organisée à l'université Hadj-Lakhdar de Batna, à l'occasion de la journée nationale de l'Étudiant (19 mai). En voici la traduction APS :    

«Je suis très heureux de célébrer avec vous, la journée de l'Étudiant  qui renvoie à la date mémorable du 19 mai 1956, lorsque les étudiants algériens ont décidé d'intégrer le combat contre l'occupant annonçant au monde entier et sans la moindre équivoque, dans un appel retentissant, leur alignement au côté de leur peuple et leur adhésion à sa cause juste pour la libération du pays et son affranchissement d'une longue colonisation étrangère.           
Forts de leur savoir et leur ardeur patriotique, ils donnèrent en effet les exemples les plus éloquents de sacrifice.          
Le 19 mai 1956, les étudiants algériens ont gravé leur nom en lettres d'or dans la mémoire historique. Vos aînés ont en effet fait la démonstration d'un courage sans pareil en désertant les universités et les lycées pour rejoindre les rangs de la Révolution à travers le pays et défendre l'honneur et la dignité  de la nation.          
 Ils ont abandonné les bancs de l'école pour les maquis où les plumes  ont cédé la place aux armes. Ne se complaisant plus dans une fausse quiétude,  ils décidèrent de renoncer au repos jusqu'à ce que la patrie soit libérée et la dignité du peuple recouvrée.          
Cette décision historique traduisait au mieux leur conscience nationaliste  et leur maturité politique. Elle matérialisait une détermination inébranlable qui ne pouvait émaner que d'une élite imprégnée d'amour de la patrie et d'une foi en la justesse de sa cause.           
Ces étudiants avaient pleine conscience de la vanité de la science lorsqu'elle ne sert pas à affranchir l'homme de l'asservissement. Ils se lancèrent dans la défense de la liberté et de la dignité humaine signant les pages les plus glorieuses de notre histoire.          
Ils mirent leurs connaissances au service de la Révolution, et par leur  conscience, leur maturité et leur dévouement, ils conférèrent davantage d'efficience et d'efficacité à l'acte libérateur.          
Leur position révolutionnaire eut un profond retentissement à travers le monde. Les instances et les organisations internationales, ainsi que les milieux diplomatiques s'en sont fait l'écho. Ce fut  la confirmation de la volonté d'un  peuple tout entier de poursuivre sa lutte pour la libération du pays quoi qu'il lui en coûtât.          
L'élan en faveur de la Révolution a battu en brèche les allégations mensongères attribuant à cette élite qui avait l'avantage de l'instruction, la velléité de se démarquer du peuple dont elle est issue et de privilégier ses propres intérêts.         
Les étudiants ont rejoint les paysans, les travailleurs et autres chômeurs,  hommes et femmes de tous âges dans les villes et les villages, aux confins du désert et en terre d'exil qui tous luttaient pour un objectif commun ralliant ainsi les tisserands du drapeau national, comme dira le défunt Malek Haddad.          
Ce fut le choix déterminant adopté par les étudiants algériens aux premières  heures de la Révolution, lors du congrès constitutif de l'Union générale des étudiants musulmans algériens, le 4 juillet 1955, et qu'ils ont mis en œuvre une année après, le 19 mai 1956, conformément aux orientations et aux exigences de la Révolution.  Une telle décision devait concrétiser une aspiration que cette élite éclairée n'a eu de cesse de nourrir en ce sens qu'elle intervenait en parfait accord avec la déclaration du 1er Novembre 1954 et les principes de la guerre de Libération qui s'appuyait sur toutes les catégories et composantes du peuple algérien. Ce choix traduisait l'engagement de tous vis-à-vis du devoir sacré de participation à la lutte menée par le peuple. À l'instar de tous les enfants fidèles de l'Algérie, les étudiants ont, tout au long de la Révolution et durant les négociations, tant secrètes que publiques avec l'occupant, traité d'égal à égal avec leurs adversaires qu'ils ont parfois surpassés. Sur le champ de bataille comme à la négociation, ils  n'ont guère démérité pour défendre la patrie et le droit inaliénable de leur  peuple à la liberté et à la souveraineté. À tous ces étudiants qui ont grandement contribué à la libération de l'Algérie et au recouvrement de sa gloire, à ces étudiants qui ont sacrifié leur vie pour que vive l'Algérie digne et sereine, aux étudiants martyrs et à leurs compagnons d'armes, j'exprime ma profonde gratitude et toute ma reconnaissance en cette journée mémorable qui nous renvoie à un parcours exaltant, riche d'enseignements et empreint de valeurs d'abnégation et de don de soi propres aux Algériens, des valeurs dont nous nous imprégnons aujourd'hui pour mieux répondre aux aspirations de notre peuple à un avenir meilleur où règnent progrès,  stabilité et bien-être.          
Par la célébration de cet anniversaire, l'Algérie entend exprimer son attachement et son profond respect de la mémoire collective façonnée et nourrie  par ses enfants, toutes générations confondues.  Fidèles que nous sommes au serment des chouhada, nous voulons, pour notre part, mettre en avant l'attachement des Algériens à leur Patrie et leur souci de préserver son unité et sa cohésion, sa dignité et sa fierté. Partant de ses choix fondamentaux que sont la garantie de la gratuité de l'enseignement et la consécration du principe d'égalité des chances dans tous les cycles d'enseignement, l'État algérien a misé sur la relance du système éducatif au profit des générations montantes. Il n'a ménagé aucun effort pour ouvrir de larges perspectives à la formation des étudiants en mettant à leur disposition, tous les moyens d'accès aux connaissances scientifiques et au savoir-faire, capital intellectuel à même de leur permettre de relever les défis, en toute confiance, pour répondre aux exigences d'un monde en mutation rapide, dont les deux principaux axes sont la compétitivité renforcée et structurée, et des performances de hautes qualité.          
C'est à l'aune des réalisations accomplies, ces dernières années, dans l'enseignement supérieur, que s'apprécient les acquis inédits remportés par la famille universitaire et la corporation scientifique nationales. L'exemple le plus éloquent se veut l'élargissement du réseau de l'enseignement supérieur et de celui des services y afférents, lesquels couvrent aujourd'hui toutes les wilayas du pays.          
Un tel choix participe du souci de l'État de rapprocher l'Université du citoyen et d'ouvrir ses portes aux plus larges franges de la société, avides d'apprentissage et d'enseignement dont elles ont été privées des décennies durant du fait d'une colonisation abjecte.           
Ainsi, un terreau favorable à été offert aux étudiants pour leur permettre de poursuivre leurs études dans des conditions idoines, d'atteindre les plus hauts rangs dans l'acquisition des sciences et du savoir, et d'en maîtriser les techniques et applications technologiques loin de toute contrainte ou entrave sociale.          
Force est de reconnaître qu'en dépit de tous ces efforts, il reste beaucoup à faire et nous sommes encore loin de maîtriser les techniques et méthodes à même de permettre notre entrée en force à la société du savoir pour se mettre au diapason des innovations technologiques qui avancent à un rythme effréné et qui constituent la pièce maîtresse de tout processus d'édification de la société du savoir, seul gage d'une relance économique effective.           
Pour ce faire, nous fondons de grands espoirs sur nos enfants pour  réunir toutes les conditions requises afin d'opérer cette relance et accélérer notre entrée dans la cour des grands.          
La jeunesse instruite est appelée à apporter sa précieuse contribution à l'entreprise d'édification de son avenir. Il s'agit d'une exigence nationale des plus pressantes qui érigerait cette jeunesse en véritable acteur agissant et influent de la société, et qui requiert de notre part davantage d'intérêt et d'attention à l'égard de cette frange de la société.
Si les dispositifs législatifs et règlementaires en vigueur, auxquels s'ajoutent les institutions mises en place pour impliquer les jeunes au processus de relance économique, s'avèrent insuffisants, il n'en demeure pas moins que la volonté d'aller de l'avant et de faire avec les moyens du bord est forte, pour peu que toute action soit entreprise dans le cadre de la concertation et  du dialogue         
 Il ne s'agit nullement de dire que nous comptons nous passer de la contribution des concernés, lesquels sont appelés à faire preuve d'une volonté sérieuse de réaliser les aspirations de la nation qui leur profiteraient, en premier lieu, en leur garantissant des avantages substantiels. Nous avons toujours œuvré dans ce sens et continuons à travailler à travers les plans et programmes tracés, mais aussi à travers les réformes engagées, pour réunir tous les moyens susceptibles de hisser l'Université à un rang supérieur et contribuer à son rayonnement.         
 Il ne fait aucun doute que la responsabilité sociale de l'Université s'inscrit au cœur des mutations que nous comptons opérer avec sagesse et patience  dans le sens de l'approfondissement du processus de réformes politiques et économiques, l'ancrage de la démocratie et l'élargissement du champs des libertés individuelles et collectives, parallèlement à une participation effective de la société.          
L'Université, forte de potentialités intellectuelles et scientifiques, et d'une élite de jeunes compétences, se voit désormais confier un rôle avant-gardiste en la matière.          
Nous nous attelons énergiquement à promouvoir l'Université aux plus hauts rangs parmi les grandes universités dans le monde. C'est le seul acquis qui puisse donner satisfaction à l'Algérie au regard des moyens et capacités qu'elle met généreusement à la portée de ses étudiants et chercheurs dont elle n'attend rien d'autre que d'œuvrer avec abnégation à s'approprier les clefs des sciences et technologies de notre époque, y compris par la maîtrise des langues étrangères.          
Vos établissements doivent investir dans l'économie du savoir qui reste une source intarissable. Il s'agit, pour ces derniers, de mener à bien la mission de l'Université afin de renforcer son rôle dans la prise en charge des exigences de développement et des besoins de la société, outre ses fonctions académiques  et de recherche. Cette action gagnerait certainement à être soutenue par l'instauration de nouveaux systèmes de formation et d'apprentissage, telle la création d'une chaîne de télévision universitaire.          
Les orientations scientifiques et technologiques doivent également être favorisées, car notre époque est marquée par l'essor des sciences, y compris  humaines et sociales. L'État est déterminé à accorder tout l'intérêt à cette démarche et à la conforter, notamment par l'accompagnement dans les domaines de la recherche et des applications.  Dans cette même optique, nous continuerons à promouvoir les pôles  d'excellence en élargissant le tissu des écoles nationales supérieures et les filières à inscription nationale au profit des étudiants dans des spécialités où la qualité de l'encadrement, les modes de formation et les domaines de recherche  sont pris en compte, la nation étant confiante en le génie de son élite.         
 J'ai pleine conscience des difficultés conjoncturelles que pourraient rencontrer certains de nos jeunes, notamment les intellectuels, en matière d'emploi.  
L'État s'emploie à y remédier, car ces contraintes, tant objectives que forgées,  loin de nous décourager, ne feront que nous conforter dans nos efforts.          
Notre intérêt va, notamment, vers le Sud. Nous comptons en effet  prendre en charge tous ses besoins structurels, matériels et humains afin d'assurer l'équité entre toutes les régions du pays.          
Je reste convaincu que tout un chacun mesure à juste titre toute la volonté et la patience qu'une telle entreprise requiert. Je sais aussi que certains de nos jeunes pourraient succomber aux campagnes de découragement. Aussi, j'appelle nos jeunes, les étudiants en particulier, à construire l'espoir et la confiance en soi, et à se tourner avec optimisme vers l'avenir.           
Nos objectifs majeurs consistent à hisser l'acte didactique et pédagogique  aux plus hauts niveaux de performance, et à garantir une formation de qualité  à nos élites dans le cadre d'une Université moderne et développée, pleinement intégrée dans le système économique et social, ouverte sur son environnement  régional et international, et qui cible la qualité et l'excellence en encourageant  l'innovation et la créativité.          
L'Algérie est le précieux legs de nos martyrs, préservez-la et sauvegardez-la par l'acquisition du savoir et le dévouement au travail.          
Soyez les dignes successeurs de vos aînés, les étudiants du 19 Mai 1956, et apportez votre contribution à la sauvegarde de la souveraineté de la patrie, de son unité, de sa stabilité et à la consolidation de son socle.»

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La wilaya de Batna abrite les cérémonies officielles
La wilaya de Batna a abrité, hier, les cérémonies officielles célébrant la journée nationale de l’Étudiant, en présence du ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, et du secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Saïd Abadou. Cette célébration a été marquée par un message du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, lu en son nom par le conseiller à la présidence, Mohamed-Ali Boughazi, au cours d’une rencontre organisée à cette occasion à l’université Hadj-Lakhdar de Batna. Un message dans lequel, le Chef de l’État a notamment indiqué que par la célébration de cet anniversaire, "l’Algérie entend exprimer son attachement et son profond respect à la mémoire collective, façonnée et nourrie par ses enfants, toutes générations confondues". "Fidèles que nous sommes au serment des chouhada, nous voulons, pour notre part, mettre en avant l’attachement des Algériens à leur patrie et leur souci de préserver son unité, sa cohésion, sa dignité et sa fierté", a souligné le Président de la République. La délégation officielle avait auparavant déposé, au Carré des martyrs, une gerbe de fleurs et récité la Fatiha du Coran, en hommage aux chouhada de la Révolution, avant de se rendre au cimetière de Bouzourane pour se recueillir devant la tombe du moudjahid Mohamed-Tahar Abidi, dit Hadj-Lakhdar (1916-1998). Le ministre des Moudjahidine devait également se rendre au nouveau pôle universitaire de Fesdis (10 km), pour y poser la première pierre d’un restaurant central de 8.000 places et d’un ensemble de 1.500 places pédagogiques pour les instituts des sciences vétérinaires (500 places) et d’architecture (1.000). La célébration de la journée nationale de l’Étudiant prendra fin dans l’après-midi dans la commune d’Arris, avec, notamment, la visite de la demeure du chahid Mostefa Benboulaïd, transformée en musée.
 

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