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La générale de la pièce Article 146, présentée au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi, : La problématique de l’héritage de la femme

La générale de la pièce Article 146, a été présentée jeudi au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi, dans un spectacle féministe, animé par des étudiantes de l’Institut sur des métiers des arts de la scène (ISMAS) qui ont rappelé la problématique de l’héritage de la femme.

PUBLIE LE : 16-05-2014 | 23:00
D.R

La générale de la pièce Article 146, a été présentée  jeudi au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi, dans un spectacle féministe,  animé par des étudiantes de l’Institut sur des métiers des arts de la  scène  (ISMAS) qui ont rappelé la problématique de l’héritage de la femme.  Inspiré de La maison de Bernarda Alba", œuvre universelle de Frederico  Garcia Lorca, le spectacle a été écrit et mis en scène par Bouchebah Walid,  exposant les appréhensions d’une mère autoritaire, interprétée par El Aloui  Ghazel, qui se refuse de voir sa belle famille jouir de l’héritage de son défunt  mari, faute de n’avoir pas enfanté de garçon.  Ses deux filles Hayet et Nawel, respectivement interprétées par Kohli  Lamia et Ahmadou Zineb, sont préoccupées par leur droit à vivre pleinement leur  jeunesse et s’émanciper sans qu’elles se sentent persécutées par les interminables  rappels à l’ordre de leur mère hantée par la peur de tout perdre et se retrouver  seule.  Le décor, bouleversant le rapport à la réalité, également conçu par  le metteur en scène, rend une violente dualité, entre trois cloisons teintées  de noir campant une atmosphère lugubre, et deux fenêtres ainsi qu’une porte  dessinées par des faisceaux lumineux représentant le salut et l’ultime espoir  de liberté pour les deux filles.   Nawel, qui vit un amour à travers les vitres, finira par convaincre  sa sœur aînée Hayet, jusque là soumise, et ensemble, elles décident d’affronter  les regards obliques de leur mère insensible, et lui annoncent leur ferme intention  de quitter la maison, bravant les qu’en dira-t-on des gens.  Les comédiennes ont relativement réussi à porter la dualité contenue  dans la dramaturgie, tant que celle-ci exigeait d’elles de la précision dans  l’équilibre des antagonismes et un affûtage des caractères très différents des  trois personnages. La succession des situations indépendantes les unes des autres, bien  qu’elles convergeaient toutes vers la thématique proposée, n’a pas permis un  bon ficelage de la trame, donnant l’impression d’un ensemble disparate.  A suivre de près, Ghilès Terki, jeune compositeur au talent prometteur  qui a signé la musique du spectacle avec de belles créations musicales illustrant  la pièce dans son contenu et accompagnant les belles mélodies qu’il a lui-même  interprété, par des arpèges de guitare dans un enregistrement éblouissant de  netteté.  Dans un élan pédagogique, le spectacle, assisté à la mise en scène par  Salim Larbi Saci, expose au public les dispositions de l’article 146, du code  de la famille qui stipule le droit à l’héritage du huitième de "l’épouse ou  des épouses dont le mari, décédé, laisse une descendance". Le caractère sévère de la problématique posée, a impliqué le public,  d’une grande attention, dans la méditation et la réflexion 50 mn durant, se  sentant interpellé et se livrant au débat après qu’il eut longuement applaudi  les artisans de cette belle œuvre féministe.
 

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