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Exposition « L’architecture de Fernand Pouillon en Algérie » : Redécouvrir le bâtisseur du socle touristique en Algérie

Il tire sa notoriété des nombreux travaux qu’il a réalisés en Algérie durant et après la guerre de Libération, en sus d’être l’un des illustres architectes du XXe siècle, Fernand Pouillon est à l’honneur d’une exposition de photographies de l’architecte algérienne Myriam Maâchi-Maïza, dont le vernissage a eu lieu samedi dernier à l’Institut français d’Alger, et ce, jusqu’au 15 juin prochain.

PUBLIE LE : 14-05-2014 | 0:00
Ph : Wafa

Il tire sa notoriété des nombreux travaux qu’il a réalisés en Algérie durant et après la guerre de Libération, en sus d’être l’un des illustres architectes du XXe siècle, Fernand Pouillon est à l’honneur d’une exposition de photographies de l’architecte algérienne Myriam Maâchi-Maïza, dont le vernissage a eu lieu samedi dernier à l’Institut français d’Alger, et ce, jusqu’au 15 juin prochain.

Cette exposition de rue intitulée « L’architecture de Fernand Pouillon en Algérie » présente à travers une dizaine d’affiches collées aux murs extérieurs de l’enceinte les œuvres de Pouillon omniprésentes dans le paysage architectural algérien, et ce, à travers deux périodes ; la première au milieu des années 1950 lorsqu’il avait fait la conception de plusieurs cités de l’Algérois, à l’instar de Diar El- Mahssoul, Diar-Essaàda à Clos-Salembier, l’actuelle El Madania, et à la cité Climat de France.
La deuxième, c’est l’aspect hôtelier, avec la construction d’une quarantaine de complexes touristiques pour dynamiser ce secteur au lendemain de l’indépendance, à l’exemple du grand complexe touristique de Tipasa, des hôtels à Zeralda et Sidi Fredj, Seraidi à Annaba, les Andalouses à Oran avec une touche architecturale puisée de la Casbah d’Alger, des profondeurs architecturales algériennes ainsi que d’autres tendances mondiales.
Pouillon a bâti également la quasi-totalité des complexes touristiques du Sud algérien, comme le Touat et le Gourara à Adrar, Antar à Bechar, M’zab à Ghardaïa ou le Tahat à Tamanrasset avec une conception centrée sur l’intérieur et très sobre vue de l’extérieur, afin de l’adapter au climat et aux traditions architecturales locales.
Pour sa contribution architecturale en Algérie, notamment après son exil en Algérie en 1965, Myriam Maâchi-Maïza a indiqué, lors d’une conférence qui a suivi le vernissage de l’exposition, que « c’est l’architecte qui a le plus construit en Algérie avec Oscar Niemeyer, il a beaucoup travaillé avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Habitat, il y a énormément de
projets qui méritent d’être étudiés, à l’image de celui du vocabulaire qu’on veut développer, parce qu’il a fait une proposition de langage architectural méditerranéen », avant d’ajouter : « Il a énormément contribué à créer et à développer plusieurs PME en Algérie, il a même travaillé avec la matière première algérienne en l’introduisant au vocabulaire architectural, à l’exemple de la pierre de Laghouat et la brique de Nedroma dont il a fait usage pour construire l’hôtel les Zianides à Tlemcen ». L’interlocutrice, qui est professeure à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger et qui prépare une thèse de doctorat sur les travaux de Fernand Pouillon, a mis l’accent sur la rigueur de Pouillon : « Il avait toute une équipe de professionnels, entre céramistes, sculpteurs, paysagistes et tailleurs de pierre, sa devise était : construire vite, bien et à moindre coût. Ses travaux ont inscrit son nom dans le jargon architecturel, on parle aujourd’hui de la cloison Pouillon, plancher et voûte Pouillon ».
Le style de l’architecte a été longuement débattu avec d’autres intervenants, comme Mustapha Laribi, journaliste critique et Gérard Ruot, ancien entrepreneur associé aux chantiers de Fernand Pouillon en Algérie, notamment la similitude qu’on trouve dans ses merveilles bâties en Algérie avec des monuments mondialement connus, comme le pont vénitien à Sidi-Fredj et la conception du port dont la ressemblance avec la ville flottante italienne ne laisse personne indifférent, ainsi que la ressemblance de l’entrée du complexe touristique Matarese avec la citadelle Bab El Futuh en Egypte.
Kader Bentounès
 

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