jeudi 05 dcembre 2019 19:44:56

lutte contre le blanchiment d’argent : La BA demande aux banques d'améliorer leurs actions

Les États-Unis veulent renforcer leur coopération avec l'Algérie

PUBLIE LE : 13-05-2014 | 0:00
D.R

La Banque d'Algérie (BA) a demandé aux banques et aux établissements financiers d'améliorer leurs actions de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, estimant que les mesures de vigilance prises pour lutter contre ces deux crimes sont jusqu'ici "inadaptées". 

"La mauvaise compréhension des obligations de vigilance a conduit à la mise en œuvre de mesures de vigilance inadaptées et donc au risque de non-détection d'anomalies dans les opérations avec la clientèle", a indiqué l'inspection générale de la BA dans une note adressée aux banques et établissements financiers de la place, ainsi qu'aux services financiers d'Algérie Poste.
"Cela affecte au final la transmission éventuelle des déclarations de soupçon à la cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), relevant du ministère des Finances", selon la note de la BA, dont l'APS a obtenu une copie.  Il s'agit, en effet, d'un rappel à l'ordre de la BA qui intègre les lignes directrices sur les mesures de vigilance que doivent prendre les banques en application de l'article 27 du règlement 12-03 du 28 novembre 2012 relatif à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent.
 "Dans ce cadre, il est apparu nécessaire de préciser les attentes de la Banque d'Algérie au vu de constats relevés à l'occasion des missions de contrôle sur place, montrant que les assujettis n'appliquaient pas correctement les obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme", écrit l'inspection générale de la BA dans sa note émise en août 2013.
La Banque centrale rappelle à ces banques et aux institutions financières gérant des moyens de paiement que "les procédures et contrôles appropriés permettent de connaître et d'appréhender avec satisfaction leur clientèle qui constitue la clé de voûte du dispositif de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme".  La mise en place de mesures de vigilance adaptées "conduisent non seulement à lutter efficacement contre ce fléau, mais mettent également ces institutions à l'abri de tout utilisation abusive de leurs circuits", relève la BA.
 
La vigilance ne doit pas empêcher l'accès aux services bancaires
La mise en œuvre des nouvelles lignes directrices sur la vigilance ne doit pas empêcher les personnes en situation financière ou sociale précaire, d'accéder aux services bancaires, insiste par ailleurs la BA.
La Banque centrale presse par ailleurs les banques d'élaborer un profil risque du client en se basant sur les éléments de connaissance obtenus au moment de l'entrée en relation d'affaires avec lui ou ultérieurement.
Elle exige également des banques d'actualiser chaque profil risque afin de pouvoir détecter les anomalies qui pourraient faire objet d'un examen renforcé.
 La note de la Banque d'Algérie comprend à cet effet des lignes directrices qui permettent de faire la distinction entre un client habituel et un client occasionnel.
Elle définit également la politique d'acceptation des nouveaux clients, qui doit être appliquée par les banques.

--------------------------

Les États-Unis veulent renforcer leur coopération avec l'Algérie
Les États-Unis d'Amérique veulent renforcer leur coopération avec l'Algérie dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, a indiqué, hier à Alger, Mme Cynthia Eldridge, conseillère juridique régionale auprès de l'ambassade américaine à Alger. Avec l'Algérie, "nous avons établis un bon partenariat (dans le domaine de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, ndlr), mais j'estime que nous pouvons l'améliorer", a déclaré Mme Eldridge, au cours d'un atelier de formation sur les modalités de lutte contre ces deux crimes, organisé par la Banque d'Algérie et l'ambassade américaine. Mme Eldridge a indiqué que depuis son arrivée à Alger, elle a eu à travailler sur ce dossier avec la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), relevant du ministère des Finances, avec la Banque d'Algérie et l'Association des banques et établissements financiers (ABEF). Elle a souligné le rôle des banques dans la prévention de ces menaces, en affirmant que "les banquiers sont sur la première ligne de défense dans la lutte contre le blanchiment d'argent". De son côté, le président de la CTRF, Abdenour Hibouche, a indiqué que la lutte contre ces délits transnationaux nécessitait une coopération internationale et un échange d'expériences en la matière.  Il a rappelé l'ensemble des mesures juridiques prises par l'Algérie pour mettre en conformité son dispositif de lutte.
"L'Algérie a ratifié, au total, 16 conventions internationales se rapportant à la répression du blanchiment d'argent et le financement du terrorisme", a-t-il indiqué. Toujours dans le domaine juridique, M. Hibouche a également rappelé l'amendement en 2012 de la loi de 2005 relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme pour la mettre en conformité avec les normes internationales et les recommandations du Groupe d'action financière (Gafi), un organisme intergouvernemental créé en 1989 par les ministres des Finances de ses États membres.
M. Hiouani, vice-gouverneur de la Banque d'Algérie, a relevé que cette lutte est "une responsabilité internationale commune", en indiquant que l'Algérie a mis en place, tout un arsenal juridique qui traduit sa volonté de se conformer aux normes internationales dans ce domaine.
Par ailleurs, l'atelier de formation qui se déroulera en trois jours donnera l'occasion aux banquiers participants de reconnaître, rapporter et analyser les activités suspectes. L'essentiel des sessions de cette formation seront animées par Niiben Ayivorh, un expert dans la lutte contre le blanchiment d'argent qui a travaillé à la FinCen (Financial Crimes enforcement Network), un bureau relevant du département du Trésor américain, chargé de protéger le système financier contre les abus de crimes financiers, y compris le financement du terrorisme, le blanchiment de capitaux et autres activité illicites. M. Ayivorh interviendra, notamment sur les méthodes de la reconnaissance de la fraude financière qui peut prendre, selon lui, plusieurs formes comme la fraude de carte de crédit, fraude sur les valeurs mobilières, fraude bancaire, fraude de crédit commercial, la contrefaçon de chèque et également la fraude de crédit hypothécaire.
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions