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Présentation de la pièce : Le dernier diner au théâtre national algérien : Les aléas de la vie

La pièce Le Dernier Dîner à été présentée, mercredi dernier en soirée, au Théâtre national algérien (TNA) Mahieddine-Bachtarzi avec comme thématique les rapports d’un couple marié depuis des années qui bat de l’aile après avoir essuyé des déboires.

PUBLIE LE : 12-05-2014 | 23:00
D.R

La pièce Le Dernier Dîner à été présentée, mercredi dernier en soirée, au Théâtre national algérien (TNA) Mahieddine-Bachtarzi avec comme thématique les rapports d’un couple marié depuis des années qui bat de l’aile après avoir essuyé des déboires. Le doute s’est installé au sein du couple en les plongeant dans une solitude extrême. Prisonniers des quatre coins du foyer conjugal, n’ayant pas d’enfants, la culpabilité prend le dessus, et chacun veut faire croire à l’autre qu’il est responsable de ses propres erreurs. Une confrontation simple et franche, dans la douleur de l’homme qui a vécu le pouvoir, pour avoir été lui-même le pouvoir — général déchu et obsédé par sa mégalomanie et sa folie des grandeurs — pour qui la réalité a sonné le glas, et elle, une femme ayant vécu dans l’ombre de son homme a choisi la confrontation et la délivrance, d’abord par sa lutte de continuer à vivre et de ne pas baisser les bras en trouvant un job d’institutrice à l’école primaire, et en œuvrant pour que son mari fasse autant, avec juste une envie dans sa retraite anticipée, faute d’ironie du sort, dans l’espoir de le voir sortir un jour de la grisaille prisonnière de ses idées noires.
Les deux comédiens ont réussi avec brio leurs rôles entre rires homériques et scènes de violence, une parfaite osmose s’est installée entre les deux acteurs en interprètant un dialogue philosophique laissant l’assistance peu nombreuse perplexe. « Quel présent avons-nous pour espérer avoir un bel avenir ? » disait l’homme à sa femme avant qu’elle ne lui réponde : « Le courage c’est avoir la capacité d’affronter cette triste vie et faire preuve de patriotisme et de dévouement au pays qui a besoin de nous aux temps de paix plus qu’aux temps de guerre.» L’apothéose fut tragique avec la mort de l’homme aux bras de son épouse sous une lumière tamisée et une triste sonate de piano.
Pour la metteur en scène de la pièce Amel Menghad, le dialogue s’est fait en arabe classique par peur d’interpréter l’action de façon algérienne : «Jouer la pièce en arabe dialectal algérien aurait donné l’impression que l’histoire est algérienne, or ce n’est pas vrai, tout les pays du monde sont confrontés à ce genre de situation, et j’ai voulu donner une dimension internationale à cette pièce.» Elle ajoute sur sa lancée que le thème ayant trait à la vie conjugale sous une forme rarement utilisée au théâtre algérien, à savoir des thèmes politiques et existentielles : «J’ai évité tout ce qui est ragot, problèmes de divorce entre un couple et les différends avec les voisins qui caractérisent souvent le quotidien algérien, cette pièce se lit sous un autre angle, plus pensif », a-t-elle indiqué à l’issue de la présentation.
Il est à rappeler que Le Dernier Dîner est une production du TNA d’un texte de Hassan Rachid adapté par Hayder Ben Houcine ; l’affiche a été partagée par les jeunes comédiens Bouzida Wael et Warda Sayem. La pièce a été couronnée par quatre prix à la troisième édition du Festival national du théâtre féminin à Annaba, dont celui de la meilleure représentation et de la meilleure adaptation.
Kader Bentounès
 

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