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Cancer de la cavité buccale : Une préoccupation de santé publique

« C’est une maladie très inquiétante dans la mesure où elle a une incidence, par son taux d’apparition assez élevé, se positionnant à la quatrième place par rapport au cancer du poumon, gastro-digestif, prostate ou même le cancer du sein », tel est le constat fait par le professeur Boudaoud, spécialiste en pathologie et chirurgie buccales au CHU Mustapha, présidente de la Société algérienne d’odontologie pédiatrique et présidente de la commission de déontologie au sein de la section ordinale régionale d’Alger des chirurgiens-dentistes.

PUBLIE LE : 11-05-2014 | 0:00
Ph. : Wafa

« C’est une maladie très inquiétante dans la mesure où elle a une incidence, par son taux d’apparition assez élevé, se positionnant à la quatrième place par rapport au cancer du poumon, gastro-digestif, prostate ou même le cancer du sein », tel est le constat fait par le professeur Boudaoud, spécialiste en pathologie et chirurgie buccales au CHU Mustapha, présidente de la Société algérienne d’odontologie pédiatrique et présidente de la commission de déontologie au sein de la section ordinale régionale  d’Alger des chirurgiens-dentistes.

En effet, lors de son intervention, hier, au 10e congrès d’odontologie sous le thème « cancer de la cavité buccale : du diagnostic au traitement », la praticienne a précisé, qu’il existe des spécificités par rapport à des régions, mais également par rapport aux habitudes alimentaires telles que la consommation d’alcool et de tabac, qui donnent des signes d’inquiétude  du fait que c’est un véritable problème de santé publique. Le taux  de mortalité qui survient suite à un cancer de la cavité buccale est aussi  élevé. Elle a fait savoir que « les mortalités dues aux cancers (tous  types) se classent  en deuxième position après les maladies cardiovasculaires ».
Le professeur Boudaoud a souligné que le cancer de la cavité buccale affecte automatiquement l’esthétique, la fonction. Il est différent d’un cancer gastrique ou du foie qu’on ne voie pas. « Notre rôle est de pouvoir le dépister  suffisamment à temps pour qu’on puisse limiter  les séquelles afin d’améliorer la qualité de vie du patient, notamment avoir un taux  de survie assez rassurant  », précise-t-elle en soulignant que c’est là qu’intervient le rôle du chirurgien dentiste dans le diagnostic précoce et dans le dépistage puisqu’il rencontre quotidiennement des milliers de cavités buccales.
En s’attardant de voir rigoureusement la cavité buccale avec un bon éclairage, on  peut contribuer au diagnostic précoce, explique-t-elle en lançant un appel aux praticiens de prendre le temps de les interroger, notamment examiner  la cavité buccale ce qui  permet de détecter beaucoup d’anomalies et beaucoup de cancers  à un  stade précoce.   « Cette méconnaissance, y compris de la part des professionnels de santé, entraîne un diagnostic et une prise en charge trop tardifs, ce qui augmente la gravité de ces pathologies et offre des chances de guérison plus faibles. Pourtant bon nombre de ces cancers pourraient être détectés plus tôt, à une phase précancéreuse  ou à un stade peu évolué ».
 Sur ce fait le professeur Boudaoud a fait savoir que le chirurgien dentiste doit être formé  dans ce cadre. « Il faut vraiment accéder à  la formation continue du chirurgien dentiste et plus particulièrement dans le traitement  de la cavité buccale. Et dans cette formation continue,  le maitre mot c’est le diagnostic  précoce qui peut moins alourdir et améliorer  la prise  en charge dans sa durée. Pour ce qui est de la prise en charge du cancer de la cavité buccale, la  professeur Boudaoud précise qu’elle est « optimale ».
« La prise en charge de ce type de cancer est multi disciplinaires.  Le service de l’hôpital Mustapha est « relativement » doté en moyens » affirme t’elle en ajoutant que pour ce qui a trait  aux  moyens de dépistage,  ils sont simples et  ne requièrent  pas beaucoup d’instrumentation, mais plutôt une connaissance en formant les spécialistes et  les résidents. Mais le problème qui se pose poursuit-elle,  « c’est la prise en charge  carcinologique en raison du fait que le service maxillo-facial ou ORL sont dépassés par le flux de patients, bien que ce problème qui existait dans les années 1980, se présente de moins en moins en raison de la construction de plusieurs centres, avec la formation dans plusieurs wilayas, à Douéra, à Sétif, Bejaia… qui ont allégé la charge, mais la nécessité urgente reste de développer les centre d’accueil de radiothérapie et de  chimiothérapie ».  
 
Diagnostic et traitement
en Algérie : de grandes avancées enregistrées
Les cancers de la bouche peuvent concerner le plancher de la bouche, la langue, les amygdales, le palais, les joues, les gencives ou les lèvres. Ils se développent à partir des muqueuses et donnent des symptômes différents selon la localisation : « Une gêne persistante lorsque vous avalez, une plaie dans la bouche qui ne guérit pas, des picotements ou des douleurs persistants dans la bouche ou dans la gorge, un ganglion qui grossit dans le cou, Des lésions blanchâtres et/ou rougeâtres dans la bouche, persistantes, sans cause précisément définie, des saignements dans la bouche et une difficulté ou une douleur lorsque vous tirez la langue , sont les principaux signes annonciateurs » explique le professeur Mahmoud Skender lors de son intervention en précisant qu’il est important de montrer régulièrement sa bouche à un dentiste pour une détection rapide.
 Le professeur Skender a entre autres, expliqué que « la détection précoce des cancers de la bouche par les chirurgiens dentistes est relativement aisée, elle se fait par un examen visuel permettant de déceler les lésions précancéreuses et cancéreuses. De plus cet examen est rapide, il ne prend pas plus de 5 minutes pour un chirurgien dentiste formé ».
En pratique, ce dernier  examine la lésion qu'il a découverte soit parce que vous vous en êtes plaint(e), soit dans le cadre de l'examen systématique de la bouche. S'il a un doute sur la nature cancéreuse de cette lésion, le dentiste fait appel à un prélèvement, une biopsie qui va permettre d'examiner au microscope le tissu suspect. En cas de cancer, d'autres examens sont alors nécessaires (radiographie, scanner ou IRM si besoin, prise de sang, etc.) afin de déterminer le meilleur traitement (chirurgie et/ou radiothérapie et/ou chimiothérapie).
Afin d'optimiser la détection de ces cancers par les chirurgiens dentistes, il est important et même primordial d’utiliser les nouveaux outils pour  leur permettre d'approfondir leurs connaissances sur ce sujet et surtout de repérer plus facilement et plus rapidement les patients à risque et les lésions suspectes de la bouche.
Détectés plus précocement par les dentistes, les cancers buccaux devraient ainsi être mieux traités. Par ailleurs, les médecins généralistes restent des interlocuteurs privilégiés pour identifier une lésion et vous répondre en cas de doute sur un symptôme. En cas d'anomalie, il vous adressera à ses correspondants chirurgiens dentistes ou ORL pour en savoir plus. Alors n'hésitez pas à lui en parler, même s'il n'est pas dentiste !
Kafia Ait Allouache   

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