dimanche 18 novembre 2018 05:50:30

Commémoration du 69e anniversaire des massacres du 8 mai 1945

Tayeb Zitouni préside les cérémonies officielles à Bouira : « L’intégration des victimes des massacres du 8 mai 1945 dans la loi du chahid sera étudiée »

PUBLIE LE : 10-05-2014 | 0:00
D.R

Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a présidé, jeudi à Bouira, les cérémonies officielles commémoratives du 69e anniversaire des massacres  du 8 mai 1945, en présence, notamment, du conseiller à la présidence de la République, Mohamed Ali Boughazi, et du secrétaire général  de l’Organisation nationale des moudjahidine, Saïd Abadou.

Lors de cette commémoration, qui s’est déroulée également en présence de nombreux moudjahidine et de citoyens, le ministre a procédé à un dépôt de gerbes de fleurs et à un recueillement au carré des Martyrs de la ville, avant de remettre 174 livres d’histoire à l’université Akli-Mohand-Oulhadj, au cours d’une visite du musée du Moudjahid. Le ministre a, par ailleurs, visité un projet de réalisation de 50 logements promotionnels au profit des moudjahidine de la wilaya, avant d’inspecter un projet de réalisation d’un nouveau siège de la direction des moudjahidine, et d’écouter un exposé sur la réhabilitation des cimetières de Chouhada de la wilaya, au nombre de 88. Le ministre s’est rendu aussi au niveau de l’ex-centre de torture de l’armée coloniale de Tiliouat, dans la commune d’Ahl Laqsar, avant d’achever sa visite par l’inspection du projet de réalisation d’un centre de repos pour les moudjahidine à Hammam Ksana, dans la commune d’El-Hachimia.
Le dossier relatif à l’intégration des victimes des massacres du 8 mai 1945 dans la loi du chahid sera étudié, a annoncé, jeudi à Bouira, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, en marge des cérémonies officielles commémoratives du 69e anniversaire de ce douloureux évènement historique. «Ce dossier est posé et sera étudié avec les parties concernées, dont les moudjahidine», a assuré M. Zitouni, en réponse à une question d’un journaliste relative à l’intégration dans la loi du chahid, des 45.000 Algériens et Algériennes sauvagement assassinés le 8 mai 1945 par l’armée coloniale à Sétif, Guelma et Kherrata. Il a souligné que ce dossier d’intégration de ces victimes dans la loi du chahid est acceptable, observant, à cet égard, que le volet juridique sera étudié prochainement. M. Zitouni a estimé, à ce propos, que le nombre des victimes des massacres du 8 mai 1945 a dépassé les 45.000 martyrs. Au cours de ces cérémonies commémoratives, auxquelles ont notamment assisté Mohamed Ali Boughazi, conseiller à la présidence de la République, et le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Saïd Abadou, le ministre a fait savoir que les priorités futures de son département seront focalisées sur les domaines historique et culturel de la lutte de Libération nationale, ainsi que sur d’autres questions pour lesquelles une feuille de route avait été élaborée.


Marche de la fidélité à Sétif
Rassemblement de milliers de citoyens

Des milliers de citoyens, hommes et femmes, ont participé, jeudi à Sétif, à la marche de la fidélité, en hommage aux victimes des massacres perpétrés le 8 mai 1945 par la France coloniale.
Le cortège a emprunté le même itinéraire suivi il y a 69 ans, jour pour jour, par la marche populaire et pacifique qui fut réprimée dans le sang par l’armée coloniale. Au cœur de la marche que les Sétifiens mettent un point d’honneur à rééditer chaque année pour combattre l’oubli, de nombreuses banderoles rendant hommage aux dizaines de milliers d’Algériens tombés ce jour-là étaient brandies, ainsi que les photos de certains martyrs dont Bouzid Saâl, le premier manifestant tombé sous les balles de l’occupant français. Comme il y a 69 ans, la marche s’est ébranlée devant la mosquée Aboudhar-El-Ghifari pour parvenir jusqu’à l’avenue du 8-Mai 194 au centre de laquelle, une stèle est érigée à la mémoire du chahid Bouzid Saâl.
Un monument au pied duquel une gerbe de fleurs a été déposée par les autorités locales qui se sont ensuite recueillies à la mémoire des chouhada. Un peu plus bas, sur la place de l’Indépendance où trône la célèbre fontaine d’Aïn El-Fouara et son emblématique statue, des chants patriotiques, dont Hayou Chamal Ifriqia et Ettayara Essafra ont été entonnés par l’ensemble vocal de la direction de l’éducation en présence d’une foule nombreuse de citoyens. La délégation officielle s’était auparavant recueillie au vieux cimetière de Sidi-Saïd où de nombreuses victimes des massacres du 8 mai 1945 sont enterrées.


12e colloque international sur les évènements  du 8 mai 1945 à guelma
La vérité sur un mensonge colonial

Les participants au 12e colloque international sur les massacres du 8 mai 1945 ont mis l’accent, jeudi à Guelma, sur la nécessité de continuer à rechercher sans relâche toute la vérité sur les crimes commis par le colonialisme français à Sétif, Guelma et Kherrata. L’enjeu de cette recherche qui doit se poursuivre, notamment par les historiens, les chercheurs et les universitaires, est de mettre à nu tous les mensonges du colonisateur, a-t-on souligné au cours de cette rencontre organisée à l’université de Guelma. Au cours de la première journée de colloque, l’historien Gilles Manceron, vice-président de la Ligue française des droits de l’homme, a souligné que l’opinion publique française a évolué au sujet de ce qui se rapporte aux évènements du 8 mai 1945 en Algérie. Dans une conférence intitulée «La répression colonialiste du 8 mai 1945 dans le Constantinois», Gilles Manceron a mis l’accent sur les efforts déployés par les historiens qui ont fait connaître ces crimes commis contre des milliers d’Algériens. L’historien a également évoqué l’impact du film l’Autre 8 mai 1945, réalisé par Yasmina Adda, dans les milieux français, au cours des dernières années. Il a souligné, à ce propos, que ce documentaire de témoignages a mis fin aux mensonges des colonialistes qui prétendaient qu’il ne s’agissait que de «troubles». En 1995, les crimes du 8 mai 1945 furent «officiellement reconnus par l’État français», a rappelé M. Manceron, soulignant que cette reconnaissance tardive est intervenue après 30 ans de mensonges.


« Les massacres du 8 mai 1945 »  
thème d’une conférence à Alger

«Les massacres du 8 mai 1945» ont été au centre d’une conférence organisée jeudi à Alger par le Musée central de l’Armée. Lors de cette conférence animée à l’occasion de la commémoration du 69e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, le commandant Mustapha Benhmida a estimé que ces massacres étaient les crimes «les plus ignobles» de l’histoire de l’humanité, ajoutant qu’ils avaient constitué le «principal facteur du déclenchement de la guerre de Liberation». Face à la machine meurtrière coloniale, le mouvement national n’a trouvé d’autre alternative que la lutte armée pour faire face aux multiples méthodes de tuerie, de torture et de destruction utilisées par l’armée française.
L’intervenant a évoqué les conditions ayant prévalu aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, mettant en exergue la participation des Algériens à la guerre contre les nazis en faveur de la France qui a failli à ses promesses d’accorder aux Algériens, en cas de victoire, le droit à l’autodétermination. Il a également cité les manifestations pacifiques ayant coïncidé avec la célébration de la Journée mondiale des travailleurs en 1945, notamment les évènements du 8 mai 1945 à Sétif.
 


stèle à la mémoire de l’OAS le 5 juillet en France
Indignation de militants anticolonialistes

Une stèle glorifiant l’organisation terroriste OAS et rappelant «l’œuvre» de la France en Algérie pendant 132 ans de colonisation sera inaugurée le 5 juillet prochain dans le sud de la France, suscitant l’indignation de militants anticolonialistes qui fustigent une autre forme de «révisionnisme historique». Dans une lettre au député (UMP) du Var, où devrait être érigé le monument, le président de l’Association française pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo), Jean-François Gavoury, s’indigne d’une manifestation ayant pour objet de «valoriser le terrorisme de l’OAS». Selon lui, ce monument est annoncé aux souscripteurs comme ayant vocation à «magnifier l’œuvre civilisatrice» de la France en Algérie, à rappeler l’exode des Français rapatriés et repliés ainsi qu’à «réhabiliter» le passé colonial. Tout en estimant que le libellé de l’inscription envisagée sur la stèle («en hommage à ceux qui sont tombés pour que vive la France en Algérie») n’est «pas condamnable en soi», le président de l’Anpromevo signale dans la lettre, parvenue jeudi à l’APS, que les instigateurs de ce projet ont connaissance des risques auxquels les exposerait une dédicace «plus agressive» à l’égard des victimes de l’organisation criminelle dont ils se réclament ou sont issus. Mais il dit attirer l’attention sur les pratiques auxquelles les «faiseurs de stèles» ont désormais recours, évoquant une «nouvelle stratégie» visant à éviter les actions contentieuses du type de celle ayant abouti à la condamnation de la ville de Marignane et au démantèlement, en novembre 2008, de la stèle édifiée trois ans plus tôt, le 5 juillet 2005.


Diverses activités
commémoratives à travers le pays

La commémoration du 69e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 a été marquée, jeudi à travers les wilayas dans le sud du pays, par l’animation de conférences sur la lutte du peuple algérien pour le recouvrement de la souveraineté nationale, ainsi que l’organisation de diverses activités. Des cérémonies de recueillement aux carrés des Martyrs et au pied des stèles commémoratives, avec le dépôt de gerbes de fleurs et la lecture de la Fatiha du Coran à la mémoire des chouhada ont été organisées à cette occasion dans les différentes wilayas du Sud, en présence des autorités locales, de moudjahidine, de groupes relevant des Scouts musulmans algériens (SMA) et de  citoyens. Dans la wilaya d’Ouargla où les festivités ont été organisées dans la daïra de Témacine, grande région de Touggourt, les autorités locales ont procédé, au niveau de la commune de Blidet Amar, à la baptisation de l’esplanade communale au nom de la place 8-Mai 1945, l’inspection du nouveau siège de la commune et du chantier de réalisation d’une piscine semi-olympique. Les autorités locales ont également visité, au niveau de la commune de Témacine, la stèle commémorant la bataille «Kardache» et écouté un exposé sur ce haut fait livré par l’Armée de libération nationale (ALN) contre le joug colonial français, avant de rendre visite à des moudjahidine, et de visiter le siège de la confrérie Tidjania et une exposition sur cet évènement. Le service d’état civil et le stade municipal de la commune de Témacine, revêtu dernièrement en pelouse synthétique, ont également été inspectés, à cette occasion, par les autorités locales. Dans l’extrême sud-est du pays, la wilaya d’Illizi a été au rendez-vous de cet évènement historique. Dans la commune d’Illizi, il a été procédé à la pose de la première pierre pour la réalisation d’un nouveau siège de l’Office des établissements de jeunes (ODEJ), projet retenu au titre du programme de soutien à la croissance économique. Outre une réception organisée en l’honneur des membres de la famille révolutionnaire, l’évènement a donné lieu à l’organisation, au collège Sebgueg-Mohamed  dans la cité «Wiam», d’une exposition de livres et de toiles mettant en exergue les différents évènements ayant marqué la guerre de Libération nationale. Les citoyens de la wilaya d’El-Bayadh ont commémoré les massacres du 8 mai 1945 par des expositions illustrant les sacrifices consentis par les martyrs et les moudjahidine pour le recouvrement de la liberté et souveraineté nationales.

À l’ouest du pays
Dans l’ouest du pays, l’évènement a été marqué par des cérémonies de recueillement à la mémoire des chouhada, des baptisations d’établissements et plusieurs autres activités. Dans la wilaya d’Oran, elle a donné lieu à une cérémonie de recueillement à Boutlélis, chef lieu de daïra qui a abrité les festivités officielles de cet évènement historique marquées, notamment, par le dépôt d’une gerbe de fleurs et la récitation de la Fatiha du saint Coran à la mémoire des martyrs de la Révolution. Par la même occasion, le wali d’Oran, Abdelghani Zaâlane, a inauguré une fresque murale dédiée à 275 martyrs de la daïra de Boutlélis, et a présidé la baptisation d’un lycée et d’un CEM respectivement aux noms des chahids Rahou Ahmed et Bouazza Krachaï Abdelkader. Une riche exposition de photos montrant les atrocités commises par l’armée française contre des moudjahidine et les civils a été également organisée. À Sidi Bel-Abbès, cette journée commémorative a été marquée par une cérémonie de recueillement au cimentière des chouhada et une visite de la délégation officielle conduite par le wali au musée du Moudjahid et à la maison de la Culture qui abritent des expositions de photos sur les massacres du 8 mai 1945 et de caricatures signées par Kada Bendahou. Un spectacle artistique a été également organisé à l’occasion par l’association Hawa El-Moustaqbal de Sidi Bel-Abbès. À Relizane, où l’ex-wali et actuel ministre des Travaux publics, Abdelkader Kadi, a pris part aux activités commémoratives de cet évènement historique, il a été procédé à la remise des clefs de 50 logements sociaux-participatifs à leurs bénéficiaires au pôle urbain de Bendaoud, après une cérémonie de recueillement à la mémoire des martyrs. Un CEM a été baptisé au nom du chahid Bendjelloul Mohamed, de même que la Maison du diabétique, au nom du moudjahid Bensoukhal Safi.

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